Auteur/autrice : Ajc Jazz

  • Les Rencontres AJC – Zoom sur l’édition 2024

    Les Rencontres AJC – Zoom sur l’édition 2024

    LES CONCERTS JAZZ MIGRATION

    Lundi 2 décembre, se succédaient sur la scène de la Dynamo de Banlieues Bleues, les groupes lauréats Jazz Migration #10 Marsavril, Nubu, Sėlēnę et [Na]. Le concert de Nubu a été enregistré et diffusé en direct dans l’émission AU COEUR DU JAZZ de Nicolas Pommaret, et les concerts suivants diffusés le samedi 7 décembre dans le JAZZ CLUB de Nathalie Piolé. Pour celles et ceux qui n’ont pu être parmi nous, ou qui voudraient revivre cette soirée dédiée aux Jazz Migration, le podcast des deux émissions est disponible sur le site de France Musique.

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    LES CONCERTS JAZZ WITH

    La soirée du mardi mettait à l’honneur les projets lauréats de notre tout nouveau dispositif de soutien à la diffusion de projet  mêlant artistes français·es et européen·nes, Jazz With. Trois concerts exceptionnels avec  Cheel, Weave 4 et T.I.M. France Musique était à nouveau présent parmi nous à la Dynamo de Banlieues Bleues pour capter les concerts. Le concert de Cheel a été diffusé en direct dans l’émission AU COEUR DU JAZZ de Nicolas Pommaret, et ceux de Weave 4 et de T.I.M ont été diffusés le 22 mars dans le JAZZ CLUB de Nathalie Piolé.

    Cheel dans 
    AU COEUR DU JAZZ

    Weave 4 dans 
    le JAZZ CLUB

    T.I.M dans 
    le JAZZ CLUB

    Pointbreak, London Jazz News et Citizen Jazz étaient également présents à la Dynamo de Banlieues Bleues et ont écrits des articles sur les concerts, à découvrir ci-dessous.

    Les lauréats Jazz With dans Pointbreak

    Les lauréats Jazz With dans UK Jazz News

    Les lauréats Jazz With dans Citizen Jazz

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    Toutes les photos de cette soirée sont de Maxim François.

    TRANSITIONS EN JAZZ : QUELLES NOUVELLES DYNAMIQUES COLLECTIVES POUR LES ACTEUR·TRICES DU JAZZ ?

    Pour cette dernière journée des Rencontres, AJC organisait une table ronde autour du thème “Transitions en jazz : quelles nouvelles dynamiques collectives pour les acteur·trices du jazz ?”

    Le champ du jazz a connu d’importants bouleversements ces dernières années : de profonds déséquilibres entre les lieux de diffusion et les structures de production ont émergé, le rapport au public doit être repensé, l’engagement bénévole s’est effrité, et les recrutements sont devenus plus complexes. Cette musique, en perpétuelle évolution depuis sa création, doit également faire face à des enjeux sociétaux qui imprègnent aujourd’hui toute pratique artistique : diversité, égalité des genres ou la question de la responsabilité environnementale. Ces défis, parfois partagés avec le reste du secteur culturel, doivent faire l’objet de réflexions, de transformations et de nouvelles dynamiques structurelles, politiques et culturelles imaginées par les acteur·trices du jazz.

    Entre héritage et renouveau, cette table ronde doit offrir des pistes pour mieux comprendre, anticiper les évolutions du secteur, mettre en lumière les défis comme les opportunités offertes par ces transitions et ainsi repenser de nouveaux équilibres pour le jazz et les musiques improvisées.

    Une ouverture par

    Alexandre Pierrepont,
     anthropologue et fondateur de
    The Bridge

    Table ronde modérée par

    Alexandra Bobes, directrice de France Festivals

    Avec les interventions de

    Sakina Abdou, musicienne et membre du collectif Muzzix
    Ségolène Alex,
    directrice de Jazzèbre
    Pierre Dugelay,
    directeur du Périscope
    Perline Feurtey, responsable production et développement de
    compagnies artistiques
    Romain Laleix, directeur général délégué au CNM
    Dominique Muller, délégué musique à la DGCA au ministère de la Culture

     

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  • Communiqué – Le réseau AJC a élu son nouveau Conseil d’Administration

    Paris, le 4 décembre 2024

     

    À l’occasion d’une nouvelle édition des Rencontres AJC, qui a rassemblé plus de 400 professionnel·les de France et d’Europe autour de concerts, et de nombreux moments d’échange et de débat, le réseau AJC, regroupant 95 festivals et lieux de jazz, s’est réuni en Assemblée Générale. Au cours de cette réunion, les 95 festivals et lieux du réseau ont élu un nouveau Conseil d’Administration composé de 10 membres. Ses membres reflètent la diversité d’AJC : festivals, scènes labellisées, lieux de jazz ; situés en milieu rural ou urbain ; et tous ouverts à l’ensemble des courants du jazz et des musiques improvisées. Ils partagent cette même conscience de l’importance de représenter le réseau et de défendre ces esthétiques.

    AJC poursuivra évidemment son engagement au travers de ses nombreuses actions de production, de diffusion et de sensibilisation, tant en France qu’à l’international, tels Jazz Migration, Jazz With. Le réseau cherchera à maintenir son soutien à des projets ambitieux (The Bridge, French Nordic Jazz Transit, …), poursuivra son travail d’observation et de publication, tout en consolidant ses relations avec l’État, le Centre National de la Musique, les collectivités, les institutions européennes et l’ensemble des partenaires de la filière musicale et culturelle.

    Nous avons également tenu à exprimer notre gratitude envers Philippe Ochem, qui a consacré près de 30 années à AJC, d’abord en tant que membre, puis en tant que président depuis 2015. À cette occasion, un nouveau bureau a été élu, ainsi qu’une nouvelle présidence. Pour la première fois, AJC se dote d’une co-présidence, incarnée par Ségolène Alex, directrice de Jazzèbre (Perpignan), et Pierre Dugelay, directeur du Périscope (Lyon) au sein d’un bureau paritaire. Cette co-présidence accompagnera le réseau et ses adhérents dans les prochaines années, cruciales pour le monde musical et culturel.

    Le nouveau Conseil d’Administration

    Présidente : Ségolène Alex – directrice de Jazzébre

    Président : Pierre Dugelay – directeur du Périscope

    Trésorière : Anouchka Charbey – Directrice du Théâtre de Vanves

    Secrétaire : Gilles Gautier – Gérant de JazzUs

    Sylvain Elie – Directeur du Petit Faucheux

    Tiphanie Moreau – Chargée de développement jazz du festival Jazz sous les pommiers

    Karine Peignaud – Directrice de Jazz à Luz

    Aurélien Pitavy – Directeur de Charlie Free

    Fréderic Roy – Directeur du Pannonica

    Boris Sommet – Secrétaire général à la Scène Nationale d’ALBI-Tarn

  • Les festivals de l’été 2024

    Les festivals de l’été 2024

    Voici un récapitulatif des festivals du réseau AJC qui auront lieu de juin à septembre ! Avec plus de trente manifestations, les esthétiques représentées se trouvent être aussi différentes que les formats imaginés et, évidemment, les lieux mis à l’honneur.

  • Jazz With 2024

    Jazz With 2024

    Jazz With était un pari à plusieurs variables et c’est aujourd’hui un pari réussi.
    100 candidatures reçues – prouvant que ce projet est une réponse à une réalité complexe partagée par de nombreux·ses artistes de tous les coins d’Europe, rappelant le rôle essentiel d’AJC et ses nombreux relais dans le paysage européen –  et chacune nous ramène à l’essentiel : un « jazz européen » de grande qualité, dans lequel sont inseré·es les musicien·nes français·es.

    Mais cette présence souffre de nombreuses difficultés et c’est pourquoi Jazz With a été pensé. Promouvoir et rendre visible ces collaborations, soutenir financièrement et accompagner le montage de tournées optimisées grâce à nos réseaux, tels sont les objectifs de Jazz With.  Les trois formations sélectionnées, après de nombreuses écoutes et d’âpres discussions – T.IM, le trio Volkmann/Jarret/Andrzejewski et Weave 4 – joueront ainsi lors des prochaines Rencontres AJC devant de très nombreux·ses professionnel·les français·es et européen·nes et recevront une bourse de 3000 euros et tout le soutien possible pour se produire un maximum.

    Nous espérons que ce projet pourra encore grandir, accueillir demain plus d’artistes dans sa sélection et ainsi rappeler l’importance que la scène française se développe au contact de tous les jazz européens !

    Découvrez ici les trois premiers lauréats de Jazz With :  

    T.I.M

    © Marite Melnika

    FR : Chansons folkloriques, improvisation, variations sur le hasard, la mémoire et sa dégradation. Il y a quelque chose du trip hop de Bristol dans cette étrange musique de chambre.Tomorrow Is Minimalist. Trois mouvements indépendants. Grand, infini, microscopique.

    Sébastien Pallis, piano, synthétiseurs (France)
    Karoline Wallace, voix, bandes, programmation lo-fi (Norvège)
    Inger Hannisdal, violon Hardinger, voix (Norvège)

    EN : Folk songs, improvisation, variations on randomness, memory and its degradation. There is something of Bristol’s trip hop in this strange chamber music. Tomorrow Is Minimalist.
    Three Independent Motions. Tall, Infinite, Microscopic. T.I.M

    Sébastien Palis, piano, synthétiseurs (France)
    Karoline Wallace, voice, tapes, lo-fi programming (Norway)
    Inger Hannisdal, violon hardinger fiddel, voice (Norway)

    WEAVE 4

    © Barbara Rigon

    FR : Au sein de ce collectif d’instrumentation originale, chaque musicien contribue à un répertoire basé sur un tissage de sons et d’idées d’un autre monde, les monologues habituels des solistes de jazz cèdent la place à des tapisseries collectives et fascinantes.

    Francesco Bigoni, clarinette et sax ténor (Italie)
    Benoît Delbecq, piano et synthétiseur de basse analogique (France)
    Francesco Diodati, guitare, fx (Italie)
    Steve Argüelles, batterie et usine (Royaume-Uni, France)

    EN : Within this collective of original instrumentation, each musician contributes to a repertoire based on an otherworldly weaving of sounds and ideas, the usual jazz soloists’ monologues give way to collective and compelling tapestries.

    Francesco Bigoni (Italy), clarinet and tenor sax
    Benoît Delbecq (France), piano and analog bass synth
    Francesco Diodati (Italy), guitar and fx
    Steve Argüelles (UK & France), drums and usine

    Cheel

    (Anciennement Volkmann/Jarret/Andrzejewski)

                                                          © Maxence Ravelomanantsoa            © Arnaud Ele 

    FR : L’idée derrière ce trio est de dépeindre une élégance ludique dans la musique et, surtout, d’emmener le public dans un voyage énergique et fluide à traversun mélange de chansons folkloriques simples et de collages sonores improvisés.

    Luise Volkmann, saxophone (Allemagne)
    Paul Jarret, guitare (France)
    Max Andrzejewski, batterie (Allemagne)

    EN : The idea behind the trio is to depict playful elegance in the music and, above all, to take the audience on an energetic, flowing journey, through a mixture of simple folk songs and improvised sound collages.

    Luise Volkmann, saxophone (Germany)
    Paul Jarret, guitar (France)
    Max Andrzejewski, drums (Germany)

     

  • Le réseau AJC a 30 ans

    Le réseau AJC a 30 ans

    Le réseau AJC a 30 ans

    Un article de Raphaëlle Tchamitchian

    Raphaëlle Tchamitchian est journaliste, rédactrice et enseignante freelance dans le théâtre et la musique, notamment le jazz et les musiques improvisées. Elle a obtenu un doctorat en Études Théâtrales, sa thèse portant sur les relations entre jazz et dramaturgie dans les théâtre africain-américain contemporain. Parmi ses collaborations, diverses institutions, artistes, et médias tels que le CNSMDP, Hors-Série, la Médiathèque de La Philarmonie de Paris, l’ONJ, l’EJN, ou encore l’Odéon – Théâtre de l’Europe.

    INTRODUCTION

    Réunissant aujourd’hui 94 scènes et festivals, l’Association Jazzé Croisé, dite AJC, est aujourd’hui le réseau le plus identifié du secteur du jazz et des musiques improvisées en France. À l’occasion de ses 30 ans, tour d’horizon de son histoire et de ses actions.

    En 1993, douze festivals de jazz s’associent pour revendiquer une ligne artistique singulière et défendre la scène créative française et européenne en créant l’AFIJMA, l’Association des Festivals Innovants en Jazz et Musiques Actuelles. Chaque festival a sa propre ligne artistique — qui très jazz, qui aussi musiques du monde, qui musiques improvisées — mais tous sont « un peu atypiques », se souvient Roger Fontanel, le directeur de D’Jazz Nevers. « On souhaitait se rencontrer autour d’une ambition et d’une exigence artistique, se démarquer d’un jazz consumériste ». « On voulait maintenir un équilibre entre radicalité et mainstream, sans être dans la reproduction des modèles américains », confie Jacques Panisset, fondateur du Grenoble Jazz Festival et des Détours de Babel.

    Rapidement, une charte est mise en place, qui sert de base pour faire grandir le réseau. Aujourd’hui, certains des festivals fondateurs existent encore, d’autres ont disparu ou sont partis dans d’autres directions, de nouveaux noms ont fait leur apparition… Parmi les festivals de la « seconde génération », entrés dans les années qui ont suivi la création proprement dite de l’AFIJMA, on compte Banlieues Bleues en Seine-Saint-Denis, Jazz sous les Pommiers à Coutances, Jazzèbre à Perpignan, Jazzdor à Strasbourg…

    À un moment donné, « le besoin s’est fait sentir d’élargir la problématique au-delà des festivals », explique Jacques Panisset. « La défiance qui exis- tait à l’époque entre les festivals et les clubs n’avait pas de sens, renché- rit Philippe Ochem, directeur de Jazzdor et actuel président du réseau. Il semblait fondamental de s’élargir aux clubs et aux scènes généralistes, parce que ça fédérait un plus grand nombre d’acteur·ices, permettait de réfléchir et de co-produire à plus nombreux, et de peser davantage.» C’est ainsi qu’en 2013, vingt ans après sa fondation, l’AFIJMA s’ouvre aux lieux et aux scènes pluridisciplinaires avec un axe jazz marqué, et devient AJC ou Association Jazzé Croisé.

     

    CONSTRUIRE ENSEMBLE

    Pour chacune des personnes interrogées, le premier intérêt d’intégrer AJC, c’est le partage d’expérience. « Échanger avec des gens qui parlent le même langage que toi, c’est déjà énorme! », s’exclame Yann Causse, fondateur du festival Jazzèbre (aujourd’hui dirigé par Ségolène Alex). « Il n’y a pas besoin de faire 10000 pas pour se faire comprendre. C’est très nourrissant.» Même chose pour Fanny Pagès, qui a rejoint le réseau en 2018 en tant que directrice de L’Astrada à Marciac : « Au regard de mon projet ancré dans la création actuelle, ça me semblait indispensable de rejoindre AJC. Au niveau national et dans ces esthétiques, c’est le réseau identifié. Et puis, c’est par l’échange qu’on peut co-construire. »

    Différentes échelles de structuration s’y côtoient, ce qui permet de nourrir et d’enrichir les projets de chacun·e dans une forme de collégialité. Très concrètement, pour une petite structure comme Jazzèbre, le fait d’intégrer AJC « a eu une influence sur la programmation » explique Yann Causse. « Grâce à mon implication dans le réseau, j’ai commencé à concevoir des créations plus nationales, moins régionales, et le projet s’est progressive- ment élargi.» De manière générale, pour tou·tes les programmateur·ices interrogé·es, les espaces d’échange ouverts par AJC permettent de nourrir sa saison, jusqu’à construire des co-productions.

     

    « enrichir les projets de chacun·e dans une forme de collégialité »

    « Il y avait une concurrence sauvage entre festivals », raconte Jacques Panisset. « On se réservait les créations sans les faire tourner. Avec l’AFIJMA, l’idée était d’éviter cette guerre permanente et créer de la coopération. » Même si ce travail peut être rendu complexe par la diversité de l’offre et par l’envie de chacun·e de proposer des projets originaux, « l’ambition a toujours été de favoriser le montage de co-productions au sein du réseau et d’offrir aux créations une large diffusion », explique Antoine Bos, délégué général d’AJC. Chaque année, ce sont plus d’une vingtaine de projets coproduits par des adhérent·es qui tournent ainsi sur les scènes du réseau. Récemment, Jazzdor s’est associé à jazzahead! en Allemagne pour co-produire le nouveau sextet franco-allemand de Daniel Erdmann, qui aura aussi tourné à Jazzus et aux Rencontres AJC ; et le Petit faucheux, Jazz à Poitiers, le Pannonica, Plages Magnétiques et Le Périscope se sont organisés pour accueillir une tournée du Rempis Percussion Quartet du saxophoniste américain Dave Rempis.

    JAZZ MIGRATION, UN DISPOSITIF POUR L’ÉMERGENCE

    « Un vrai point de départ »Thibault Cellier, contrebassiste
    « Il y a eu un avant, un après! »Rafaëlle Rinaudo, harpiste

    Créé en 2002, Jazz Migration est un dispositif de soutien à l’émergence et au développement de carrière. En 20 ans, le programme a accueilli plus de 260 artistes pour lesquels plus de 1000 concerts ont été organisés, ainsi que des centaines de journées de formation et de résidence. Aujourd’hui très identifié en France et reconnu comme modèle à l’international, Jazz Migration est le programme phare d’AJC. Les deux sont indissociables et le développement de l’un ne peut se faire sans la bonne santé de l’autre.

    Rafaëlle Rinaudo a participé au programme à trois reprises: en 2014 avec Five 38, en 2018 avec Ikui Doki et en 2022 avec Nout. « J’ai vu évoluer les formations Jazz Mig’. Au début, c’était eux qui nous coachaient, l’année d’Ikui Doki, ils ont commencé à proposer des formations, et au moment de Nout, ce nouveau fonctionnement était complètement instauré.» À travers des ateliers, conférences et interventions de professionnel·les, les musicien·nes apprennent à s’adresser aux programmateur·ices (« jamais au petit déjeu- ner ! »), à monter une structure, à optimiser leur usage des réseaux sociaux… Rafaëlle Rinaudo : « J’ai fait un Master 2 d’Administration de la musique et du spectacle vivant à la Sorbonne, mais l’université est trop loin de la réalité du métier. Les trucs pratiques, je les ai appris avec Jazz Mig’. »

    « Avec Papanosh, on a été sélectionnés en 2013, raconte Thibault Cellier. Ça a très bien marché, on a fait 28 concerts cette année-là. On n’aurait pas pu aller aussi loin sur le plan musical sans ça. » Dans le cas de Rafaëlle Rinaudo, qui venait de la musique ancienne, « Jazz Migration s’est substitué au conservatoire. À mon époque, ils ne prenaient pas de femmes instrumentistes en jazz et encore moins en harpe. Ni Marseille ni Toulon ni Aix-en-Provence n’ont voulu de moi. C’est Jazz Migration qui m’a donné une légitimité institutionnelle, ça a été un vrai passeport. J’ai compris que je pouvais vivre de l’activité underground que j’avais toujours eue à côté, toute seule. Je suis entrée en 2014 dans le réseau jazz, et 10 ans après j’y suis toujours. Ça m’a donné une vraie pérennité en termes d’emploi. »

    « La création de Jazz Mig’ serait impossible aujourd’hui », regrette cependant Antoine Bos. « Les programmateur·ices se sentiraient un peu contraint·es. À l’époque, ça correspondait à une forme d’utopie ». Si aujourd’hui, Jazz Migration est sans doute l’action à laquelle le réseau est le plus identifié, sa création a été « vécue comme le pendant national du boulot qu’on faisait à l’international », explique Yann Causse. Car ce qui faisait l’identité d’AJC alors, c’était son ouverture à l’international.

    ACCOMPAGNER LES ADHÉRENT·ES, STRUCTURER LE SECTEUR

    En plus d’être un espace de rencontre et d’échange, AJC mène un travail de fond tourné vers les adhérent·es. Au fil des ans, des dizaines de groupes de travail internes se sont réunis. L’un des premiers entendait construire une exposition sur le jazz mais a dérivé vers une réflexion autour de l’action cultu- relle qui a donné lieu à la publication en novembre 2007 du premier numéro des Cahiers de l’AFIJMA, « Montrer le jazz ».

    Pour Roger Fontanel, ces espaces de réflexion partagés auraient paradoxalement bénéficié de la crise du Covid. « Depuis le confinement, on enchaîne les visios sur l’égalité femmes-hommes, les temps d’information sur les préventions des Violences et Harcèlements Sexistes et Sexuels (VSS), l’écologie, etc., et Antoine [Bos] nous sollicite beaucoup pour des enquêtes. En conséquence, le lien avec le réseau s’est renforcé.» Un certain nombre d’outils conçus pour répondre aux besoins des adhérent·es ont été mis en place: newsletter interne, listes de diffusion pour faciliter la circulation des informations, tables rondes, webinaires thématiques réguliers.

    Côté observation, un certain nombre d’études ont été publiées: Les structures de diffusion du jazz (2017), La représentation Femmes/Hommes dans le jazz et les musiques improvisées (2018), et l’étude pionnière dans le spectacle vivant Quel impact carbone pour les lieux et festivals de jazz? (2022). Pour Philippe Ochem, « à travers tout notre travail d’études et de parutions, on est devenu un vrai outil ressource. » L’objectif final étant de favoriser la connaissance du secteur pour pouvoir mettre en place des actions politiques.

    Cherchant à accompagner la structuration du secteur, le réseau est assez vite devenu un interlocuteur privilégié des institutions. Dès le départ, il y avait une réelle « volonté de peser sur les politiques publiques » explique Roger Fontanel. Ses membres ont ainsi participé à de nombreux groupes de travail, nationaux comme européens. Pour la harpiste Raphaëlle Rinaudo comme pour les autres acteur·ices interrogé·es, c’est là l’un des intérêts essentiels d’AJC : «  porter des intérêts communs  ».

    Au-delà du réseau d’acteur·ices, l’une des particularités d’AJC est de piloter des programmes. Dès le départ, les actions concrètes et collectives ont été privilégiées, depuis les dispositifs de coopération internationale (Constellations, French Nordic Jazz Transit, The Bridge…) jusqu’aux projets sur l’écologie (Landscape) en passant, bien sûr, par Jazz Migration.

    L’OUVERTURE VERS L’INTERNATIONAL, UN AXE FONDATEUR

    Les premières actions du réseau ont été des actions de coopération internationale — de « coopération » et non « d’export », précise Antoine Bos. Pour Roger Fontanel, très tôt avant les Bureaux Export et le Centre national de la musique, « les échanges internationaux ont été la marque de l’AFIJMA. Ils font partie de son ADN ».

    Première pierre à l’édifice : la mobilité des programmateur·ices, que ce soit par l’invitation de professionnel·les étranger·es en France ou par des voyages vers l’étranger. « On défendait l’idée que c’était plus intéressant de venir écouter des concerts de musicien·nes français·es in situ », détaille Philippe Ochem, « alors que la mode de l’époque était d’organiser des showcases de 20 ou 30 minutes ». « À Nevers, j’ai accueilli des professionnel·les italien·nes, scandinaves, autrichien·nes, allemand·es… » (Roger Fontanel). De nombreux festivals du réseau se sont progressivement transformés en rencontres professionnelles plus ou moins informelles, une habitude qui perdure encore aujourd’hui. « C’est ça qui crée les coopérations », continue Antoine Bos. « Quand on trouve des similarités dans les fonctionnements. Quand deux festivals implantés dans deux pays différents mais confrontés aux mêmes enjeux, peuvent échanger et partager ».

    Réciproquement, les programmateur·ices AJC sont allé·es voir ce qui se faisait de l’autre côté de nos frontières. Voyager dans d’autres pays a ainsi complètement bouleversé la façon de programmer de Philippe Ochem. « Je venais des standards, des racines américaines de cette musique, et ça m’a ouvert à des formes plus ouvertes, à des groupes européens moins connus. Ça m’a poussé à chercher un équilibre entre notoriété et exigence artistique, d’arrêter de penser en grande salle, grande jauge et musicien·nes célèbres. »

    Peu à peu, des échanges bilatéraux ont vu le jour. Des programmes de soutien à la diffusion à l’étranger ont été mis en place, des coproductions ont été établies avec l’Italie, la Norvège, l’Autriche, l’Allemagne… « Nous avons aussi des liens forts avec la Belgique, les Pays-Bas, le Danemark. Il peut y avoir des soubresauts liés aux politiques locales, mais ils soutiennent nos musicien·nes et nous soutenons les leurs », explique Jacques Panisset. « Et puis, on s’est aussi beaucoup impliqués dans différents chantiers portés par le Europe Jazz Network, et on est présents à jazzahead ! depuis le début. »

    « C’est grâce à tout cela qu’aujourd’hui AJC est à la pointe de la réflexion dans ce domaine, et que la France peut avoir une relation durable avec des partenaires européen·nes, voire extraeuropéen·nes », observe Antoine Bos. Les projets internationaux actuels portés par les adhérent·es — Le Périscope avec Footprints, Alexandre Pierrepont avec The Bridge ou Charles Gil avec Vapaat äänet — s’inscrivent dans une continuité.

    LES RENCONTRES AJC, UN POINT DE RALLIEMENT

    Traditionnellement, AJC présente les nouveaux lauréats Jazz Migration chaque année en fin d’année à la Dynamo de Banlieues Bleues (Pantin). Depuis 2019, ce qui était un moment d’échange interne au réseau a été complété par des temps de réflexion ouverts à toute la profession, don- nant naissance aux Rencontres AJC. Elles sont le « point de rencontre de toutes nos actions et réflexions, et le point de ralliement de tou·tes nos acteur·ices » (Antoine Bos).

    Des tables rondes et des groupes de travail y sont aménagés en journée pour discuter de sujets d’actualité, présenter des études ou bien introduire une nouvelle action. Chaque édition correspond à un thème : la Scandinavie avec Nordic Jazz Comets en 2019, l’outre-mer en 2021 et l’émergence en 2022, à l’occasion des 20 ans de Jazz Migration.

    En 2023, les Rencontres s’intéressent à la question de la diffusion et des publics, un sujet qui occupera AJC pendant toute l’année 2024. Et en soirée, en plus des lauréats Jazz Migration, trois groupes franco-européens seront présentés à l’occasion de la création d’un fonds spécial. « On a une dimension nationale avec les groupes Jazz Mig’, et une dimension internationale avec les groupes franco-européens », conclut Antoine Bos.

    ET MAINTENANT ?

    D’abord et comme partout, le chantier de l’égalité femmes-hommes — « un chantier bien entamé, mais à ne pas lâcher » (Fanny Pagès). C’est que, comme beaucoup de secteurs, le jazz revient de loin. « Five 38, mon duo avec Fanny Lasfargues, a été le premier groupe de filles à faire Jazz Mig’, observe Rafaëlle Rinaudo. C’était il y a 10 ans… » Depuis la prise de conscience provoquée par #MeToo, AJC s’est emparé du sujet à bras-le-corps.

    Une première étude, réalisée en collaboration avec Grands Formats, la FNEIJMA (Fédération Nationale des Écoles d’influence Jazz et Musiques Actuelles) et l’ADEJ (l’Association des Enseignants de Jazz) est parue en 2018. Une seconde étude est en préparation, cette fois dirigée par la sociologue Marie Buscatto, l’autrice de Femmes de jazz (éditions CNRS, 2007). Prévue pour fin 2023, elle permettra d’apprécier l’évolution de la situation par les chiffres et comprendra un volet autour des VSS.

    « La question F/H traverse tout AJC, depuis l’offre aux adhérent·es jusqu’aux actions portées »

    À l’intérieur du réseau, différentes actions ont été mises en place : formations autour des VSS à destination des adhérent·es et des artistes Jazz Migration, protocole de signalement… La vigilance est de mise à chaque étape du pro- cessus de sélection de Jazz Migration, ce qui a permis de passer de 21 % de musiciennes lauréates en 2017 à 44 % en 2023. Enfin, du côté de la diffusion, « on essaie chacun, chacune de programmer le plus de femmes possibles » (Philippe Ochem). La question traverse tout AJC, depuis l’offre aux adhérent·es jusqu’aux actions portées.

    Même chose pour l’autre grand chantier de notre époque, engagé il y a quelques années déjà: la transition écologique. Dans la foulée de l’étude pionnière Quel impact carbone pour les lieux et festivals de jazz ? (2022) est créé le projet européen Landscape, porté en collaboration avec le Périscope à Lyon et le Bimhuis à Amsterdam. Ouvert à tou·tes les acteur·ices du monde de la musique, il entend développer des outils et une méthodologie partagée pour réduire son empreinte carbone. Côté AJC, il s’agit essentiellement de transmettre la « bonne parole », d’irriguer le réseau d’informations concrètes et de données pratiques, afin que chacun·e soit à même de s’emparer du problème à son échelle. Ont ainsi été mises en place des formations pour les adhérent·es autour de la mobilité des publics et des artistes, la sobriété énergétique des lieux, l’alimentation et le numérique. Là aussi, « nous ne sommes pas loin d’être les premiers et les seuls en Europe dans le jazz », défend Antoine Bos. « On a une forme d’exemplarité à laquelle on tient. »

    Côté international, « le travail continue ! », s’exclame Roger Fontanel. En s’ouvrant à de nouveaux pays, comme par exemple la Pologne et les Pays baltes, et en créant de nouveaux programmes. Dernier-né des actions de coopération internationale, le programme Constellations réunit huit dispositifs d’accompagnement de l’émergence dans huit pays européens et extraeuropéens et propose à de jeunes artistes des résidences et des concerts dans le pays de leur choix. Parallèlement, la création d’un fonds spécial franco-européen est présentée aux Rencontres AJC 2023. « Les musicien·nes ne nous ont pas attendus pour créer des groupes franco-européens, remarque Antoine Bos. À nous de prendre le relais pour faire bouger les politiques publiques. »

    « Il faut que Jazz Migration devienne un label à exporter dans d’autres pays »

    Toujours sur le métier, Jazz Migration est affiné chaque année pour accompagner les évolutions du milieu. De trois groupes lauréats, on est passé à quatre; l’accompagnement professionnel et artistique s’est étoffé pour répondre aux besoins du secteur; les tournées se sont étirées… Mais si la question de la diffusion a toujours été centrale, l’équipe se heurte aujourd’hui à l’équilibre de tout un écosystème. « On touche aujourd’hui à une limite », observe Antoine Bos. « Des tournées de 100 dates, c’est peut-être trop. » En outre, depuis la création du programme, le paysage a changé. De nombreux autres dispositifs d’accompagnement ont vu le jour à l’échelle locale, ce qui invite à repenser l’équilibre entre régional et national. De plus, l’urgence écologique invite à penser autrement la question de la diffusion, quand celle-ci n’est pas tout simplement contrainte par des restrictions budgétaires.

    Dans ces conditions, comment faire pour continuer à jouer le double rôle de révélateur et de professionnalisation de l’émergence ? Comment s’ajuster face à un écosystème en perpétuel mouvement ? Parmi les pistes évoquées : poursuivre le développement de l’accompagnement personnalisé; former plus de musicien·nes, voire les professionnel·les ; maintenir durablement l’ouverture à d’autres dispositifs en France et en Europe… Pour Rafaëlle Rinaudo, Jazz Migration pourrait devenir un label à exporter en tant que tel. « C’est le chantier politique du moment ! Au même titre que le CNM fait des Jazz Export Days, il faut que Jazz Migration devienne un label à exporter dans d’autres pays, comme une sorte de package. »

    Au-delà de Jazz Migration, la question de la diffusion en général reste le nerf de la guerre. Pour les artistes interrogé·es, un travail d’ajustement des politiques de diffusion serait bienvenu. « On nous demande tout le temps de produire des créations, mais après on est seul·es à gérer la diffusion », déplore Rafaëlle Rinaudo. « Une création est jouée 2 ou 3 fois en moyenne. »

    Une course à l’échalote imposée à la fois par le ministère, puisque les aides au projet et au conventionnement sont conditionnées à de nouvelles créations, et par les programmatrices et programmateurs eux-mêmes, qui aiment pouvoir offrir des créations ou des exclusivités à leur public. « Ce serait bien que les professionnel·les soient plus à l’écoute de l’artistique », objecte Thibault Cellier. « Il y a une frénésie de créations, aujourd’hui la durée de vie d’un projet c’est 3 ou 5 ans si tu te débrouilles bien. Ce n’est pas du tout assez. Pourquoi ça ne pourrait pas évoluer puisqu’on est nombreux et nombreuses à le ressentir ? »

    Pour Antoine Bos, « c’est une question majeure. Ça fait 30 ans qu’on se bat pour que nos musiques soient plus diffusées sur les scènes généralistes, mais depuis quelques années on assiste à une forme de contraction de la diffusion due à une hausse des cachets et à une baisse de financements. Résultat, les programmateur·ices prennent moins de risques.» Parmi les solutions possibles : côté scènes et festivals, développer encore davantage les « séries » en lien avec d’autres diffuseurs, et s’investir dans le programme de création mutualisée conçue par la DGCA et accentuer le travail de co-production et de dates partagées; côté AJC, poursuivre l’engagement auprès des pouvoirs publics nationaux et locaux, et des sociétés civiles, afin qu’ils intègrent l’importance d’un soutien marqué à la diffusion du jazz et des musiques improvisées.

    AJC, UNE RÉFÉRENCE POUR LE SECTEUR

    Association d’acteur·ices de la diffusion du jazz en France partageant les mêmes valeurs et les mêmes objectifs, AJC s’est construit une identité bien à lui, fondée sur un ensemble d’actions collectives. Que ce soit à travers Jazz Migration, les échanges internationaux ou les récents projets sur l’écologie, AJC contribue à répondre aux besoins du secteur, à professionnaliser les musicien·nes de jazz en France, ainsi qu’à légitimer la place de ces musiques qui restent en dehors des cases à la fois du grand public et de l’institution.

    « Aujourd’hui, on est le réseau le plus important dans le jazz en France, observe Roger Fontanel. On est la référence, l’appui principal pour défendre ces musiques. Mais cette place, on l’a gagnée petit à petit. C’est une grande réussite! » « Finalement, ce réseau vise à produire de la réflexion et du sens », confie Jacques Panisset. « Un travail d’actions, de moralisation des pratiques, de lobbying, de mise en réseau et de partage d’intelligence et de sens pour mieux alimenter la manière dont on vend nos projets, pour faire un meilleur travail. Un travail qui se poursuit aujourd’hui. »

  • Communiqué – Publication de l’étude « Les inégalités Femmes/Hommes et les violences sexistes et sexuelles dans le jazz et les musiques improvisées »

    Communiqué – Publication de l’étude « Les inégalités Femmes/Hommes et les violences sexistes et sexuelles dans le jazz et les musiques improvisées »

    DÉCOUVREZ LES RÉSULTATS DE L’ÉTUDE :

    « LES INÉGALITÉS FEMMES / HOMMES ET LES VIOLENCES SEXISTES ET SEXUELLES
    DANS LE JAZZ ET LES MUSIQUES IMPROVISÉES »

    Enquête réalisée par Marie Buscatto et Ionela Roharik
    coordonnée par AJC, la FNEIJMA, et Grands Formats

    Avec le parrainage du Ministère de la Culture et le soutien du CNM.


    Après une première étude menée en 2018, nous avons désiré réaliser un nouvel état des lieux sur les inégalités entre femmes et hommes dans le jazz et les musiques improvisées ainsi qu’un premier constat sur les violences sexistes et sexuelles (VSS). Nous avons confié cette étude à Marie Buscatto et Ionela Roharik, deux universitaires expérimentées, sociologues du genre, du travail et des arts.

    Après plus d’une année de recherches, de collecte et d’analyse, plus de 110 structures enquêtées (équipes artistiques, festivals et lieux de concerts, structures de formation), 510 personnes consultées, il est l’heure de lever le voile sur les résultats de cette étude. Si celle-ci révèle le maintien fort des inégalités entre femmes et hommes et la présence d’agissements sexistes encore peu nommés et peu combattus au quotidien, elle laisse apercevoir une volonté affirmée de la part des personnes et des institutions actives dans le milieu du jazz et des musiques improvisées en France de transformer ce secteur pour qu’il devienne plus favorable aux femmes musiciennes.

    Parrainée par le ministère de la Culture et soutenue par le CNM, cette étude poursuit une réflexion collective de nos trois réseaux et fédérations – AJC, FNEIJMA, Grands Formats –  autour de l’égalité femmes-hommes, initiée il y a maintenant cinq ans et que nous poursuivons depuis en observant, sensibilisant, débattant avec les autres acteur·rices du jazz et des musiques improvisées comme avec le reste du champ culturel.
     

    AJC, Grands Formats, FNEIJMA

  • Étude sur les inégalités Femmes/Hommes (F/H) et sur les violences sexistes et sexuelles (VSS) dans le jazz et les musiques improvisées

    Étude sur les inégalités Femmes/Hommes (F/H) et sur les violences sexistes et sexuelles (VSS) dans le jazz et les musiques improvisées

    Etude réalisée par
    Marie Buscatto et Ionela Roharik,

    coordonnée par
    AJC, la FNEIJMA et Grands Formats

    données 2022

    INTRODUCTION ET MÉTHODOLOGIE

    Après une première étude menée en 2018, les réseaux AJC, Grands Formats et la FNEIJMA ont désiré réaliser un nouvel état des lieux sur les inégalités entre femmes et hommes dans le jazz et les musiques improvisées ainsi qu’un premier constat sur les violences sexistes et sexuelles (VSS). Cette étude a été confiée à Marie Buscatto et Ionela Roharik, deux universitaires expérimentées, sociologues du genre, du travail et des arts.

    Les résultats révèlent le maintien fort des inégalités entre femmes et hommes et la présence d’agissements sexistes encore peu nommés et peu combattus au quotidien.

    Néanmoins, ils font état d’une volonté affirmée de la part des personnes et des institutions actives dans le milieu du jazz et des musiques improvisées en France de transformer ce secteur pour qu’il devienne plus favorable aux femmes musiciennes.

    La solidité de l’analyse repose sur une articulation fine entre les réponses aux questionnaires et les discours recueillis lors des entretiens qualitatifs. Au regard des conditions de passation et des taux de réponse, nous ne saurons mettre en avant la «représentativité statistique» de l’enquête, mais bien sa «significativité sociologique».

     
    graphique intro

    DES INÉGALITÉS PERSISTANTES

    …ENTRE LES MUSICIENS ET LES MUSICIENNES

    …DANS L’ADMINISTRATION ET LA TECHNIQUE AUSSI

    Les femmes semblent avoir quelques difficultés à se voir reconnaître des compétences techniques ou musicales ou des aptitudes physiques

    + des hommes qui n’écoutent pas leurs avis

    • + des hommes et des femmes qui ne leur donnent pas l’occasion d’exercer dans ces domaines

      • + des hommes qui leur expliquent comment s’y prendre

    « Les femmes doivent rester à leur place, on me l’a dit, faut savoir rester à ta place, on me l’a dit quand j’ai parlé lors d’une intervention sur la programmation…»
                                                       MORGANE, 40-50 ANS, gestionnaire administrative

    DES RÉPERTOIRES MAJORITAIREMENT PORTÉS PAR DES HOMMES

    En moyenne, 20% des morceaux joués par les équipes artistiques sont composés par des femmes, contre 63% par des hommes.

    L’étude établit un lien de corrélation entre le taux de répertoire composé par des hommes et la part nettement majoritaire d’équipes artistiques dirigées par un homme.

    DES INÉGALITÉS DE REVENUS

    DES FEMMES ENSEIGNANTES EN SITUATION MOINS FAVORABLE

    Les femmes travaillent plus que les hommes mais sont plus précaires et moins stables dans l’emploi enseignant.
    L’enseignement est la source principale de revenus déclarée par 60% des femmes contre 40% des hommes.

    Lorsque l’enseignement est leur activité principale, elles sont les seules à travailler plus de 29 heures par semaine (17,7%).

    53%

    des femmes donnent entre 1 et 10 heures de cours par semaine.

    59%

    des femmes doivent travailler dans plusieurs écoles contre 29% d’hommes

    45%

    de femmes travaillent en CDD à temps partiel contre 25% pour les hommes.

    en CDI, soit-il à temps partiel, les proportions s’inversent :

    20% de femmes, 32% d’hommes

    31%

    de femmes enseignantes sont titulaires de leur poste contre 69% d’hommes.

    UN CHOIX TOUJOURS TRÈS GENRÉ DANS L’INSTRUMENT JOUÉ

    UNE POTENTIELLE ÉVOLUTION À
    L’OEUVRE QUANT AU CHANT ?

    Si le chant reste l’apanage des femmes, l’échantillon observé démontre une évolution de la part des hommes chanteurs.

    DES PROCESSUS SOCIAUX PRODUISANT LES INÉGALITÉS…ET CONTRAIRES À L’ENTRÉE, AU MAINTIEN ET À LA RÉUSSITE DES FEMMES MUSICIENNES

    • + Une moindre place laissée à l’apprentissage et à l’expression des femmes sur scène

    • + Une cooptation privilégiant le recrutement entre hommes musiciens

    • + Les stéréotypes féminins péjoratifs

    • + Une dévalorisation à priori des compétences professionnelles

    • + Les femmes musiciennes tendent à être sexualisées

    LA FAIBLE PRÉSENCE DES FEMMES EN FORMATION PROFESSIONNELLE, UNE RÉALITÉ CERTES AVÉRÉE, MAIS MOBILISÉE COMME UNE EXCUSE

    • Ratio hommes/femmes en formation loisirs :

      Moyenne : 1,38 hommes pour 1 femme
      Minimum : 0,7
      Médiane : 1,35
      Maximum : 2,5

      Ratio hommes/femmes en formation professionnelle :

      Moyenne : 3,62 hommes pour 1 femme
      Minimum : 1,5
      Médiane : 2,1
      Maximum : 16

    UNE MAJORITÉ D’HOMMES DANS LES CURSUS LOISIRS, CONFORTÉE ET RENFORCÉE DANS LES FORMATIONS PROFESSIONNELLES

    • Les personnes rencontrées invoquent des schémas sociaux indépendants des pratiques des acteurs et des actrices du jazz et des musiques improvisées :

      + l’absence de modèles

      • + l’absence de confiance des femmes en elles

      • + l’intérêt des femmes pour des activités « féminines » autres que le jazz

    « à formation égale, les femmes jouissent d’un tremplin de visibilité par rapport aux mecs car on est beaucoup plus nombreux. […] elles ont un relais médiatique que n’ont pas les mecs, elles sont plus visibles. »

    « J’aurais adoré qu’on m’appelle pour faire des groupes, des sessions. Mais je ne pouvais pas partager la camaraderie des musiciens qui m’entouraient, même si je faisais tout pour gommer ma féminité, je restais malgré tout une présence qui empêchait la décontraction, qui dérangeait l’entre-soi masculin, qui intimidait et qui obligeait à éviter les blagues ou allusions sexistes. »

    J’ai réussi le concours du conservatoire, et quand je suis rentrée, là c’est devenu dur d’être une femme. On était trois femmes, et pendant quatre ans, je me suis sentie exclue. On me disait que j’étais là parce que j’étais une femme, les autres ne m’invitaient pas. »

    PIERRE, musicien de 50-60 ans

    CLAIRE, musicienne de 40-50 ans

    ANOUK, musicienne de 30-40 ans

    LES VIOLENCES SEXISTES ET SEXUELLES DANS LE JAZZ ET LES
    MUSIQUES IMPROVISÉES

    LES INSTITUTIONS ADOPTENT DES MESURES, UN ENGAGEMENT JUGÉ NÉCESSAIRE

    Les mesures indiquées comme les plus importantes selon les répondant·e·s sont :

    + l’existence d’un protocole de signalement

    + la formation des personnels sur les différents types de VSS

    + des actions de sensibilisation auprès de tous les personnels

    87%

    des institutions sondées ont pris au moins une mesure de protections contres les VSS.

    LOI DU SILENCE AUTOUR DES VSS, UN SENTIMENT PARTAGÉ ?

    31% à 58%* des femmes contre 14 % à 28 %* des hommes partagent ce sentiment.

    DES COMPORTEMENTS ENTRANT DANS LE CHAMPS DES VSS, PASSÉS SOUS SILENCE OU PAS IDENTIFIÉS COMME TELS ?

    Les réponses des individus face à celles des responsables traduisent là encore le constat d’une sous-déclaration des VSS.

    L’hypothèse envisagée est celle d’une considération relative de la gravité de certains agissements, comme les blagues, les remarques sur la tenue vestimentaire ou les propos à connotation sexuelle.

    « Il y a beaucoup de choses qui me passent à côté, je ne voispas les choses se passer en fait. (…) Il y a des profs qui font des réflexions à connotation sexiste, mais seulement entre hommes. »

    PAUL, musicien-stagiaire en formation professionnelle d’une vingtaine d’années

    DES ENTRETIENS QUI CONFIRMENT CETTE ANALYSE

    Tout se passe comme si les violences sexistes du quotidien tendent à être invisibles pour l’essentiel ou lorsque observées, très rapidement oubliées, car quasiment impossibles à dénoncer dans un cadre de travail serein et cela, malgré le souhait de nombreuses personnes de vouloir que la situation change.

    « Elles sont traitées plus comme des objets sexuels que comme des artistes. Même si c’est un peu moins, ça change un peu quand même. Moi, ce n’est pas mon truc, je ne suis pas un queutard, du coup on m’a fait des blagues sur le fait que je pouvais être homosexuel, du genre « t’es un peu PD quand même, un peu lopette…Je n’étais pas complètement un vrai homme pour eux. Je ne l’ai pas bien vécu, et en même temps j’y ai participé, j’ai fait des blagues sexistes pour que ça passe. Mais je l’ai fait par autodéfense, pas par conviction. »

    CLÉMENT, musicien de 40-50 ans

    DES PERSONNES INVESTIES, UNE VOLONTÉ D’ACTION AFFIRMÉE
    MAIS DES MOYENS D’ACTION ENCORE EN DISCUSSION

      • Cette nouvelle enquête permet d’observer des inégalités toujours aussi criantes issues de processus sociaux largement ancrés et de violences sexistes et sexuelles banalisées. Mais certaines données comme certains discours laissent espérer une prise de conscience du monde du jazz et une évolution future positive.

        Parmi nos trois réseaux, ce sont ainsi entre 85% et 88% de nos adhérents qui ont adopté des mesures en faveur de l’égalité femmes/hommes ou en faveur d’une protection contre les violences sexistes et sexuelles. Est-ce le signe d’une prise de conscience ou le résultat d’un impératif posé par les institutions finançant le secteur ?

        Les causes diffèrent mais les résultats sont présents, les répondant·e·s sont clairement favorables à la lutte contre les inégalités femmes/hommes et les violences sexistes et sexuelles.

         
      • Difficile de savoir si l’enquête a recruté parmi une population concernée très minoritaire ou parmi une population investie représentative des manières dont une majorité des membres du monde du jazz envisage l’avenir – plus égalitaire et moins sexiste.

        Mais cette population «de bonne volonté» est bien présente et peut servir de point d’ancrage à des actions ciblées, que l’on pense lutte contre les VSS ou féminisation du monde du jazz et des musiques improvisées. Cette « bonne volonté » est encore ce pendant soumise à la difficulté de se mettre d’accord sur les actions à mettre en place, les initiatives étant nombreuses et discutées – formation des acteur·rice·s, sensibilisation, mise en place de quotas, espaces de discussions, échanges de bonnes pratiques, etc.

        Les initiatives engagées par de nombreux·ses acteur·rice·s doivent cependant se poursuivre et de façon concertée et collective, en cherchant à impliquer tout le champ du jazz et des musiques improvisées – de la diffusion, à la formation comme à la production.

    NOS STRUCTURES

    AJC

    Né en 1993, AJC est un collectif de 92 festivals, clubs, scènes labellisées défendant une programmation réfléchie, construite sur une idée militante et progressiste du jazz : contemporain, créatif, généreux et dont le propos s’inscrit dans le cadre de projets culturels citoyens.

    FNEIJMA

    Fondée en 1990, la FNEIJMA rassemble plus d’une trentaine d’écoles de musique privées et indépendantes formant des musiciens et des musiciennes au jazz et aux musiques actuelles, qu’iels soient professionnel·le·s, en voie de professionnalisation et/ou amateurs.

    GRANDS FORMATS

    est une fédération qui réunit aujourd’hui 116 grandes formations et collectifs d’artistes français·es et européen·nes du jazz et des musiques improvisées, outils de création uniques, porteurs d’une histoire et d’un héritage artistique précieux.

  • Les Rencontres AJC – Zoom sur l’édition 2023

    Les Rencontres AJC – Zoom sur l’édition 2023

    LES CONCERTS JAZZ MIGRATION

    Lundi 4 décembre, montaient sur la scène de la Dynamo de Banlieues Bleues, les groupes lauréats Jazz Migration #9 Prospectus, Adèle Viret Quartet, Inui et Petite Lucette. Le concert de Prospectus a été enregistré et diffusé en direct dans l’émission Open Jazz d’Alex Dutilh, et les concerts suivants diffusés le samedi 9 décembre dans le Jazz Club de Nathalie Piolé. Pour celles et ceux qui n’ont pu être parmi nous, ou qui voudraient revivre cette soirée dédiée aux Jazz Migration, le podcast des deux émissions est disponible sur le site de France Musique.

    RETOUR EN IMAGES

    LES CONCERTS FRANCO-EUROPÉENS

    La soirée du mardi mettait à l’honneur des projets mêlant artistes français·es et européen·nes – comme une manière de poursuivre notre ouverture européenne et d’y accompagner la création jazzistique ! Trois concerts exceptionnels avec Daniel Erdamnn Sextet « Thérapie de Couple », « Shadowlands », et le trio Karja/Renard/wandinger. France Musique était à nouveau présent parmi nous à la Dynamo de Banlieues Bleues pour capter les concerts. Le premier a été diffusé dans l’émission Open Jazz d’Alex Dutilh, et les deux suivants seront bientôt diffusés dans le Jazz Club de Nathalie Piolé.

    Daniel Erdmann Sextet « Thérapie de Couple » dans
    Open Jazz

    Starting Block – Trois groupes franco-européens – 30 ans de l’AJC

    RETOUR EN IMAGES

    Toutes les photos de cette soirée sont de Maxim François.

    RÉINVENTER COLLECTIVEMENT LA DIFFUSION DE LA MUSIQUE

    Une ouverture par Olivier Soubeyran, professeur à l’Institut de Géographie Alpine de l’Université de Grenoble et membre du Laboratoire PACTE du CNRS.

    Pour cette dernière journée des Rencontres 2023, AJC organisait une table ronde autour du thème “Réinventer collectivement la diffusion de la musique”. Et c’est Olivier Soubeyran, dont les récents travaux portent sur l’adaptation au changement climatique en aménagement, qui a ouvert cette séance. 

    Le thèse est le suivante : la pensée aménagiste, à l’origine ordonnatrice et sûre d’elle-même, ancrée dans la haine de la surprise, est devenue plus modeste, plus politique que technique, s’ouvrant à une rhétorique de savoirs partagés et de co-productions de projets qui s’inscrit davantage dans une logique de l’improvisation, semblable à celle observée dans le jazz. En effet, la crise environnementale, plus encore le changement climatique, impose en aménagement d’agir dans l’incertitude, d’intégrer l’ignorance et la surprise comme condition de l’action. 

    olivier soubeyran

    Il faut désormais « s’attendre à l’inattendu » et « penser à l’impensable »

    Le chercheur a relevé le défi de présenter en une heure, les grandes lignes de sa réflexion, transdisciplinaire et pionnière, sur les conditions à partir desquelles l’improvisation peut être un principe structurant de la pensée aménagiste.

    Table ronde modérée par Charlotte Bartissol, directrice de l’association ProQuartet, Centre européen de musique de chambre

    Nous vous proposons ci-dessous un aperçu de cette table ronde dont l’intégralité des échanges a été publiée dans la dernière édition du Jazz Mig Mag.

    Comment les questions écologiques traversent-elles les situations du monde de la musique et comment transposer nos initiatives individuelles en action collective ?

    La parole a d’abord été donnée à Patrick Comoy, haut fonctionnaire adjoint à la transition écologique et au développement durable au ministère de la Culture. Petit service du secrétariat général du ministère de la Culture, son rôle est de faciliter la circulation de l’information entre le ministère et les structures culturelles, et d’encourager la réflexion autour du rôle qu’a à jouer le secteur culturel dans la transition écologique. Pour P. Comoy, la coopération est essentielle pour répondre aux grandes crises que nous traversons (climatiques, des ressources, et de la biodiversité). 

    « Créer les conditions de la coopération, l’encourager et la fluidifier, c’est un travail que nous portons. »

    P.COMOY

    La parole a ensuite été donnée à Frédérique Ménard, directeur et fondateur de Zutique Productions à Dijon. Connue d’abord pour son festival, le Tribu Festival qui brasse plusieurs esthétiques musicales, Zutique est avant tout une structure culturelle qui accorde une forte importance à la question territoriale dans l’élaboration de ses projets. 

    TR.Fred Ménard.2

    « Nous considérons le mot territoire sous son angle le plus polysémique : politique, économique, social, historique..etc.»


    Dans des logements sociaux du quartier prioritaire des Grésilles à Dijon, Zutique a lancé un projet de mixité d’usage ayant pour but de créer du lien entre les habitant·es de ceux-ci et les projets culturels mis en place. Est née la Coursive Boutaric, coursive de trois étages devenue une structure
    adhoc accueillant des espaces de travail pour la trentaine de structures membres du collectif. 

    • Par ailleurs, après un premier projet monté avec Dijon Habitat, c’est avec Voies Navigables de France que Zutique a opéré en réhabilitant une maison éclusière se trouvant le long du canal de Bourgogne pour y accueillir 42 formations musicales sur 16 week-end d’activité, d’avril à septembre, le but étant de travailler sur une saison inversée afin de limiter les dépenses énergétiques liées au chauffage l’hiver. Le nom de ce lieu, « Au Maquis », dont l’intention est de faire éclore la jeune création contemporaine dans ce qu’elle a de plus innovant et sensible, et de penser collectivement la société de demain, en reliant l’art et la société. Au Maquis, une grande attention est portée aux questions de consommation énergétique (limitation du chauffage, accessibilité au lieu uniquement à pied ou à vélo) de sobriété alimentaire (80% de la production alimentaire servie sera végane, 95% proviendra du circuit court) et de biodiversité (installation d’un verger conservatoire).

    Mathilde Coupeau, directrice de Jazz à Poitiers, a enchaîné sur la crise de modèle économique que traverse la SMAC. 

    « Nous nous inscrivons dans un modèle économique proche des musiques contemporaines et sommes extrêmement subventionnés et très peu en capacité de générer des recettes propres. Avec la succession de crises ces dernières années, nous arrivons au bout de ce modèle économique. »

    TR.1

    N’ayant plus les moyens d’organiser des concerts, la SMAC a suspendu l’entièreté de la saison 2024 et son festival Bruisme s’est vu maintenir quatre temps forts, le but étant de produire moins mais dans de bonnes conditions.

    C’est ensuite Philippe Gautier, musicien et secrétaire général du SNAM-CGT, qui s’est exprimé. Il a évoqué la vision réelle et la vision fantasmée du métier de musicien·ne. Pour lui, la structuration de ce-dernier se fait davantage autour des lieux de proximité tels que les cafés, bars, et restaurants considérés comme des maillons essentiels du développement artistique et culturel des territoires, que des salles de plus de 200 personnes. 

    TR.Philippe Gautier

    « Les personnes qui font le métier jouent toute leur vie dans des salles de moins de 200, et ce réseau a besoin d’être soutenu ! »

    Afin de favoriser l’offre artistique dans ces lieux, la SNAM-CGT a travaillé à la création des GIP Cafés Cultures qui assurent la gestion d’un fonds dédié au soutien de l’emploi artistique et technique.

    Laurence Loyer-Camebourg, directrice de la culture dans le Département de la Manche et directrice artistique du festival “Les Traversées Tatihou, festival des musiques du large”, a ensuite pris la parole pour souligner l’engagement du département de la Manche dans la démarche des droits culturels. La concertation, la coopération, la participation, le fait de ne pas faire “pour” mais bien “avec”, sont des démarches essentielles des droits culturels. Elle a par la suite évoqué les questions d’adaptation auxquelles doit répondre le territoire du département de la Manche du fait de la montée des eaux et des tempêtes récentes. Pour Laurence Loyer-Camebourg, la formation est un enjeu crucial pour accompagner l’ensemble des acteur·trices et habitant·es du territoire dans les transitions RSE et écologiques.

    « Dans toutes nos conventions, nous posons ces questions et ces ambitions par écrit. Et nous le faisons en co-construction avec les acteur·rices, afin que ces questions ne restent pas lettre morte et soient suivies d’effets. »

    LLC copie
  • Sturm Production lance un  dispositif d’émergence et d’accompagnement professionnel

    Sturm Production lance un  dispositif d’émergence et d’accompagnement professionnel

    Avec seulement 14 à 17% de femmes sur scène, le secteur des musiques actuelles demeure en France l’un des secteurs plus discriminés. L’insertion professionnelle des créatrices et musiciennes après l’obtention de leur diplôme est particulièrement délicate, autant que, à tout âge, l’émergence et le lancement de leurs projets artistiques propres. Globalement, les musiciennes et créatrices sont sous-représentées, sous-financées, moins encouragées et moins valorisées que leurs collègues masculins dans le secteur musical.

    Dans ce contexte, la Sturm Production – organisatrice du festival Jazz à la Petite France et d’une saison musicale dédiée au matrimoine musical (dans toutes les esthétiques) à Strasbourg – souhaite expérimenter un nouveau dispositif d’émergence et d’accompagnement professionnel prenant en compte le genre, afin d’aider un groupe basé en région Grand Est à finaliser et lancer la création scénique d’un nouveau projet musical. Ce dispositif est co-financé par l’Union européenne au titre du Fonds social européen (FSE +) et par la Ville de Strasbourg, en partenariat, notamment, avec la Maison Bleue.

    • Ce dispositif vise à :

    •      – Faire émerger un nouveau projet musical porté par une ou des femmes*
    •      – Promouvoir la mixité sur scène : au moins 2 femmes* sur scène au-delà du duo
    •      – Soutenir une démarche de création musicale
    •      – Aider à la finalisation et au lancement d’un spectacle
    •      – Contribuer à l’insertion professionnelle du groupe

    Le groupe sélectionné bénéficiera de :

    • Une résidence de création de 5 jours, rémunérée, du 17 au 21 février 2024 à la Maison Bleue à Strasbourg, avec restitution devant des professionnel.les ;
    • Un concert final rémunéré, le samedi 16 mars 2024 à la Maison Bleue à Strasbourg ;
    • Une rencontre avec les publics pour présenter la démarche de création et le projet musical ;
    • 6 h d’accompagnement minimum, de janvier à mai 2024, sur des aspects spécifiques au lancement d’un projet (communication, booking, production, etc) ;
    • Une captation vidéo du concert et l’édition de 2 titres « live » + un shooting photo + une bio ;
    • L’établissement et/ou la finalisation de la fiche technique et du rider.

    Les déplacements depuis la région Grand Est et les hébergements du groupe à Strasbourg sont pris en charge. Les rémunérations respectent les minimums syndicaux de la convention Syndeac.

    Projet co-financé par l’Union européenne au titre du FSE + (30 000 €)

    // Musiques actuelles, jazz, musiques du monde et traditionnelles

    // Postuler avant le 10 novembre 2023 à minuit

    // Résultats annoncés avant le 31 décembre 2023

    // Candidatez en deux étapes :

    1. envoyer un mail à sturmproduction(@)gmail.com en précisant en objet « Candidature dispositif Music&lles » : donner le nom du groupe + 1 à 2 photos de groupe, en 72 dpi

    2. remplir le formulaire de candidature depuis ce lien

    // Critères de sélection du groupe :

    • être un groupe basé en Grand Est, composé de minimum 2 femmes* au-delà du duo et d’au moins
    33% de femmes* dans le groupe. Les groupes majoritairement ou 100% féminins peuvent postuler;

    • la direction artistique et musicale doit être assumée par l’une des femmes* du groupe;

    • proposer un répertoire original d’au moins 30 minutes en musiques actuelles ou jazz ou musiques
    du monde et/ou traditionnelles ; les esthétiques hybrides ou innovantes sont acceptées ;

    • ne pas avoir sorti plus d’un disque (commercialisé ou pas) sur le projet concerné ;

    • les membres du groupe doivent avoir plus de 18 ans, et moins de 40 ans en moyenne, à la date de
    clôture de l’appel à candidature ;

    • être disponible dans les dates et les périodes mentionnées ci-dessus ;

    • ne pas être signé au niveau national (par un label, un tourneur, un éditeur…) et avoir moins de 15
    dates par an en tant que groupe sur les 2 dernières années.

    *Femme, femme trans, non binaire.

  • 20 ans de Jazz Migration – Sortie de l’album live

    20 ans de Jazz Migration – Sortie de l’album live

    Repérer, accompagner, offrir un soutien professionnel et artistique complet, produire plus de 100 dates par an en France et à l’international pour la scène émergente française, est un rapide résumé de Jazz Migration, ce projet porté par AJC, réseau de festivals et de lieux de jazz.

    230 musicien·nes, plus de 1100 concerts, des jours et des heures de formation et d’accompagnement professionnel… aligner des chiffres aurait été chose trop aisée pour célébrer 20 années d’un dispositif devenu unique.

    Se rappeler son importance croissante, son influence de plus en plus étendue, son attention constante à la jeune création est un pas de plus vers la reconnaissance. Mais réunir sur scène 20 artistes passé·e·s par Jazz Migration parmi lesquels Emile Parisien, Théo Ceccaldi, Leïla Martial ou encore Laurent Bardainne le temps d’une soirée exceptionnelle c’est ainsi que nous avons souhaité fêter cet anniversaire !

    Le 30 novembre 2022, la Dynamo de Banlieues Bleues a vu se succéder rencontres improvisées, petites formations, grands ensembles, résurgences du passé comme nouvelles compositions avec l’un des plus beaux line-up que la scène jazz et musiques improvisées française a connu.

    Du duo Parisien/Ceccaldi, de la valse des 20 ans offerte par Leïla Martial, Christophe Girard et Héloïse Divilly, de Guillaume Machaut revisité par Hélène Duret, Morgane Carnet, Fidel Fourneyron et Raphaël Quenehen, d’une Limousine de Laurent Bardainne pimpée par un quatuor à cordes avec Clément Janinet, Bruno Ducret, Maëlle Desbrosses, Théo Ceccaldi, du free énervé de Morgane Carnet et Aymeric Avice, jusqu’au clou final, une explosion des 20 musicien·nes sur un Steve Reich in Babylone à l’énergie déchaînée, ce sont plus de 2h30 de musiques à l’image de ce dispositif : ouvertes, variées et entières.

    Célébrer cet anniversaire sans réunir des artistes passé·es par Jazz Migration était chose impossible. Mais choisir parmi les plus de 200 musiciennes et musiciens qui ont fait de Jazz Migration ce qu’il est aujourd’hui n’était pas chose plus aisée. Autour et avec  Benjamin Flament, co-fondateur de Coax, leader de Radiation 10 et lauréat Jazz Migration en 2011 avec MeTaL-O-PHoNe, nous avons imaginé cet unique ensemble composé de 20 musicien·nes passé·es par les 20 années du projet.

    Aymeric Avice – trompette
    Jazz Migration 2009 avec Jean Louis 

    Laurent Bardainne – saxophone
    Jazz Migration 2006 avec Limousine

    Morgane Carnet – saxophone
    Jazz Migration #6 avec FANTôME

    Théo Ceccaldi – violon
    Jazz Migration 2014 avec Théo Ceccaldi Trio

    Maëlle Desbrosses – alto
    Jazz Migration #7 avec Suzanne

    Héloïse Divilly – batterie
    Jazz Migration #5 avec YOU

    Bruno Ducret – violoncelle
    Jazz Migration #6 avec La Litanie des Cimes

    Hélène Duret – clarinette
    Jazz Migration #7 avec Suzanne

    Fidel Fourneyron – trombone
    Jazz Migration #1 avec Un Poco Loco

    Christophe Girard – accordéon
    Jazz Migration #4 avec Mélusine

    Christophe Hache – contrebasse
    Jazz Migration 2005 avec Stefan Orins Trio

    Clément Janinet – violon
    Jazz Migration #6 avec La Litanie des Cimes

    Paul Jarret – guitare
    Jazz Migration #2 avec Pj5

    Antonin Leymarie – batterie
    Jazz Migration 2012 avec Impérial Quartet

    Leïla Martial – voix
    Jazz Migration 2014 avec Leïla Martial Group

    Sébastien Palis – piano
    Jazz Migration 2013 avec Papanosh

    Emile Parisien – saxophone
    Jazz Migration 2009 avec Emile Parisien Quartet

    Raphaël Quenehen – saxophone
    Jazz Migration 2015 avec Petite Vengeance

    Anne Quillier – piano
    Jazz Migration #2 avec Watchdog

    Jean-François Riffaud – basse
    Jazz Migration #1 avec Electric Vocuhila

    Benjamin Flament – coordination artistique
    Jazz Migration 2011 avec MeTaL-O-PHoNe