Auteur/autrice : Ajc Jazz

  • À  LA RENCONTRE DE LA FRATERNELLE – MAISON DU PEUPLE À SAINT CLAUDE, PARRAIN DU GROUPE OASIS BOOM (JM#11)

    À LA RENCONTRE DE LA FRATERNELLE – MAISON DU PEUPLE À SAINT CLAUDE, PARRAIN DU GROUPE OASIS BOOM (JM#11)

    AJC vous propose de découvrir les parrains derrière les groupes lauréats du programme Jazz Migration. Ce second portrait est consacré à La Fraternelle – Maison du Peuple et parrain du groupe OASIS BOOM de la promotion Jazz Migration #11 qui sera en tournée en Mars.

    À Saint-Claude, dans le Haut-Jura, La Fraternelle – Maison du Peuple, raconte une histoire à part. Inaugurée au début du XXe siècle, née d’une coopérative ouvrière et d’un idéal d’émancipation culturelle, elle est aujourd’hui un centre culturel pluridisciplinaire où le jazz tient sa place. Depuis la création de JazzAuBistro en 1988, cette musique habite les murs et participe pleinement à l’identité du lieu : un espace d’écoute, de proximité et de liberté artistique. Dans un lieu ouvert presque toute l’année, l’art se vit au quotidien, un quotidien où se croisent artistes, habitant.e.s et bénévoles.

    Fidèle à cet esprit d’engagement et de collectif, La Fraternelle accompagne depuis un an le groupe Oasis Boom, lauréat de Jazz Migration #11. Un parrainage qui coule de source : soutenir une musique vivante, collective, exigeante, et résolument tournée vers le monde.

    Équipe de La Fraternelle – Maison du Peuple

    Trois questions à Christophe Joneau, directeur de La Fraternelle : 

    Pourquoi est-il essentiel que La Fraternelle existe aujourd’hui à Saint-Claude ?

    La Maison du peuple a été inaugurée en 1910. C’est un lieu patrimonial riche d’une histoire politique nourrie de son passé de coopérative ouvrière et de son projet d’utopie concrète. L’association La fraternelle est le centre culturel pluridisciplinaire du Haut-Jura. Ses programmations rassemblent : cinéma, musique, danse, imprimerie (typographie et sérigraphie), artothèque, éducation populaire et artistique, résidences, pratiques des amateurs, service archivistique, visites guidées, café associatif. Chaque année ce sont 50 000 personnes qui fréquentent, participent à ses activités. C’est également un lieu de vie, de rencontres, de débats, de conférences, de temps festifs, ouvert 361 jours par an.

    © Dominique Chappard 

    Qu’est-ce qui fait que l’expérience de La Fraternelle est différente d’un autre centre culturel « classique », pour les artistes comme pour les habitant.e.s ? 

    Une des singularités de La fraternelle est que toutes les équipes, artistiques et techniques, qui viennent travailler à la Maison du peuple sont logées sur place. Cela crée des temps de rencontres avec les publics, les membres de l’association, l’équipe salariée. Le Café, la cour en été, sont des lieux de proximité, propices aux échanges. Cela contribue à la désacralisation de l’art et des artistes, à des relations directes, parfois animées, surtout pour des formes à fortes représentations, danse contemporaine, arts visuels, le jazz….

     © Dominique Chappard

    Le jazz fait partie intégrante du projet. Qu’est-ce que cette musique apporte à l’esprit du lieu et à votre manière de travailler ?

     JazzAuBistro existe depuis 1988 par un groupe de jeunes bénévoles, quelques années après la création de l’association La fraternelle qui a pris la suite de la coopérative La Fraternelle en 1984. Cette musique fait partie des murs. Le disque de l’ARFI Jazz et typo a été enregistré dans l’Imprimerie. Tony Hymas et Catherine Delaunnay ont en registré No Borders au Café il y a peu. La scène est si riche, si diverse. Cette musique est synonyme de liberté, d’engagement, de collectif, de proximité. Il est fondamental pour nous de continuer à faire vivre l’esprit intimiste du café-concert, de la salle à taille humaine, de cet espace d’écoute et de discussions entre les artistes et le public d’après-concert. Parfois très tard…

    © La Fraternelle 

    À travers le parrainage d’Oasis Boom, La Fraternelle affirme son attachement à une scène qui refuse les étiquettes. Formé par Melissa Acchiardi et Vincent Duchosal, le duo batterie / guitare pourrait évoquer une formule rock classique. Mais leur musique déborde rapidement ce cadre.

    Sur scène, tout se déploie dans une pièce au long cours, Cactus Bus, traversée sonore sans interruption où les styles se croisent et se transforment. Rock tendu, surf-music, nappes drone, pulsations presque électroniques, moments plus suspendus : l’ensemble avance d’un seul mouvement, direct et habité. Les paysages semblent défiler, terres volcaniques, poussières désertiques, horizons brûlants, tandis que le duo joue des contrastes, mêlant tension électrique et fragilité mélodique.

     

    Retrouvez Oasis Boom en Tournée :

    17/03/2026 Festival les Détours de Babel / Grenoble
    18/03/2026 IMFP / Salon de provence
    21/03/2026 Le Cendar / Pau 

  • Nouvelle étude – Les structures de diffusion du Jazz en France

    Nouvelle étude – Les structures de diffusion du Jazz en France

    Cette parution actualise et complète une première édition, sortie il y a désormais plusieurs années, et offre un regard précis sur les réalités de diffusion du jazz et sur l’évolution du secteur.Mise à jour avec les données 2023-2024, cette étude permet de mieux comprendre l’activité des membres du réseau et les dynamiques qui traversent aujourd’hui la diffusion du jazz. Depuis plus de trente ans, les festivals et lieux réunis au sein d’AJC portent des projets citoyens, innovants et profondément ancrés dans leurs territoires.Les éléments rassemblés ici offrent une photographie précise des modèles économiques, des enjeux de développement, des forces et fragilités du secteur, ainsi que des perspectives pour les années à venir. Au-delà des chiffres, ils mettent en lumière le rôle crucial des membres du réseau : créateurs d’emplois, fédérateurs de publics, acteurs de lien social et porteurs d’un modèle non lucratif fondé sur l’intérêt général.Cette publication invite à une attention renouvelée et à un accompagnement renforcé de la part des pouvoirs publics et des partenaires. Car, par la création, la diffusion et la médiation, ils défendent une vision du jazz comme espace de rencontres, d’expérimentation et de liberté, plus essentielle que jamais.

  • À  LA RENCONTRE DU BISIK À LA RÉUNION, PARRAIN DU GROUPE SĖLĒNĘ (JM#10)

    À LA RENCONTRE DU BISIK À LA RÉUNION, PARRAIN DU GROUPE SĖLĒNĘ (JM#10)

    AJC vous propose de découvrir les parrains derrière les groupes lauréats du programme Jazz Migration. Le premier portrait est consacré au Bisik à La Réunion, parrain du groupe Sėlēnę de la promotion Jazz Migration #10 qui sera en tournée en France en Novembre.

    À Saint-Benoît, au cœur de l’Est de La Réunion, la salle du Bisik ne se contente pas d’accueillir des concerts : elle façonne la scène musicale locale. À sa tête, Pascal Saint Pierre, directeur passionné, œuvre depuis plus de six ans pour l’Émergence, la Diffusion et l’Engagement territorial. Véritable tremplin pour les artistes, le Bisik propose des résidences et des scènes ouvertes qui permettent à la création réunionnaise de se développer et de rayonner.

    Plus qu’une salle de concert, le Bisik est un lieu de convivialité, d’échange et de partage d’émotions, un espace vivant où se tissent des liens entre artistes, publics et partenaires. Cette année, il célèbre ses dix ans, avec une équipe qui travaille d’arrache-pied pour obtenir un conventionnement pluriannuel et pluripartenarial, fondé sur un projet artistique et culturel ambitieux, au service du territoire de la micro-région Est.  

     

    Équipe du Bisik (de gauche à droite : Mickaël Nava, Océane Soubama, Nicolas Bénard, Emmeline Dérand, Sophie Fontaine, Maylee Sautron, Vincent Permal et Pascal Saint Pierre)

    Trois questions à Pascal Saint Pierre, Directeur du Bisik :

    Comment définiriez-vous le projet artistique et culturel que porte le Bisik?

    Notre projet artistique et culturel est structuré autour de trois accords majeurs qui rythment l’action du Bisik. Le premier est l’Émergence : nous sommes un lieu de soutien, offrant aux artistes une plateforme de développement et des ressources professionnelles indispensables pour structurer leurs projets. Le deuxième est la diffusion : nous garantissons une programmation éclectique et exigeante, un point de rencontre entre la création locale (Zone OI) et nationale, tout en valorisant fortement nos musiques traditionnelles. Enfin, notre action est indissociable des Projets de Territoire et de la Médiation culturelle ciblée. Face au Déséquilibre culturel de l’Est, notre mission est cruciale : ouvrir l’accès, aiguiser la curiosité des publics et lutter contre l’éloignement des publics de la culture. En somme, le Bisik est un acteur incontournable et essentiel qui construit des ponts entre la richesse artistique et les populations de ce territoire.

     

    Que met en place le Bisik pour accompagner la scène musicale réunionnaise et en particulier la scène émergente?

     Notre engagement envers la scène musicale réunionnaise est structuré et volontariste, agissant sur les leviers de l’Émergence et de la Professionnalisation. Nous mettons en place un dispositif d’accompagnement complet, notamment l’accueil en résidence artistique, permettant aux groupes de structurer leur projet scénique dans des conditions techniques optimales. De plus, nous cultivons la détection de talents bruts via nos soirées (K)ozé, nos scènes ouvertes, offrant une liberté d’expression unique à toutes les oralités. Au-delà de la scène, nous offrons des ressources professionnelles (dans le réseau 3R conduit par le PRMA) et assurons l’exposition de l’émergence. C’est dans cette logique de soutien actif que nous avons parrainé le groupe Sėlēnę pour le prestigieux dispositif national Jazz Migration ; leur sélection est une immense fierté pour nous et pour toute la scène locale. Le Bisik agit ainsi comme un véritable laboratoire de la création locale et une plateforme de lancement essentielle.

     

    Le Bisik a rejoint AJC il y a près de 5 ans maintenant, comment le Bisik parvient-il à s’inscrire dans des dynamiques collectives autant sur l’île avec les autres lieux qu’avec des partenaires hexagonaux?

    L’une des forces majeures du Bisik est sa capacité à s’inscrire dans des dynamiques collectives solides, un travail essentiel pour notre structure en développement desservant un bassin de vie à enjeux à l’Est de La Réunion. Sur l’île, nous opérons dans une logique de complémentarité et de solidarité avec les autres lieux structurants (le Kabardock, La Cité des Arts, le Kerveguen, le Théâtre Les Bambous,…) ainsi qu’avec le Pôle Régional des musiques actuelles et l’ensemble du tissu associatif local. Cette mutualisation des forces est vitale pour structurer la filière, assurer la circulation des artistes et l’excellence professionnelle. À l’échelle nationale, notre adhésion à AJC (Association Jazzé Croisé), il y a près de cinq ans, a été un catalyseur. Elle nous ouvre des portes vers des réseaux de diffusion et de production en France Hexagonale, assurant une meilleure visibilité pour nos artistes et permettant à la création réunionnaise de franchir l’océan. En conclusion, le Bisik a su transformer ses défis initiaux en une force motrice de réseau. En étant profondément ancré localement tout en étant connecté nationalement, nous optimisons l’impact de nos trois accords majeurs : Émergence, Diffusion, et Projets de Territoire, au bénéfice de l’ensemble de la scène locale.

    Parmi les réussites qui témoignent de cet engagement, le parcours du groupe Sėlēnę, parrainé par le Bisik, illustre parfaitement la portée du travail mené par la structure. Lauréat de la promotion #10 du programme Jazz Migration 2024, le trio entame en novembre une tournée en France avec huit dates. Cette tournée nationale représente une formidable vitrine pour la création réunionnaise et souligne le rôle du Bisik dans la mise en réseau des artistes insulaires avec la scène musicale hexagonale.

    Et pour mieux comprendre l’univers de ce trio singulier, plongée dans leur musique :
    https://jazzmigration.bandcamp.com/album/jazz-migration-10-s-l-n 

    Au royaume de la musique rebelle, Sėlēnę trône sur des mondes multiples, puissants et psychédéliques, électriques, onirique et surréaliste. Sėlēnę, c’est un mélange de caractère(s). Forgé à la Réunion, Mélanie Badal, violoncelliste, est à l’origine de ce répertoire classique joyeusement bousculé, dès 2018, par les accents de musique électroacoustique. Blaise Cadenet guitariste-alchimiste, s’est glissé dans les volutes du projet. Terrain rêvé pour Mahesh Vingataredy, batteur et percussionniste à la très riche expérience. Chez Sėlēnę, le téméraire fusionne avec le fragile, la vigueur frontale des effets avec la nostalgie des mélodies, jouées ou chantées, où quelques blessures passent pudiquement. Sėlēnę est un trio sensible où le monde entier fait nation, où la poésie efface les frontières. En cadence.

    © Sylvain Gripoix

    Retrouvez Sėlēnę en tournée : 

    • Mercredi 5 novembre – Phénix (Valenciennes)
    • Vendredi 7 novembre – Pannonica (Nantes)
    • Samedi 8 novembre – Charlie Jazz (Vitrolles)
    • Dimanche 9 novembre – Le Petit Faucheux (Tours)
    • Mercredi 12 novembre – Théâtre de Vanves (Vanves)
    • Vendredi 14 novembre – Jazz à l’Ouest (Rennes)
    • Samedi 15 novembre – [K]Rabo (Putanges-le-Lac)
    • Dimanche 16 novembre – 38 RIV (Paris)

    Plus d’infos

    Pour en savoir plus sur le Bisik : https://bisik.re/ 

  • WIZZ#2  Les lauréates

    WIZZ#2 Les lauréates

    Après un appel à candidatures lancé au printemps 2025, le programme WIZZ a dévoilé les dix lauréates de la seconde édition. Ce projet porté par Anne Paceo, batteuse et compositrice, et soutenu par Les Gémeaux et le festival Jazz sous les Pommiers, a pour objectif de donner plus de visibilité et de soutien aux jeunes musiciennes de jazz. WIZZ est un programme novateur à mi-chemin entre formation et mentorat et qui s’inscrit dans une démarche de sororité et d’accompagnement professionnel.

    Les dix lauréates de cette deuxième édition, âgées de 20 à 35 ans, viennent d’horizons divers et incarnent la diversité et la richesse du jazz contemporain.
    Si la première édition comptait Jasmine Lee, membre du quartet Marsavril du programme Jazz Migration #10, cette deuxième édition réunit deux autres musiciennes Jazz Migration ! Marion Ruault contrebassiste du groupe Nubu, (Jazz migration #10), et Rose Dehors, tromboniste au sein du groupe nit and dogs (Jazz migration #11)

    Voici la liste complète des lauréates sélectionnées pour cette édition,

    Victoria Alexanyan (30 ans, Lyon) – Chant

    Beryl Benveniste (20 ans, Paris) – Saxophones

    Selma Benlarbi (23 ans, Pantin) – Accordéon

    Amélie Michez (26 ans, Toulouse) – Batterie

    Rose Dehors (26 ans, Paris) – Trombone

    Stéphanie Furlan (26 ans, Nérac) – Saxophones

    Lou Guenet (28 ans, Paris) – Piano

    Fanny Martin (25 ans, Paris) – Flûte & Chant

    Marion Ruault (34 ans, Montreuil) – Contrebasse

    Melissa Weikart (30 ans, Paris) – Piano & Chant

    Véritable espace de création, de partage et de rencontres exclusivement dédié aux femmes, le projet WIZZ offre des clés aux jeunes musiciennes de jazz pour évoluer dans une scène encore trop dominée par les hommes. Avec un programme qui repose sur trois axes principaux :

    Le Volet Artistique : Sous la direction de Anne Paceo et Macha Gharibian, il propose un travail de création et d’arrangement, centré autour du « matrimoine » (répertoire de compositrices) et de réinterprétations des œuvres des lauréates elles-mêmes.

    Le Volet Métier : Des formations spécifiques abordant les enjeux professionnels de la musique – comme la structuration, la gestion de carrière, et la communication – avec des intervenantes expertes dans ces domaines.

    Le Volet Rencontre : Un espace privilégié d’échanges avec des figures emblématiques du jazz féminin, permettant aux lauréates de partager des expériences et d’apprendre de parcours inspirants.

    Les lauréates participeront à un premier winter camp à Coutances entre les 6 et 9 janvier 2026, puis à un summer camp du 8 au 11 juin 2026 à Sceaux. Comme pour l’édition précédente, WIZZ#2 se conclura par deux concerts de restitution, programmés le 12 juin 2026 dans le cadre du Sceaux Jazz Festival.

    Plus d’infos sur le site de la salle Les Gémeaux : https://www.lesgemeaux.com/spectacles/wizz/

  • AJC rend hommage à Jacques Panisset

    AJC rend hommage à Jacques Panisset

    C’est avec une immense tristesse que nous avons appris le décès de Jacques Panisset. Le choc est profond, tant il aura marqué notre réseau – et bien au-delà.

    Jacques était un grand professionnel du jazz, une figure essentielle de cette musique qu’il a tant défendue. À Grenoble, sa ville de cœur, il a été un acteur incontournable de la vie culturelle, faisant du Grenoble Jazz Festival une référence sur la scène européenne. A l’origine de l’AFIJMA en 1993, accompagnateur de sa transition vers AJC en 2013, il a contribué à structurer notre réseau et à faire vivre les nombreux projets que nous avons menés ensemble. Il a aussi porté cette voix au niveau européen avec un engagement sans faille au sein de l’EJN, où il était surnommé avec affection « le Chevalier ».

    Infatigable passeur, Jacques a œuvré pour les musiques qu’il aimait, qu’il soutenait – et qu’il jouait encore, jusqu’à récemment, avec la même passion.

    Jacques était de ces êtres rares, chaleureux, ouverts, profondément joyeux et dotés d’une grande intelligence. Chacun de nous garde en mémoire un moment partagé avec lui : une anecdote, une conversation, un rire. Des souvenirs souvent joyeux, toujours vrais et intenses, qu’il nous appartient désormais de partager, ou simplement de laisser résonner en nous.

    Nos pensées accompagnent Marie-Odile, sa compagne, ainsi que sa famille, ses proches et ses ami·es de toujours.

    Au nom d’AJC, et de toutes celles et ceux qui l’ont croisé et apprécié, nous lui adressons un immense merci.


    Le réseau AJC

  • Ecotour : cartographier les lieux de diffusion pour construire des tournées éco-responsables

    Ecotour : cartographier les lieux de diffusion pour construire des tournées éco-responsables

    Une cartographie collaborative des lieux de diffusion en France

    • Ecotour est un outil en ligne qui propose une cartographie interactive et collaborative des lieux de diffusion artistique en France, toutes disciplines confondues. Pensée comme une base de données évolutive, la plateforme rassemble théâtres, scènes de musiques actuelles, lieux pluridisciplinaires ou encore espaces indépendants, poursuivant 4 objectifs :
    •  
    • – L’optimisation économique des tournées
    • – L’amélioration des conditions de travail des équipes artistiques et techniques
    • – La réduction de l’impact environnemental du spectacle vivant
    • – L’augmentation du nombre de dates

    Construire des tournées cohérentes et moins carbonées

    En entrant un trajet entre deux lieux de diffusion (par exemple entre un concert en Bretagne et un autre en région parisienne), Ecotour permet de visualiser tous les lieux situés sur le parcours, et d’identifier des opportunités de programmation supplémentaires. Cela offre aux artistes et aux équipes la possibilité de densifier les tournées, en sollicitant des salles situées sur la route, et ainsi celle de réduire l’impact carbone lié aux déplacements peu optimisés.

    Un outil adapté aux réalités du spectacle vivant

    Pour les projets jazz comme pour d’autres disciplines du spectacle vivant, Ecotour se révèle particulièrement pertinent : il accompagne les professionnel·les (tourneurs, chargé·es de diffusion, artistes indépendant·es) dans la recherche de dates complémentaires, tout en tenant compte des enjeux environnementaux. Il constitue aussi un levier de dialogue avec les programmateur·rices et les réseaux territoriaux, en favorisant des logiques de mutualisation et de coordination.

    Une démarche collective et évolutive

    Ecotour repose sur une logique collaborative : chacun·e peut enrichir ou corriger la base de données participant ainsi à son développement. Accessible gratuitement, la plateforme a été pensée comme un bien commun au service de la transition écologique du spectacle vivant. Pour chaque date obtenue via la plateforme, une contribution volontaire de 30 euros est attendue.

    🟢 En accès libre sur : www.ecotourspectacle.fr

  • Les festivals de l’été 2025

    Les festivals de l’été 2025

    Voici un récapitulatif des festivals du réseau AJC qui auront lieu de juin à septembre ! Avec plus de trente manifestations, les esthétiques représentées se trouvent être aussi différentes que les formats imaginés et, évidemment, les lieux mis à l’honneur.

  • Jazz With #2 – The laureates

    Jazz With #2 – The laureates

    AJC Unveils the 3 New Jazz With Laureates!

    For its second edition, Jazz With reaffirms its ambition: to support the creation and circulation of jazz on a European scale. From over 80 applications received, three projects have been selected: BONBON FLAMMEGARDEN OF SILENCES, and LOTUS FLOWERS.

    Three distinct musical worlds, united by a shared European spirit.

    Driven by artists from across Europe — Sweden, Germany, Belgium, and Portugal — these groups embody the vitality of a dynamic and ever-evolving European jazz scene. BONBON FLAMME unleashes wild energy blending jazz, noise, deconstructed blues, and groove; LOTUS FLOWERS offers a free and inspired jazz, as lyrical as it is politically engaged; while GARDEN OF SILENCES explores minimalism through suspended breath, poetic tension, and resonant silences.

    Support and Promotion

    The three laureates will perform at the upcoming Rencontres AJC — taking place from December 1 to 3, 2025 — before an audience of programmers, journalists, institutions, and industry professionals from across Europe. This event marks the starting point of an enhanced circulation effort. Each group will receive a grant to support their touring and customized assistance tailored to real-world needs: networking opportunities, structural support, and logistical help with touring.

    A Reaffirmed European Vision

    Thanks to AJC’s strong presence in France and throughout Europe, Jazz With reinforces its mission: to support ambitious artistic projects, promote their dissemination, and position the French jazz scene as an active player within a vibrant and creative European jazz landscape. Following the 2024 laureates — Cheel, T.I.M, and Weave 4 — our three new awardees continue this collective journey toward a transnational, forward-looking jazz.

    Welcome!

    BONBON FLAMME

    © István Huszti

    EN : A wind from a fantasised Mexico blows and fans the flames of the quartet created by cellist Valentin Ceccaldi. Inspired by the taste of lemons and the mystical atmosphere of Dia de los Muertos, a brightly coloured, tangy and spicy music is played, shaken, shaped and triturated by Luís Lopes’s guitar, Fulco Ottervanger’s keyboards and Etienne Ziemniak’s drums. Exploring our relationship with our ancestors as much as the explosiveness of the present, the four partners invite us to a pagan feast that celebrates contrasts, from caresses to uppercuts, from chaos to hugs, for a moment that’s both sensitive and furious.

    Valentin Ceccaldi (FR) – Cello
    Fulco Ottervanger (BE) – Keyboards
    Luis Lopes (PT) – Guitar
    Etienne Ziemniak (FR) – Drums

    FR : Une bourrasque en provenance d’un Mexique fantasmé souffle et attise le feu du quartet créé par le violoncelliste Valentin Ceccaldi. Inspirée du goût des citrons et de l’atmosphère mystique du Dia de los Muertos, une musique aux couleurs vives, acidulée et pimentée se déploie, secouée, façonnée et triturée par la guitare de Luis Lopes, les claviers de Fulco Ottervanger et la batterie d’Etienne Ziemniak. Interrogeant autant notre rapport aux ancêtres que la puissance et l’explosivité du présent, les quatre complices nous convient à une grande fête païenne qui célèbre les contrastes, de la caresse à l’uppercut, du chaos au câlin pour un moment sensible et furieux.

    Valentin Ceccaldi (FR) – Violoncelle 
    Fulco Ottervanger (BE) – Claviers
    Luis Lopes (PT) – Guitare
    Etienne Ziemniak (FR) – Batterie

    GARDEN OF SILENCES

    © Stanislas Augris

    EN : With this new European quartet, Clément Janinet explores new territories on the borders of jazz and baroque music with Arve Henriksen on trumpet, Ambre Vuillermoz on accordion, and Robert Lucaciu on double bass. Buxtehude and Dowland and Pharoah Sanders debate with the Swedish nyckelharpa, Marin Marais with virulent improvisation and microtonal music, and dances and folk songs from the oral tradition with contemporary chamber music.

    Clément Janinet (FR) – Violon
    Arve Henriksen
    (NO) – Trumpet
    Ambre Vuillermoz
    (FR) – Accordion
    Robert Lucaciu
    (DE) – Double bass

    FR : Avec ce nouveau quartet européen, Clément Janinet explore de nouveaux territoires aux frontières du jazz, des musiques baroques en compagnie d’Arve Kenriksen (NO) à la trompette, d’Ambre Vuillermoz (FR) à l’accordéon et de Robert Lucadu (DE) à la contrebasse. Buxtehude, Dowland et Pharoah Sanders débattent avec le nyckelharpa suédois, Martin Marais avec l’improvisation virulente et la musique microtonale, les danses et chants populaires de tradition orale avec la musique de chambre contemporaine.

    Clément Janinet (FR) – Violon
    Arve Henriksen (NO) – Trompette
    Ambre Vuillermoz (FR) – Accordéon
    Robert Lucaciu (DE) – Contrebasse

    LOTUS FLOWERS

    © Jérôme Prébois

    EN : The composition of Bruno Angelini’s new repertoire pays tribute to the lotuses of our history: Wayne Shorter, Jane Addams, Berta Cacerès, and Nelson Mandela, each of whom, in their own way, worked for the common good, to preserve our planet and ease human relations. Following on from Transatlantic Roots, which honored counter-culture and social struggles in the United States, the core of Bruno Angelini’s compositions is made up of committed melodies, which the pianist and saxophonists Sakina Abdou and Angelika Niescier perform with raw lyricism and a great deal of freedom, sometimes deconstructing them with a sound and aesthetic close to free jazz, infused with blues.

    Bruno Angelini (FR) – Piano
    Sakina Abdou
    (FR) – Tenor saxophone
    Angelika Niescier
    (DE) – Alto saxophone

    FR : L’écriture du nouveau répertoire de Bruno Angelini rend hommage aux lotus de notre histoire, Wayne Shorter, Jane Addams, Berta Cacerès ou encore Nelson Mandela, qui chacun·e à leur manière ont œuvré au bien commun, pour préserver notre planète et apaiser les relations humaines. Dans la continuité de « Transatlantic Roots » qui honorait la contre-culture et les luttes sociales aux Etats-Unis, le cœur des compositions de Bruno Angelini est constitué de mélodies engagées, que le pianiste et les saxophonistes Sakina Abdou et Angelika Niescier interprètent avec un lyrisme brut et beaucoup de liberté, les déstructurant parfois avec un son et une esthétique proche d’un free jazz empreint de blues.

    Bruno Angelini (FR) – Piano
    Sakina Abdou
    (FR) – Saxophone ténor
    Angelika Niescier
    (DE) – Saxophone alto

    JAZZ WITH #2 IN FIGURES

  • Mobilisation et Coopération Arts et Culture

    Mobilisation et Coopération Arts et Culture

    Relance de la MCAC : déclaration d’intention

    En mars 2020, la « Mobilisation et Coopération Arts et Culture » (MCAC) était lancée par une quarantaine d’organisations du champ des arts et de la culture pour accompagner le secteur culturel, notamment de l’Économie sociale et solidaire (ESS), dans sa gestion de la crise COVID.

    Espace d’interconnaissance, de partage d’information, d’accompagnement et de ressources, de prises de positions, de plaidoyer et de préconisations politiques, la MCAC, entretenue par cette quarantaine de réseaux, fédérations et organisations professionnelles, et coordonnée par l’UFISC, a joué un rôle certain dans cette période, notamment en termes d’orientation des politiques publiques.

    Aujourd’hui, le secteur culturel est à nouveau confronté à une double crise majeure, d’une part austéritaire et d’autre part réactionnaire, qui impacte plus largement l’ensemble du champ associatif et de l’ESS : la solidarité internationale, l’éducation populaire, le social, la santé, le sport, les droits des femmes, l’insertion par l’activité, l’environnement et bien d’autres champs encore… Pour autant, elle est cette fois la conséquence de choix budgétaires et politiques et non pas de l’irruption soudaine et subie d’un virus. Ces choix peuvent et doivent être discutés, mis en débat, combattus, transformés. Ils nous exhortent à anticiper des capacités d’actions collectives et transsectorielles à court, moyen et long terme.

    En effet, partout, les coupes budgétaires se multiplient et ébranlent le tissu artistique et culturel de proximité et ses milliers d’initiatives privées citoyennes sur les territoires. La programmation financière faite par le gouvernement pour 2025 taille largement dans le budget du ministère de la Culture. L’action culturelle et l’éducation artistique et culturelle, garantes de la participation de toutes et tous à la vie culturelle, sont les premières touchées. L’année 2026 s’annonce encore plus catastrophique, Bercy contraignant à considérer 2025 comme un plafond et à diminuer tous les budgets ministériels (voir à ce sujet la circulaire du 3 avril 2025 du ministère de l’Économie). Le tissu artistique et culturel de proximité sera sacrifié sur l’autel de la dette, au côté de l’ensemble du champ associatif et de l’ESS.

    Sur les territoires, les perspectives budgétaires, qu’elles soient la conséquence de choix politiques déterminés ou de baisses de dotations subies, sont tout aussi désastreuses. La coupe monstrueuse et idéologique contre les structures associatives d’intérêt général opérée par la région Pays-de-la-Loire est l’arbre qui cache la forêt. Une large majorité de régions affichent un budget culture en baisse. Par dizaines, des départements font état de diminutions plus ou moins drastiques de leurs crédits culture, à l’instar de nombreuses villes et intercommunalités.

    Par effet domino, les structures les plus fragiles sont les plus touchées. La situation constitue un véritable plan social à bas bruit, qui amenuise la capacité de mise en œuvre des droits culturels des personnes. Les coupes, tout aussi violentes dans bien d’autres domaines, sont couplées à des menaces croissantes contre la démocratie et les droits humains fondamentaux. Les atteintes aux libertés associatives et de création, pourtant essentielles, se multiplient. Alors que les repères sont bouleversés et que les défis existentiels obligent à revoir nos modes de vie, spécialement face aux bouleversements climatiques, les initiatives citoyennes, forces de transformation et de pouvoir d’agir, sont fortement précarisées.

    Et cela dans un contexte global de puissante montée des idées de l’extrême droite. Où les volontés réactionnaires, porteuses du conservatisme, de l’autoritarisme et de la pensée de l’inégalité qui les constituent, dévoilent leurs attaques contre les services publics et le champ de l’intérêt général en France, en Europe ou à l’international. Où le capitalisme de plus en plus financiarisé et malade d’une course aux profits et à la croissance sans limite, poursuit sa volonté de faire du champ associatif un simple attribut du marché.

    Nous l’affirmons : ce champ de l’intérêt général est crucial pour défendre l’exercice des droits humains et contribuer au lien social.

    Face à cet état de fait, il nous faut réagir et porter haut et fort la défense de la diversité artistique et culturelle et des droits humains fondamentaux, notamment culturels, et le renforcement du service public et du champ de l’intérêt général comme un commun à coconstruire, porteur de libertés, d’égalité, de fraternité et de sororité. Nous devons réaffirmer que c’est la multitude des forces citoyennes, ancrées dans tous les territoires, que nous représentons ou défendons (dont plus de 340 000 associations culturelles, aux côtés d’innombrables autres initiatives d’utilité sociale) qui permet d’agir et de prendre soin des relations, de créer des espaces de culture, de débat et de solidarités, de soutenir les luttes contre les restrictions de libertés et pour la défense des droits fondamentaux, de consolider la démocratie en actes. Plus que jamais, il nous faut renforcer les coopérations, construire des solidarités et mener la bataille culturelle.

    C’est ce que nous souhaitons porter à travers la « Mobilisation et Coopération Arts et Culture » relancée en avril dernier. Nous sommes déjà près de 50 organisations collectives se reconnaissant dans ces valeurs et partageant ce désir d’agir, nourries de toutes les forces citoyennes qui les constituent : équipes artistiques, lieux associatifs, lieux intermédiaires, structures d’accompagnement, espaces de pratiques et écoles, radios, médias, festivals, collectifs…

    Nous invitons celles et ceux qui se reconnaîtront dans cette initiative à rejoindre la mobilisation et participer à nos actions.

    Nous nous engageons à :

    • Nous mobiliser pour d’autres politiques et arbitrages budgétaires et une ambition pour la diversité et la solidarité ;
    • Coproduire de l’analyse partagée à partir des remontées et observations de terrain et du travail prospectif afin d’en tirer des enseignements pour des propositions à court et long terme ;
    • Activer des actions de solidarités, d’appui et d’accompagnement par nos réseaux ;
    • Participer aux mobilisations sectorielles et intersectorielles, invitant à une convergence des luttes pour la défense des droits fondamentaux.

    D’autres choix sont possibles, d’autres voies restent ouvertes, un autre avenir est à portée de mains !

     

    Communiqué du 19 mai 2025,
    la Mobilisation et Coopération Arts et Culture – MCAC 2025


    Les signataires

    • AJC – Réseau de la diffusion du jazz en France et en Europe
    • ALiiCe – Association des Lieux intermédiaires et indépendants du Centre-Val de Loire
    • CAC – Collectif des Associations Citoyennes
    • Chorégraphes Associé.e.s – Syndicat des auteurs chorégraphes
    • CIPAC – Fédération des professionnels de l’art contemporain
    • CITI – Centre International pour les Théâtres Itinérants
    • CNFR- Confédération Nationale des Foyers Ruraux
    • CNRA – Confédération Nationale des Radios Associatives
    • Collectif Musiques et Danses du Monde en Île-de-France
    • COMBO 95 – réseau des musiques actuelles en Val d’Oise
    • COOP Culture – Réseau des Coopératives d’Activité et d’Emploi Culture
    • Culture Bar-Bars – Fédération Nationale des Cafés et Clubs Cultures
    • FAMDT – Fédération des acteurs et Actrices des Musiques et Danses Traditionnelles
    • FEDELIMA – Fédération des lieux de musiques actuelles
    • Fédération de l’Art Urbain
    • FEMA – fédération des musiques actuelles de Bourgogne-Franche-Comté
    • FERAROCK – Fédération des radios associatives de découverte musicale
    • FéRue – Fédération des arts de la rue en Île-de-France
    • FNAR – Fédération nationale des arts de la rue
    • FNEIJMA – Fédération Nationale des Écoles d’Influence Jazz et Musiques Actuelles
    • FNGEC – Fédération Nationale des Groupements d’Employeurs Culture
    • FRAAP – Fédération des réseaux et associations d’artistes plasticiens et plasticiennes
    • FRACAMA – Fédération et Pôle Musiques Actuelles Région Centre-Val de Loire
    • France Festivals – Fédération des festivals de musique et du spectacle vivant
    • Futurs Composés – Réseau national de la création musicale
    • Grands Formats – Fédération nationale des grands ensembles et collectifs d’artistes de jazz et de musiques improvisées
    • HAUTE FIDÉLITÉ – Pôle régional des musiques actuelles Hauts-de-France
    • IASTAR – RADIO CAMPUS FRANCE – Fédération nationale de radios associatives d’initiative étudiante
    • Le Pôle de coopération pour la filière musicale en Pays de la Loire
    • Les Allumés du Jazz
    • Les Locales – Union des représentations nationales des radios associatives crée par la CNRA et le SNRL
    • Les Localos – Association nationale de développement local
    • Métiers Culture – Coopération des acteur·rices de l’emploi, de la formation et de la culture en région Centre-Val de Loire
    • OCTOPUS – Fédération des musiques actuelles en Occitanie
    • Opale – Pôle ressources « Culture & ESS »
    • PAM – Pôle de coopération des Acteurs de la filière Musicale en Région Sud & Corse
    • RamDam – réseau national des musiques jeune public
    • RIF – Réseau des musiques actuelles en Île-de-France
    • RIM – Réseau des Indépendants de la Musique
    • RNCAP – Réseau National du Conte et des Arts de la Parole
    • Seize Mille – réseau art contemporain Bourgogne – Franche-Comté
    • SMA – Syndicat des Musiques Actuelles
    • SNRL – Syndicat National des Radios Libres
    • SUPERMAB – Espace de coopération pour les musiques actuelles en Bretagne
    • THEMAA – Association nationale des théâtres de marionnettes et des arts associés
    • UFISC – Union Fédérale d’Intervention des Structures Culturelles
    • Zone Franche, le réseau des Musiques du Monde
  • Communiqué – Alerte sur la diversité artistique et culturelle !

    Communiqué – Alerte sur la diversité artistique et culturelle !

    La politique du gouvernement se fera-t-elle avec ou contre la culture dans les territoires ?

    Mardi 14 janvier, la ministre a présidé le CNPS et a assuré aux organisations présentes et aux représentant·es de collectivités territoriales qu’elle maintiendrait le budget du ministère de la culture. L’UFISC l’a alors interpellée sur le fléchage de ce budget vers les structures les plus fragiles, appelant à une politique culturelle de la diversité et de la solidarité !

    Vendredi 17 janvier, vive incompréhension face à un amendement gouvernemental qui réduit les budgets du ministère de la culture de 41 millions d’euros pour la création artistique et 33 millions pour la délégation aux territoires et à la démocratie culturelle ! Est-ce une nouvelle baisse qui ferait suite à l’amputation de 200 millions d’euros du budget de la culture de 2024 décidé par décret gouvernemental ? Quelle lecture faut-il avoir de ces diminutions alors que la ministre annonce parallèlement la création d’un fonds d’urgence ?

    Nous souhaitons une véritable ambition pour la diversité artistique et culturelle. Lors de son discours en CNPS, la ministre a paru remettre en cause la hauteur des financements du FONPEPS, aides à l’emploi indispensables au secteur du spectacle. Face aux désengagements des collectivités, sans expression publique sur la coupe catastrophique opérée par la Région Pays de la Loire auprès du tissu associatif, en particulier culturel, elle a proposé une liste des structures qui seraient dites « d’intérêt national » à sanctuariser. Et que resterait-il alors pour les autres ? Celles qui font la diversité artistique et culturelle, la création dans ses multiples formes, les relations de proximité et de participation, le travail quotidien d’éducation populaire et d’émancipation ? Seront-elles incluses dans le « fonds d’urgence » voulu par la ministre ? Majoritairement exclues du plan Mieux produire Mieux diffuser, seront-elles prises en compte et invitées à participer à la construction des contrats de territoire de la création artistique ? Ou ce nouveau contrat sera-t-il seulement une manière déguisée de sécuriser les structures les plus solides ?

    Aujourd’hui, c’est tout l’écosystème artistique et culturel qui serait mis en danger par une décision du gouvernement de baisser drastiquement les budgets de la culture. Nous savons qu’une telle baisse risquerait de renforcer encore la concentration des moyens des DRACs et des collectivités territoriales sur leurs opérateurs, déniant le rôle du tiers secteur culturel, tissu associatif et d’économie sociale et solidaire.

    Faut-il le rappeler, la majorité du champ artistique et culturel, dans le spectacle, les arts visuels, les radios, l’audiovisuel, etc. est constitué de structures non lucratives et d’utilité sociale qui souffrent d’une précarité aiguë. Ce sont des équipes artistiques, des lieux associatifs, des lieux intermédiaires, des espaces de pratiques et des écoles, des médias citoyens, des festivals, des collectifs citoyens… qui maillent les territoires locaux. Leurs modèles économiques sont tendus, l’inflation pèse sur les salaires modestes, la tension croit fortement sur leurs emplois.

    Or ces structures poursuivent inlassablement leur travail pour plus de participation de nos concitoyen·nes à la vie artistique et culturelle. Elles sont en effet convaincues que l’art et la culture sont un ferment puissant pour construire du commun, que l’art et la culture sont indispensables à la liberté des personnes, que l’art et la culture permettent la relation, le partage et la solidarité. Elles sont présentes et fortement ancrées sur l’ensemble du territoire national, et notamment dans les territoires ruraux, ceux-là même qui sont mis en avant dans le Plan Culture et Ruralité défendu par la ministre et dans lesquels elles montrent toute leur capacité d’invention, d’adaptation et de mise au travail des droits culturels des personnes.

    Nous affirmons nos engagements de mobilisation et de coconstruction de cet intérêt général si nécessaire aujourd’hui !

    Nous demandons le retrait de toute baisse des crédits du ministère de la Culture dans le projet de loi de finances 2025 et le redéploiement des crédits du Pass Culture individuel pour soutenir le tissu culturel d’intérêt général.

    Nous exigeons que le tiers secteur culturel soit partie prenante des discussions et des concertations au niveau national et territorial.

    Nous demandons à rencontrer la ministre de la Culture, comme elle nous y a invité lors du CNPS, pour faire valoir nos réalités et nos propositions.

    Nous appelons l’Etat, les élu·es, les collectivités territoriales, les actrices et acteurs de l’écosystème culturel, nos partenaires du champ social et solidaire, durement touchés également, les citoyennes et citoyens à s’engager pour une politique de la diversité et de la solidarité !

    Communiqué du 21 janvier 2025

     Les signatairesà l’initiative de l’UFISC

    A-CNAREP – Association des Centres Nationaux des Arts de la Rue et de l’Espace Public

    ACTES IF – Réseau de lieux artistiques et culturels indépendants en Ile-de-France

    ACTES PRO – Association de compagnies professionnelles de spectacle vivant des Hauts-de-France

    AJC – Réseau de la diffusion du jazz en France et en Europe

    ALIICE – Association des Lieux Intermédiaires Indépendants du Centre-Val de Loire

    ARTFACTORIES/AUTRESPARTS [AFAP] – centre de ressources arts/territoires/société

    ASTRE – Réseau des Arts visuels en Nouvelle-Aquitaine

    CAC – Collectif des Associations Citoyennes

    CITI – Centre International pour les Théâtres Itinérants

    CNFR – Confédération Nationale des Foyers Ruraux

    COMBO 95 – Réseau Musiques Actuelles en Val d’Oise

    FAMDT – Fédération des Acteurs et des Actrices des Musiques et Danses Traditionnelles

    FEDELIMA – Fédération de lieux de musiques actuelles

    Fédération des arts de la rue en Bretagne

    FELIN – Fédération Nationale des Labels Indépendants

    FEMA – Fédération Musiques Actuelles Bourgogne-Franche-Comté

    FERAROCK – Fédération des radios associatives musiques actuelles

    FEVIS – Fédération des ensembles vocaux et instrumentaux spécialisés

    FNAR – Fédération Nationale des Arts de la Rue

    FNGEC – Fédération nationale des groupements d’employeurs culture

    FRAAP – Fédération des réseaux et associations d’artistes plasticiens

    FRACA-MA – Pôle région Centre-Val de Loire musiques actuelles

    FRANCE FESTIVALS

    FUTURS COMPOSES – Réseau national de la Création musicale

    GRABUGE – Réseau des musiques actuelles du Grand Est

    GRANDS FORMATS – Fédération de grands ensembles et de collectifs d’artistes

    HAUTE FIDÉLITÉ – Pôle des musiques actuelles en Hauts-de-France

    IASTAR – Fédération des Radios Campus de France

    KOLET – Réseau des acteurs du spectacle vivant à La Réunion

    LE PÔLE DE COOPERATION POUR LA FILIERE MUSICALE EN PAYS DE LA LOIRE

    LES LOCALOS

    OCTOPUS – Fédération des musiques actuelles en Occitanie

    OPALE – Pôle ressources Culture et Économie Sociale et Solidaire

    POPP – Collectif Pour l’Observation Participative et Partagée

    RAMDAM – Réseau national des musiques jeune public

    RIM – Réseau des Indépendants de la Musique en Nouvelle-Aquitaine

    RIF – Réseau des Musiques Actuelles en Ile-de-France

    SMA – Syndicat des Musiques Actuelles

    SEIZE MILLE – Réseau art contemporain Bourgogne-Franche-Comté

    THEMAA – Association nationale des Théâtres de Marionnettes et Arts Associés

    UFISC – Union Fédérale d’Intervention des Structures Culturelles

    ZONE FRANCHE – Réseau des musiques du monde