Catégorie : Actualités

  • Jazz With #2 – Call for applications

    Jazz With #2 – Call for applications

    AJC has been committed to promoting the French jazz scene in Europe since its creation in 1993, seeking to create ideal conditions for its artists and professionals to work together.

    Last year, AJC launched its new European project named JazzWith and meant to support artistic projects combining French and European artists. 3 bands – T.I.M, Weave 4 and Cheel – mixing artists from Norway, Germany, Italy, the UK and France were selected amongst 100 applications. They all received professional support, a opportunity to present their music during les Rencontres AJC in front of a professional audience, communication support and an important financial grant in order to organize a series of European tours in 2025 and 2026 (for more information, you can check the detailed process on our website)

    Today, we are launching the second edition of Jazz With seeking to discover 3 new projects mixing French and European artists, introduce them to the European scene and support them in their next adventures!


    Submission of applications:
    Call for application is now closed !
    Webinar of presentation: 14th of April at 1pm (Paris time). Replay here!
    Announcement of the laureates : early June 2025

    >> IMPORTANT : Applications must be made by the artists!


    Supported groups will receive : 

    – A concert at the AJC 2025 Meetings on December 2, 2025 (salaries, transportation, accommodation covered by AJC) 

    – Support for their project by AJC teams, the network, and our partners for a shared distribution dynamic 

    – A grant of 3000 euros to facilitate and optimize tour planning in France and Europe


    Eligibility criteria : 

    – Already existing formation
    – From trio to sextet 
    – At least one French musician or resident in France for several years 
    – Other artists must reside in Europe


    Required documents – in English :

    • – Presentation of the artistic project 
    • – Presentation of the artists and contacts 
    • – Presentation of the project’s entourage 
    • – Statement of intention regarding the project’s distribution 
    • – 2 to 3 titles only on Soundcloud 
    • – 1 live video – if available


    Presentation webinar – Replay


    Download the rules of procedure

  • Newsletter – Mars 2024

    Newsletter – Mars 2024

    Bonjour à toutes et tous,

    En ce vendredi 8 mars, journée internationale des droits des femmes, nous vous proposons de (re)découvrir notre dernière étude sur les inégalités F/H et les violences sexistes et sexuelles dans le jazz, et de vous pencher sur les derniers résultats de l’Observatoire de l’égalité femmes·hommes dans la culture et la communication, parus le 1er mars.

    Côté Jazz Migration, les 14 groupes finalistes de l’édition #10 sont actuellement écoutés par un collège de près de 150 votants : résultats le mardi 26 mars prochain ! Par ailleurs, la tournée Jazz Migration #9 continue avec une date le 8 mars pour Petite Lucette aux Détours de Babel, et deux pour Adèle Viret Quartet, les 14 et 15 au Théâtre d’Orléans et au Solar ! Et pour les plus curieux·ses, un retour en image sur les deux journées de formations « Mondes du jazz » et « Parité et VSS » des lauréats Jazz Migration #9 au Comptoir et l’écoute de leurs interviews réalisées par Jazz In lors des dernières Rencontres AJC.

    Pour la troisième (et dernière) session de formation du projet Landscape, qui vise à accompagner le secteur vers de nouveaux modèles de production de concerts et de tournées éco-responsables, une dizaine d’adhérents AJC se retrouveront au Périscope à Lyon les 28 et 29 mars pour aborder les questions de programmation et d’alimentation. L’occasion de découvrir le nouveau festival porté par la salle lyonnaise « Récif ».

    Dans l’actualité aussi : la nomination de Sylvaine Hélary, flûtiste et compositrice, au poste de directrice générale et artistique de l’ONJ !

    Et enfin, comme chaque mois, nous vous proposons de découvrir les festivals du réseau, des Détours de Babel au Printemps du jazz, ainsi que les nombreux concerts de nos adhérents.

    Bonne lecture ! 

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  • Le réseau AJC a 30 ans

    Le réseau AJC a 30 ans

    Le réseau AJC a 30 ans

    Un article de Raphaëlle Tchamitchian

    Raphaëlle Tchamitchian est journaliste, rédactrice et enseignante freelance dans le théâtre et la musique, notamment le jazz et les musiques improvisées. Elle a obtenu un doctorat en Études Théâtrales, sa thèse portant sur les relations entre jazz et dramaturgie dans les théâtre africain-américain contemporain. Parmi ses collaborations, diverses institutions, artistes, et médias tels que le CNSMDP, Hors-Série, la Médiathèque de La Philarmonie de Paris, l’ONJ, l’EJN, ou encore l’Odéon – Théâtre de l’Europe.


    La brochure des 30 ans

    Introduction


    Construire ensemble


    Jazz Migration, un dispositif pour l’émergence


    Accompagner les adhérent·es, structurer le secteur


    L’ouverture vers l’international, un axe fondateur


    Les Rencontres AJC, un point de ralliement


    Et maintenant ?


    AJC, une référence pour le secteur

    INTRODUCTION

    Réunissant aujourd’hui 94 scènes et festivals, l’Association Jazzé Croisé, dite AJC, est aujourd’hui le réseau le plus identifié du secteur du jazz et des musiques improvisées en France. À l’occasion de ses 30 ans, tour d’horizon de son histoire et de ses actions.

    En 1993, douze festivals de jazz s’associent pour revendiquer une ligne artistique singulière et défendre la scène créative française et européenne en créant l’AFIJMA, l’Association des Festivals Innovants en Jazz et Musiques Actuelles. Chaque festival a sa propre ligne artistique — qui très jazz, qui aussi musiques du monde, qui musiques improvisées — mais tous sont « un peu atypiques », se souvient Roger Fontanel, le directeur de D’Jazz Nevers. « On souhaitait se rencontrer autour d’une ambition et d’une exigence artistique, se démarquer d’un jazz consumériste ». « On voulait maintenir un équilibre entre radicalité et mainstream, sans être dans la reproduction des modèles américains », confie Jacques Panisset, fondateur du Grenoble Jazz Festival et des Détours de Babel.

    Rapidement, une charte est mise en place, qui sert de base pour faire grandir le réseau. Aujourd’hui, certains des festivals fondateurs existent encore, d’autres ont disparu ou sont partis dans d’autres directions, de nouveaux noms ont fait leur apparition… Parmi les festivals de la « seconde génération », entrés dans les années qui ont suivi la création proprement dite de l’AFIJMA, on compte Banlieues Bleues en Seine-Saint-Denis, Jazz sous les Pommiers à Coutances, Jazzèbre à Perpignan, Jazzdor à Strasbourg…

    À un moment donné, « le besoin s’est fait sentir d’élargir la problématique au-delà des festivals », explique Jacques Panisset. « La défiance qui exis- tait à l’époque entre les festivals et les clubs n’avait pas de sens, renché- rit Philippe Ochem, directeur de Jazzdor et actuel président du réseau. Il semblait fondamental de s’élargir aux clubs et aux scènes généralistes, parce que ça fédérait un plus grand nombre d’acteur·ices, permettait de réfléchir et de co-produire à plus nombreux, et de peser davantage.» C’est ainsi qu’en 2013, vingt ans après sa fondation, l’AFIJMA s’ouvre aux lieux et aux scènes pluridisciplinaires avec un axe jazz marqué, et devient AJC ou Association Jazzé Croisé.

     

    CONSTRUIRE ENSEMBLE

    Pour chacune des personnes interrogées, le premier intérêt d’intégrer AJC, c’est le partage d’expérience. « Échanger avec des gens qui parlent le même langage que toi, c’est déjà énorme! », s’exclame Yann Causse, fondateur du festival Jazzèbre (aujourd’hui dirigé par Ségolène Alex). « Il n’y a pas besoin de faire 10000 pas pour se faire comprendre. C’est très nourrissant.» Même chose pour Fanny Pagès, qui a rejoint le réseau en 2018 en tant que directrice de L’Astrada à Marciac : « Au regard de mon projet ancré dans la création actuelle, ça me semblait indispensable de rejoindre AJC. Au niveau national et dans ces esthétiques, c’est le réseau identifié. Et puis, c’est par l’échange qu’on peut co-construire. »

    Différentes échelles de structuration s’y côtoient, ce qui permet de nourrir et d’enrichir les projets de chacun·e dans une forme de collégialité. Très concrètement, pour une petite structure comme Jazzèbre, le fait d’intégrer AJC « a eu une influence sur la programmation » explique Yann Causse. « Grâce à mon implication dans le réseau, j’ai commencé à concevoir des créations plus nationales, moins régionales, et le projet s’est progressive- ment élargi.» De manière générale, pour tou·tes les programmateur·ices interrogé·es, les espaces d’échange ouverts par AJC permettent de nourrir sa saison, jusqu’à construire des co-productions.

     

    « enrichir les projets de chacun·e dans une forme de collégialité »

    « Il y avait une concurrence sauvage entre festivals », raconte Jacques Panisset. « On se réservait les créations sans les faire tourner. Avec l’AFIJMA, l’idée était d’éviter cette guerre permanente et créer de la coopération. » Même si ce travail peut être rendu complexe par la diversité de l’offre et par l’envie de chacun·e de proposer des projets originaux, « l’ambition a toujours été de favoriser le montage de co-productions au sein du réseau et d’offrir aux créations une large diffusion », explique Antoine Bos, délégué général d’AJC. Chaque année, ce sont plus d’une vingtaine de projets coproduits par des adhérent·es qui tournent ainsi sur les scènes du réseau. Récemment, Jazzdor s’est associé à jazzahead! en Allemagne pour co-produire le nouveau sextet franco-allemand de Daniel Erdmann, qui aura aussi tourné à Jazzus et aux Rencontres AJC ; et le Petit faucheux, Jazz à Poitiers, le Pannonica, Plages Magnétiques et Le Périscope se sont organisés pour accueillir une tournée du Rempis Percussion Quartet du saxophoniste américain Dave Rempis.

    JAZZ MIGRATION, UN DISPOSITIF POUR L’ÉMERGENCE

    « Un vrai point de départ » – Thibault Cellier, contrebassiste
    « Il y a eu un avant, un après! » – Rafaëlle Rinaudo, harpiste

    Créé en 2002, Jazz Migration est un dispositif de soutien à l’émergence et au développement de carrière. En 20 ans, le programme a accueilli plus de 260 artistes pour lesquels plus de 1000 concerts ont été organisés, ainsi que des centaines de journées de formation et de résidence. Aujourd’hui très identifié en France et reconnu comme modèle à l’international, Jazz Migration est le programme phare d’AJC. Les deux sont indissociables et le développement de l’un ne peut se faire sans la bonne santé de l’autre.

    Rafaëlle Rinaudo a participé au programme à trois reprises: en 2014 avec Five 38, en 2018 avec Ikui Doki et en 2022 avec Nout. « J’ai vu évoluer les formations Jazz Mig’. Au début, c’était eux qui nous coachaient, l’année d’Ikui Doki, ils ont commencé à proposer des formations, et au moment de Nout, ce nouveau fonctionnement était complètement instauré.» À travers des ateliers, conférences et interventions de professionnel·les, les musicien·nes apprennent à s’adresser aux programmateur·ices (« jamais au petit déjeu- ner ! »), à monter une structure, à optimiser leur usage des réseaux sociaux… Rafaëlle Rinaudo : « J’ai fait un Master 2 d’Administration de la musique et du spectacle vivant à la Sorbonne, mais l’université est trop loin de la réalité du métier. Les trucs pratiques, je les ai appris avec Jazz Mig’. »

    « Avec Papanosh, on a été sélectionnés en 2013, raconte Thibault Cellier. Ça a très bien marché, on a fait 28 concerts cette année-là. On n’aurait pas pu aller aussi loin sur le plan musical sans ça. » Dans le cas de Rafaëlle Rinaudo, qui venait de la musique ancienne, « Jazz Migration s’est substitué au conservatoire. À mon époque, ils ne prenaient pas de femmes instrumentistes en jazz et encore moins en harpe. Ni Marseille ni Toulon ni Aix-en-Provence n’ont voulu de moi. C’est Jazz Migration qui m’a donné une légitimité institutionnelle, ça a été un vrai passeport. J’ai compris que je pouvais vivre de l’activité underground que j’avais toujours eue à côté, toute seule. Je suis entrée en 2014 dans le réseau jazz, et 10 ans après j’y suis toujours. Ça m’a donné une vraie pérennité en termes d’emploi. »

    « La création de Jazz Mig’ serait impossible aujourd’hui », regrette cependant Antoine Bos. « Les programmateur·ices se sentiraient un peu contraint·es. À l’époque, ça correspondait à une forme d’utopie ». Si aujourd’hui, Jazz Migration est sans doute l’action à laquelle le réseau est le plus identifié, sa création a été « vécue comme le pendant national du boulot qu’on faisait à l’international », explique Yann Causse. Car ce qui faisait l’identité d’AJC alors, c’était son ouverture à l’international.


    ACCOMPAGNER LES ADHÉRENT·ES, STRUCTURER LE SECTEUR

    En plus d’être un espace de rencontre et d’échange, AJC mène un travail de fond tourné vers les adhérent·es. Au fil des ans, des dizaines de groupes de travail internes se sont réunis. L’un des premiers entendait construire une exposition sur le jazz mais a dérivé vers une réflexion autour de l’action cultu- relle qui a donné lieu à la publication en novembre 2007 du premier numéro des Cahiers de l’AFIJMA, « Montrer le jazz ».

    Pour Roger Fontanel, ces espaces de réflexion partagés auraient paradoxalement bénéficié de la crise du Covid. « Depuis le confinement, on enchaîne les visios sur l’égalité femmes-hommes, les temps d’information sur les préventions des Violences et Harcèlements Sexistes et Sexuels (VSS), l’écologie, etc., et Antoine [Bos] nous sollicite beaucoup pour des enquêtes. En conséquence, le lien avec le réseau s’est renforcé.» Un certain nombre d’outils conçus pour répondre aux besoins des adhérent·es ont été mis en place: newsletter interne, listes de diffusion pour faciliter la circulation des informations, tables rondes, webinaires thématiques réguliers.

    Côté observation, un certain nombre d’études ont été publiées: Les structures de diffusion du jazz (2017), La représentation Femmes/Hommes dans le jazz et les musiques improvisées (2018), et l’étude pionnière dans le spectacle vivant Quel impact carbone pour les lieux et festivals de jazz? (2022). Pour Philippe Ochem, « à travers tout notre travail d’études et de parutions, on est devenu un vrai outil ressource. » L’objectif final étant de favoriser la connaissance du secteur pour pouvoir mettre en place des actions politiques.

    Cherchant à accompagner la structuration du secteur, le réseau est assez vite devenu un interlocuteur privilégié des institutions. Dès le départ, il y avait une réelle « volonté de peser sur les politiques publiques » explique Roger Fontanel. Ses membres ont ainsi participé à de nombreux groupes de travail, nationaux comme européens. Pour la harpiste Raphaëlle Rinaudo comme pour les autres acteur·ices interrogé·es, c’est là l’un des intérêts essentiels d’AJC : «  porter des intérêts communs  ».

    Au-delà du réseau d’acteur·ices, l’une des particularités d’AJC est de piloter des programmes. Dès le départ, les actions concrètes et collectives ont été privilégiées, depuis les dispositifs de coopération internationale (Constellations, French Nordic Jazz Transit, The Bridge…) jusqu’aux projets sur l’écologie (Landscape) en passant, bien sûr, par Jazz Migration.


    L’OUVERTURE VERS L’INTERNATIONAL, UN AXE FONDATEUR

    Les premières actions du réseau ont été des actions de coopération internationale — de « coopération » et non « d’export », précise Antoine Bos. Pour Roger Fontanel, très tôt avant les Bureaux Export et le Centre national de la musique, « les échanges internationaux ont été la marque de l’AFIJMA. Ils font partie de son ADN ».

    Première pierre à l’édifice : la mobilité des programmateur·ices, que ce soit par l’invitation de professionnel·les étranger·es en France ou par des voyages vers l’étranger. « On défendait l’idée que c’était plus intéressant de venir écouter des concerts de musicien·nes français·es in situ », détaille Philippe Ochem, « alors que la mode de l’époque était d’organiser des showcases de 20 ou 30 minutes ». « À Nevers, j’ai accueilli des professionnel·les italien·nes, scandinaves, autrichien·nes, allemand·es… » (Roger Fontanel). De nombreux festivals du réseau se sont progressivement transformés en rencontres professionnelles plus ou moins informelles, une habitude qui perdure encore aujourd’hui. « C’est ça qui crée les coopérations », continue Antoine Bos. « Quand on trouve des similarités dans les fonctionnements. Quand deux festivals implantés dans deux pays différents mais confrontés aux mêmes enjeux, peuvent échanger et partager ».

    Réciproquement, les programmateur·ices AJC sont allé·es voir ce qui se faisait de l’autre côté de nos frontières. Voyager dans d’autres pays a ainsi complètement bouleversé la façon de programmer de Philippe Ochem. « Je venais des standards, des racines américaines de cette musique, et ça m’a ouvert à des formes plus ouvertes, à des groupes européens moins connus. Ça m’a poussé à chercher un équilibre entre notoriété et exigence artistique, d’arrêter de penser en grande salle, grande jauge et musicien·nes célèbres. »

    Peu à peu, des échanges bilatéraux ont vu le jour. Des programmes de soutien à la diffusion à l’étranger ont été mis en place, des coproductions ont été établies avec l’Italie, la Norvège, l’Autriche, l’Allemagne… « Nous avons aussi des liens forts avec la Belgique, les Pays-Bas, le Danemark. Il peut y avoir des soubresauts liés aux politiques locales, mais ils soutiennent nos musicien·nes et nous soutenons les leurs », explique Jacques Panisset. « Et puis, on s’est aussi beaucoup impliqués dans différents chantiers portés par le Europe Jazz Network, et on est présents à jazzahead ! depuis le début. »

    « C’est grâce à tout cela qu’aujourd’hui AJC est à la pointe de la réflexion dans ce domaine, et que la France peut avoir une relation durable avec des partenaires européen·nes, voire extraeuropéen·nes », observe Antoine Bos. Les projets internationaux actuels portés par les adhérent·es — Le Périscope avec Footprints, Alexandre Pierrepont avec The Bridge ou Charles Gil avec Vapaat äänet — s’inscrivent dans une continuité.

    LES RENCONTRES AJC, UN POINT DE RALLIEMENT

    Traditionnellement, AJC présente les nouveaux lauréats Jazz Migration chaque année en fin d’année à la Dynamo de Banlieues Bleues (Pantin). Depuis 2019, ce qui était un moment d’échange interne au réseau a été complété par des temps de réflexion ouverts à toute la profession, don- nant naissance aux Rencontres AJC. Elles sont le « point de rencontre de toutes nos actions et réflexions, et le point de ralliement de tou·tes nos acteur·ices » (Antoine Bos).

    Des tables rondes et des groupes de travail y sont aménagés en journée pour discuter de sujets d’actualité, présenter des études ou bien introduire une nouvelle action. Chaque édition correspond à un thème : la Scandinavie avec Nordic Jazz Comets en 2019, l’outre-mer en 2021 et l’émergence en 2022, à l’occasion des 20 ans de Jazz Migration.

    En 2023, les Rencontres s’intéressent à la question de la diffusion et des publics, un sujet qui occupera AJC pendant toute l’année 2024. Et en soirée, en plus des lauréats Jazz Migration, trois groupes franco-européens seront présentés à l’occasion de la création d’un fonds spécial. « On a une dimension nationale avec les groupes Jazz Mig’, et une dimension internationale avec les groupes franco-européens », conclut Antoine Bos.

    ET MAINTENANT ?

    D’abord et comme partout, le chantier de l’égalité femmes-hommes — « un chantier bien entamé, mais à ne pas lâcher » (Fanny Pagès). C’est que, comme beaucoup de secteurs, le jazz revient de loin. « Five 38, mon duo avec Fanny Lasfargues, a été le premier groupe de filles à faire Jazz Mig’, observe Rafaëlle Rinaudo. C’était il y a 10 ans… » Depuis la prise de conscience provoquée par #MeToo, AJC s’est emparé du sujet à bras-le-corps.

    Une première étude, réalisée en collaboration avec Grands Formats, la FNEIJMA (Fédération Nationale des Écoles d’influence Jazz et Musiques Actuelles) et l’ADEJ (l’Association des Enseignants de Jazz) est parue en 2018. Une seconde étude est en préparation, cette fois dirigée par la sociologue Marie Buscatto, l’autrice de Femmes de jazz (éditions CNRS, 2007). Prévue pour fin 2023, elle permettra d’apprécier l’évolution de la situation par les chiffres et comprendra un volet autour des VSS.

    « La question F/H traverse tout AJC, depuis l’offre aux adhérent·es jusqu’aux actions portées »

    À l’intérieur du réseau, différentes actions ont été mises en place : formations autour des VSS à destination des adhérent·es et des artistes Jazz Migration, protocole de signalement… La vigilance est de mise à chaque étape du pro- cessus de sélection de Jazz Migration, ce qui a permis de passer de 21 % de musiciennes lauréates en 2017 à 44 % en 2023. Enfin, du côté de la diffusion, « on essaie chacun, chacune de programmer le plus de femmes possibles » (Philippe Ochem). La question traverse tout AJC, depuis l’offre aux adhérent·es jusqu’aux actions portées.

    Même chose pour l’autre grand chantier de notre époque, engagé il y a quelques années déjà: la transition écologique. Dans la foulée de l’étude pionnière Quel impact carbone pour les lieux et festivals de jazz ? (2022) est créé le projet européen Landscape, porté en collaboration avec le Périscope à Lyon et le Bimhuis à Amsterdam. Ouvert à tou·tes les acteur·ices du monde de la musique, il entend développer des outils et une méthodologie partagée pour réduire son empreinte carbone. Côté AJC, il s’agit essentiellement de transmettre la « bonne parole », d’irriguer le réseau d’informations concrètes et de données pratiques, afin que chacun·e soit à même de s’emparer du problème à son échelle. Ont ainsi été mises en place des formations pour les adhérent·es autour de la mobilité des publics et des artistes, la sobriété énergétique des lieux, l’alimentation et le numérique. Là aussi, « nous ne sommes pas loin d’être les premiers et les seuls en Europe dans le jazz », défend Antoine Bos. « On a une forme d’exemplarité à laquelle on tient. »

    Côté international, « le travail continue ! », s’exclame Roger Fontanel. En s’ouvrant à de nouveaux pays, comme par exemple la Pologne et les Pays baltes, et en créant de nouveaux programmes. Dernier-né des actions de coopération internationale, le programme Constellations réunit huit dispositifs d’accompagnement de l’émergence dans huit pays européens et extraeuropéens et propose à de jeunes artistes des résidences et des concerts dans le pays de leur choix. Parallèlement, la création d’un fonds spécial franco-européen est présentée aux Rencontres AJC 2023. « Les musicien·nes ne nous ont pas attendus pour créer des groupes franco-européens, remarque Antoine Bos. À nous de prendre le relais pour faire bouger les politiques publiques. »

    « Il faut que Jazz Migration devienne un label à exporter dans d’autres pays »

    Toujours sur le métier, Jazz Migration est affiné chaque année pour accompagner les évolutions du milieu. De trois groupes lauréats, on est passé à quatre; l’accompagnement professionnel et artistique s’est étoffé pour répondre aux besoins du secteur; les tournées se sont étirées… Mais si la question de la diffusion a toujours été centrale, l’équipe se heurte aujourd’hui à l’équilibre de tout un écosystème. « On touche aujourd’hui à une limite », observe Antoine Bos. « Des tournées de 100 dates, c’est peut-être trop. » En outre, depuis la création du programme, le paysage a changé. De nombreux autres dispositifs d’accompagnement ont vu le jour à l’échelle locale, ce qui invite à repenser l’équilibre entre régional et national. De plus, l’urgence écologique invite à penser autrement la question de la diffusion, quand celle-ci n’est pas tout simplement contrainte par des restrictions budgétaires.

    Dans ces conditions, comment faire pour continuer à jouer le double rôle de révélateur et de professionnalisation de l’émergence ? Comment s’ajuster face à un écosystème en perpétuel mouvement ? Parmi les pistes évoquées : poursuivre le développement de l’accompagnement personnalisé; former plus de musicien·nes, voire les professionnel·les ; maintenir durablement l’ouverture à d’autres dispositifs en France et en Europe… Pour Rafaëlle Rinaudo, Jazz Migration pourrait devenir un label à exporter en tant que tel. « C’est le chantier politique du moment ! Au même titre que le CNM fait des Jazz Export Days, il faut que Jazz Migration devienne un label à exporter dans d’autres pays, comme une sorte de package. »

    Au-delà de Jazz Migration, la question de la diffusion en général reste le nerf de la guerre. Pour les artistes interrogé·es, un travail d’ajustement des politiques de diffusion serait bienvenu. « On nous demande tout le temps de produire des créations, mais après on est seul·es à gérer la diffusion », déplore Rafaëlle Rinaudo. « Une création est jouée 2 ou 3 fois en moyenne. »

    Une course à l’échalote imposée à la fois par le ministère, puisque les aides au projet et au conventionnement sont conditionnées à de nouvelles créations, et par les programmatrices et programmateurs eux-mêmes, qui aiment pouvoir offrir des créations ou des exclusivités à leur public. « Ce serait bien que les professionnel·les soient plus à l’écoute de l’artistique », objecte Thibault Cellier. « Il y a une frénésie de créations, aujourd’hui la durée de vie d’un projet c’est 3 ou 5 ans si tu te débrouilles bien. Ce n’est pas du tout assez. Pourquoi ça ne pourrait pas évoluer puisqu’on est nombreux et nombreuses à le ressentir ? »

    Pour Antoine Bos, « c’est une question majeure. Ça fait 30 ans qu’on se bat pour que nos musiques soient plus diffusées sur les scènes généralistes, mais depuis quelques années on assiste à une forme de contraction de la diffusion due à une hausse des cachets et à une baisse de financements. Résultat, les programmateur·ices prennent moins de risques.» Parmi les solutions possibles : côté scènes et festivals, développer encore davantage les « séries » en lien avec d’autres diffuseurs, et s’investir dans le programme de création mutualisée conçue par la DGCA et accentuer le travail de co-production et de dates partagées; côté AJC, poursuivre l’engagement auprès des pouvoirs publics nationaux et locaux, et des sociétés civiles, afin qu’ils intègrent l’importance d’un soutien marqué à la diffusion du jazz et des musiques improvisées.

    AJC, UNE RÉFÉRENCE POUR LE SECTEUR

    Association d’acteur·ices de la diffusion du jazz en France partageant les mêmes valeurs et les mêmes objectifs, AJC s’est construit une identité bien à lui, fondée sur un ensemble d’actions collectives. Que ce soit à travers Jazz Migration, les échanges internationaux ou les récents projets sur l’écologie, AJC contribue à répondre aux besoins du secteur, à professionnaliser les musicien·nes de jazz en France, ainsi qu’à légitimer la place de ces musiques qui restent en dehors des cases à la fois du grand public et de l’institution.

    « Aujourd’hui, on est le réseau le plus important dans le jazz en France, observe Roger Fontanel. On est la référence, l’appui principal pour défendre ces musiques. Mais cette place, on l’a gagnée petit à petit. C’est une grande réussite! » « Finalement, ce réseau vise à produire de la réflexion et du sens », confie Jacques Panisset. « Un travail d’actions, de moralisation des pratiques, de lobbying, de mise en réseau et de partage d’intelligence et de sens pour mieux alimenter la manière dont on vend nos projets, pour faire un meilleur travail. Un travail qui se poursuit aujourd’hui. »


    La brochure des 30 ans

  • Communiqué – Publication de l’étude « Les inégalités Femmes/Hommes et les violences sexistes et sexuelles dans le jazz et les musiques improvisées »

    Communiqué – Publication de l’étude « Les inégalités Femmes/Hommes et les violences sexistes et sexuelles dans le jazz et les musiques improvisées »

    DÉCOUVREZ LES RÉSULTATS DE L’ÉTUDE :

    « LES INÉGALITÉS FEMMES / HOMMES ET LES VIOLENCES SEXISTES ET SEXUELLES
    DANS LE JAZZ ET LES MUSIQUES IMPROVISÉES »

    Enquête réalisée par Marie Buscatto et Ionela Roharik
    coordonnée par AJC, la FNEIJMA, et Grands Formats

    Avec le parrainage du Ministère de la Culture et le soutien du CNM.


    Après une première étude menée en 2018, nous avons désiré réaliser un nouvel état des lieux sur les inégalités entre femmes et hommes dans le jazz et les musiques improvisées ainsi qu’un premier constat sur les violences sexistes et sexuelles (VSS). Nous avons confié cette étude à Marie Buscatto et Ionela Roharik, deux universitaires expérimentées, sociologues du genre, du travail et des arts.

    Après plus d’une année de recherches, de collecte et d’analyse, plus de 110 structures enquêtées (équipes artistiques, festivals et lieux de concerts, structures de formation), 510 personnes consultées, il est l’heure de lever le voile sur les résultats de cette étude. Si celle-ci révèle le maintien fort des inégalités entre femmes et hommes et la présence d’agissements sexistes encore peu nommés et peu combattus au quotidien, elle laisse apercevoir une volonté affirmée de la part des personnes et des institutions actives dans le milieu du jazz et des musiques improvisées en France de transformer ce secteur pour qu’il devienne plus favorable aux femmes musiciennes.

    Parrainée par le ministère de la Culture et soutenue par le CNM, cette étude poursuit une réflexion collective de nos trois réseaux et fédérations – AJC, FNEIJMA, Grands Formats –  autour de l’égalité femmes-hommes, initiée il y a maintenant cinq ans et que nous poursuivons depuis en observant, sensibilisant, débattant avec les autres acteur·rices du jazz et des musiques improvisées comme avec le reste du champ culturel.
     

    AJC, Grands Formats, FNEIJMA

  • Newsletter – Février 2024

    Newsletter – Février 2024

    Bonjour à toutes et tous,

    De la lecture principalement en ce mois de février !

    Retour sur Constellations, partenariat unique initié par AJC entre 9 dispositifs d’accompagnement de talents aux 4 coins de l’Europe, avec ce magazine réalisé à l’occasion de la fin de cette première édition. En attendant la suite !

    En attendant de vous dévoiler la semaine prochaine l’étude complète sur les inégalités femmes·hommes et sur les violences sexistes et sexuelles dans le jazz, vous pourrez retrouver dans cette newsletter une version synthéthique du travail réalisé par Marie Buscatto et Ionela Roharik et initié par les trois fédérations AJC, FNEIJMA et Grands Formats.

    Enfin, notre dernier Jazz Mig Mag dédié à la transition écologique, recueil de points de vue d’expert·e·s et de professionnel·le·s, sur les transformations à venir du monde du live est disponible en téléchargement libre.

    Et, aussi évidemment, quelques actions ! À commencer par la tournée Jazz Migration #9 qui se poursuit, et les nombreux projets – ouverture des résidences au Maquis, festivals du réseau – de Sons d’Hiver en passant par du Bleu en Hiver et les nombreux concerts de nos adhérents en février.

    Bonne lecture ! 

    Lire la Newsletter

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  • Newsletter – Janvier 2024

    Newsletter – Janvier 2024

    Bonjour à toutes et tous,


    Le réseau AJC et son équipe vous souhaitent une excellente année 2024, qu’elle soit riche en musique !

    Il est encore temps de se presser pour l’appel à candidatures Jazz Migration #10 ; deadline au mercredi 24 janvier.  Pour vous aider et répondre à vos questions, rendez-vous jeudi 11 janvier à midi pour un webinaire. Inscription dans cette newsletter!

    Démarrez 2024 en découvrant ou en redécouvrant la dernière édition des Rencontres AJC avec un retour en images, en mots et en musiques.

    Qui dit nouvelle année, dit aussi lancement de la tournée des derniers lauréats Jazz Migration. Retrouvez ainsi Adèle Viret Quartet, Prospectus, Petite Lucette et Inui sur les routes de France pour 6 concerts en janvier!

    Et enfin, comme chaque mois, retrouvez ici les principales actualités du réseau : en janvier, vous pourrez découvrir trois festivals et profiter des programmations de nombre de nos adhérents.

    Bonne lecture ! 

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  • Citizen Jazz invite Meloport : We Insist !

    Citizen Jazz invite Meloport : We Insist !

    Le magazine de jazz Meloport est Membre, comme Citizen Jazz, de l’Europe Jazz Media Group. Il ne peut plus paraître depuis l’invasion russe de février 2022. Aussi, Citizen Jazz ouvre ses portes et accueille, le temps d’une édition, un numéro exceptionnel qui raconte la vie en Ukraine et la force de la musique.
    Parution le 15 décembre à 17h


    Citizenjazz.com

    Le magazine Meloport – www.meloport.com – est une plateforme ukrainienne d’information sur le jazz et les musiques improvisées. Membre, comme Citizen Jazz, du groupe de magazines de jazz européens réunis sous l’égide de l’EJN – l’Europe Jazz Media Group – il participait au chart mensuel et proposait un disque de jazz, souvent ukrainien, pour la sélection européenne.

    L’invasion aussi brutale qu’insensée de l’Ukraine par les troupes de Vladimir Poutin a complètement bouleversé le pays, sa population et ses infrastructures.

    Comment éditer un magazine qui parle de jazz, de musicien.ne.s, de disques, alors que les missiles pleuvent et qu’il faut s’engager militairement pour défendre le pays ?

    Meloport sera donc publié en ukrainien (et traduit en français) sur le site de Citizen Jazz à partir du 15 décembre 2023.
    Une version anglaise est déjà demandée et souhaitée par plusieurs magazines européens, également membres de l’Europe Jazz Media Group, pour une republication en solidarité et pour donner la plus grande exposition possible.



    Pour fêter cet évènement, une soirée spéciale est organisée à Paris.La soirée jazz en trois parties – une exposition, une présentation du magazine de jazz ukrainien MELOPORT et un concert – invite les amateurs de jazz à partager des moments d’amitié, de passion pour la musique et de solidarité avec les musiciens ukrainiens. Point d’orgue du festival Jazzycolors du Forum des instituts culturels étrangers, cet événement aura lieu au Centre tchèque de Paris le vendredi 15 décembre 2023.

    S’inscrire

    Programme :

    Vendredi 15 décembre 2023 / 19h00 — 21h00
    Centre Tchèque
    18 rue Bonaparte
    75006 Paris

    19h00 — Présentation du magazine de jazz ukrainien Meloport invité par le magazine français Citizen Jazz
    En présence de Kateryna Ziabliuk, rédactrice en chef de Meloport, Oleksii Karpovitch, co-rédacteur en chef de Meloport et Matthieu Jouan, directeur de la publication de Citizen Jazz.
    Comment éditer un magazine qui parle de jazz, alors que les missiles pleuvent et qu’il faut s’engager militairement pour défendre le pays ? Comment publier un magazine quand la rédaction est décimée, quand les locaux ne sont plus opérationnels ?

    19h30 — Concert de jazz avec un trio constitué spécialement pour l’occasion :
    Sakina Abdou (saxophone) | Kateryna Ziabliuk (piano) | Patrycja Wybrańczyk (batterie)
    Sur proposition de l’Institut ukrainien en France et sur invitation de Citizen Jazz, Kateryna Ziabliuk, pianiste de jazz et rédactrice en chef de Meloport, la batteuse Patrycja Wybrańczyk (Pologne) et la saxophoniste Sakina Abdou (France) se réuniront au Centre tchèque de Paris pour clôturer le festival Jazzycolors du FICEP.

    À partir de 13h00 — Exposition
    Jazzmen ukrainiens en temps de guerre
    En 2014, de nombreux musiciens ukrainiens ont rejoint l’armée pour défendre leur pays contre l’agresseur. Ils seront encore plus nombreux en 2022. Ils ont mis de côté leurs instruments de musique pour pouvoir jouer après la guerre dans une Ukraine démocratique et indépendante, créer de nouvelles musiques et poursuivre un dialogue actif avec des représentants d’autres cultures.
    Ce projet photographique, proposé par l’Institut ukrainien, vise à raconter l’histoire des musiciens de jazz qui ont rejoint les forces armées ukrainiennes et la défense territoriale.


    S’inscrire

  • Newsletter – Décembre 2023

    Newsletter – Décembre 2023

    Bonjour à toutes et tous,

    Tic Tac…plus que trois jours avant les Rencontres AJC ! N’oubliez pas de vous inscrire ! De lundi à mercredi, se succéderont sur la scène de la Dynamo des concerts, temps d’échanges et de réflexions auxquels vous êtes toutes et tous convié·es. En attendant, le superbe film et l’album live des 20 ans de Jazz Migration sont toujours disponibles, de quoi revivre cette soirée mémorable et se préparer pour celles à venir.

    Dans le même temps, décembre rime aussi avec l’appel à candidatures pour Jazz Migration qui courra jusqu’au 24 janvier 2024. AJC est en quête des prochains groupes à accompagner sur deux ans !

    Qui dit fin d’année dit aussi derniers concerts de la tournée pour les lauréats Jazz Migration #8. Noé Clerc Trio jouera à L’Astrada Marciac le 2, Mamie Jotax se produira au Théâtre Sainte-Marie-d’en-Bas le 5 avant de partir pour la Baie des Singes avec Ishkero le 8. Enfin, Juliette Meyer et Fanny Lasfargues d’Haléis joueront à Rome le 9 dans le cadre du festival Una Striscia di Terra Feconda.

    Et enfin, du côté de nos adhérents et leur infatigable public, encore de nombreux concerts prévus pour les dernières semaines de 2023.

    Bonne lecture et à très vite aux Rencontres AJC

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  • Les Rencontres AJC – Zoom sur l’édition 2023

    Les Rencontres AJC – Zoom sur l’édition 2023

    LES CONCERTS JAZZ MIGRATION

    Lundi 4 décembre, montaient sur la scène de la Dynamo de Banlieues Bleues, les groupes lauréats Jazz Migration #9 Prospectus, Adèle Viret Quartet, Inui et Petite Lucette. Le concert de Prospectus a été enregistré et diffusé en direct dans l’émission Open Jazz d’Alex Dutilh, et les concerts suivants diffusés le samedi 9 décembre dans le Jazz Club de Nathalie Piolé. Pour celles et ceux qui n’ont pu être parmi nous, ou qui voudraient revivre cette soirée dédiée aux Jazz Migration, le podcast des deux émissions est disponible sur le site de France Musique.

    RETOUR EN IMAGES

    Prospectus
    Prospectus
    Adèle Viret Quartet
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    Adèle Viret Quartet
    Inui
    Inui
    Petite Lucette
    Petite Lucette
    Petite Lucette


    En savoir plus

    LES CONCERTS FRANCO-EUROPÉENS

    La soirée du mardi mettait à l’honneur des projets mêlant artistes français·es et européen·nes – comme une manière de poursuivre notre ouverture européenne et d’y accompagner la création jazzistique ! Trois concerts exceptionnels avec Daniel Erdamnn Sextet « Thérapie de Couple », « Shadowlands », et le trio Karja/Renard/wandinger. France Musique était à nouveau présent parmi nous à la Dynamo de Banlieues Bleues pour capter les concerts. Le premier a été diffusé dans l’émission Open Jazz d’Alex Dutilh, et les deux suivants seront bientôt diffusés dans le Jazz Club de Nathalie Piolé.

    Daniel Erdmann Sextet « Thérapie de Couple » dans
    Open Jazz


    Le Replay

    Starting Block – Trois groupes franco-européens – 30 ans de l’AJC


    Écouter

    RETOUR EN IMAGES

    Daniel Erdmann Sextet "Thérapie de Couple"
    Daniel Erdmann Sextet "Thérapie de Couple"
    Daniel Erdmann Sextet "Thérapie de Couple"
    Daniel Erdmann Sextet "Thérapie de Couple"
    Shadowlands
    Shadowlands
    Shadowlands
    Karja/Renard/Wandinger
    Karja/Renard/Wandinger
    Karja/Renard/Wandinger

    Toutes les photos de cette soirée sont de Maxim François.

    RÉINVENTER COLLECTIVEMENT LA DIFFUSION DE LA MUSIQUE

    Une ouverture par Olivier Soubeyran, professeur à l’Institut de Géographie Alpine de l’Université de Grenoble et membre du Laboratoire PACTE du CNRS.

    Pour cette dernière journée des Rencontres 2023, AJC organisait une table ronde autour du thème “Réinventer collectivement la diffusion de la musique”. Et c’est Olivier Soubeyran, dont les récents travaux portent sur l’adaptation au changement climatique en aménagement, qui a ouvert cette séance. 

    Le thèse est le suivante : la pensée aménagiste, à l’origine ordonnatrice et sûre d’elle-même, ancrée dans la haine de la surprise, est devenue plus modeste, plus politique que technique, s’ouvrant à une rhétorique de savoirs partagés et de co-productions de projets qui s’inscrit davantage dans une logique de l’improvisation, semblable à celle observée dans le jazz. En effet, la crise environnementale, plus encore le changement climatique, impose en aménagement d’agir dans l’incertitude, d’intégrer l’ignorance et la surprise comme condition de l’action. 

    olivier soubeyran

    Il faut désormais « s’attendre à l’inattendu » et « penser à l’impensable »

    Le chercheur a relevé le défi de présenter en une heure, les grandes lignes de sa réflexion, transdisciplinaire et pionnière, sur les conditions à partir desquelles l’improvisation peut être un principe structurant de la pensée aménagiste.

    Table ronde modérée par Charlotte Bartissol, directrice de l’association ProQuartet, Centre européen de musique de chambre

    Nous vous proposons ci-dessous un aperçu de cette table ronde dont l’intégralité des échanges a été publiée dans la dernière édition du Jazz Mig Mag.


    Lire la retranscription complète

    Comment les questions écologiques traversent-elles les situations du monde de la musique et comment transposer nos initiatives individuelles en action collective ?

    La parole a d’abord été donnée à Patrick Comoy, haut fonctionnaire adjoint à la transition écologique et au développement durable au ministère de la Culture. Petit service du secrétariat général du ministère de la Culture, son rôle est de faciliter la circulation de l’information entre le ministère et les structures culturelles, et d’encourager la réflexion autour du rôle qu’a à jouer le secteur culturel dans la transition écologique. Pour P. Comoy, la coopération est essentielle pour répondre aux grandes crises que nous traversons (climatiques, des ressources, et de la biodiversité). 

    « Créer les conditions de la coopération, l’encourager et la fluidifier, c’est un travail que nous portons. »

    P.COMOY

    La parole a ensuite été donnée à Frédérique Ménard, directeur et fondateur de Zutique Productions à Dijon. Connue d’abord pour son festival, le Tribu Festival qui brasse plusieurs esthétiques musicales, Zutique est avant tout une structure culturelle qui accorde une forte importance à la question territoriale dans l’élaboration de ses projets. 

    TR.Fred Ménard.2

    « Nous considérons le mot territoire sous son angle le plus polysémique : politique, économique, social, historique..etc.»

    Dans des logements sociaux du quartier prioritaire des Grésilles à Dijon, Zutique a lancé un projet de mixité d’usage ayant pour but de créer du lien entre les habitant·es de ceux-ci et les projets culturels mis en place. Est née la Coursive Boutaric, coursive de trois étages devenue une structure adhoc accueillant des espaces de travail pour la trentaine de structures membres du collectif. 

    • Par ailleurs, après un premier projet monté avec Dijon Habitat, c’est avec Voies Navigables de France que Zutique a opéré en réhabilitant une maison éclusière se trouvant le long du canal de Bourgogne pour y accueillir 42 formations musicales sur 16 week-end d’activité, d’avril à septembre, le but étant de travailler sur une saison inversée afin de limiter les dépenses énergétiques liées au chauffage l’hiver. Le nom de ce lieu, « Au Maquis », dont l’intention est de faire éclore la jeune création contemporaine dans ce qu’elle a de plus innovant et sensible, et de penser collectivement la société de demain, en reliant l’art et la société. Au Maquis, une grande attention est portée aux questions de consommation énergétique (limitation du chauffage, accessibilité au lieu uniquement à pied ou à vélo) de sobriété alimentaire (80% de la production alimentaire servie sera végane, 95% proviendra du circuit court) et de biodiversité (installation d’un verger conservatoire).

    Mathilde Coupeau, directrice de Jazz à Poitiers, a enchaîné sur la crise de modèle économique que traverse la SMAC. 

    « Nous nous inscrivons dans un modèle économique proche des musiques contemporaines et sommes extrêmement subventionnés et très peu en capacité de générer des recettes propres. Avec la succession de crises ces dernières années, nous arrivons au bout de ce modèle économique. »

    TR.1

    N’ayant plus les moyens d’organiser des concerts, la SMAC a suspendu l’entièreté de la saison 2024 et son festival Bruisme s’est vu maintenir quatre temps forts, le but étant de produire moins mais dans de bonnes conditions.

    C’est ensuite Philippe Gautier, musicien et secrétaire général du SNAM-CGT, qui s’est exprimé. Il a évoqué la vision réelle et la vision fantasmée du métier de musicien·ne. Pour lui, la structuration de ce-dernier se fait davantage autour des lieux de proximité tels que les cafés, bars, et restaurants considérés comme des maillons essentiels du développement artistique et culturel des territoires, que des salles de plus de 200 personnes. 

    TR.Philippe Gautier

    « Les personnes qui font le métier jouent toute leur vie dans des salles de moins de 200, et ce réseau a besoin d’être soutenu ! »

    Afin de favoriser l’offre artistique dans ces lieux, la SNAM-CGT a travaillé à la création des GIP Cafés Cultures qui assurent la gestion d’un fonds dédié au soutien de l’emploi artistique et technique.

    Laurence Loyer-Camebourg, directrice de la culture dans le Département de la Manche et directrice artistique du festival “Les Traversées Tatihou, festival des musiques du large”, a ensuite pris la parole pour souligner l’engagement du département de la Manche dans la démarche des droits culturels. La concertation, la coopération, la participation, le fait de ne pas faire “pour” mais bien “avec”, sont des démarches essentielles des droits culturels. Elle a par la suite évoqué les questions d’adaptation auxquelles doit répondre le territoire du département de la Manche du fait de la montée des eaux et des tempêtes récentes. Pour Laurence Loyer-Camebourg, la formation est un enjeu crucial pour accompagner l’ensemble des acteur·trices et habitant·es du territoire dans les transitions RSE et écologiques.

    « Dans toutes nos conventions, nous posons ces questions et ces ambitions par écrit. Et nous le faisons en co-construction avec les acteur·rices, afin que ces questions ne restent pas lettre morte et soient suivies d’effets. »

    LLC copie

  • Sons d’hiver du 19 janvier au 10 février

    Sons d’hiver du 19 janvier au 10 février

    Sons d’hiver, 33ème édition ! Du 19 janvier au 10 février 2024.

    Festival itinérant dans le département du Val-de-Marne (avec deux incursions à Paris), Sons d’hiver n’existe que par et pour la coopération, l’échange, la co-construction avec des partenaires sur le territoire. Sans prétendre à l’exhaustivité géographique, Sons d’hiver étend cette année sa présence dans le Val-de-Marne à 3 nouveaux lieux partenaires : le Centre des Bords de Marne au Perreux-sur-Marne, le Théâtre Antoine Watteau à Nogent-sur-Marne, et le Centre Culturel La Rue à Mandres-les-Roses, dans un partenariat conjoint avec la commune de Villecresnes. Nous retrouverons également Le Hangar à Ivry-sur-Seine, lieu incontournable des musiques actuelles du département, et nous découvrirons le nouveau Théâtre Jean-François Voguet récemment inauguré à Fontenay-sous-Bois. 

    Au programme : 17 soirées, plus de 150 artistes aux semelles de vent, créateurs d’une musique sans âge, imperméables aux tentatives d’étiquetage. Et 32 concerts qui embrassent à dessein des styles musicaux très divers, affairés, dans un mouvement opérant par cercles concentriques, à joindre leurs forces, à observer leurs points communs, à se jouer de leurs différences. 

    Nous fêterons des anniversaires. Les 70 ans du guitariste américain Marc Ribot, homme-clé de la scène internationale des musiques d’avant-garde, à qui nous donnons carte blanche pour 3 concerts en forme de portrait, avec un solo déroulant chants de lutte, hymnes militants, chansons d’amour et improvisations libertaires ; un trio inédit augmenté du saxophoniste James Brandon Lewis déclinant ses influences venues du jazz ; et en guise de cerise sur le gâteau son power trio Ceramic Dog qui dynamite les scènes du monde entier depuis plus de 15 ans désormais. Les 50 ans du groupe pionnier Ethnic Heritage Ensemble du percussionniste chicagoan Kahil El’Zabar, dont la musique combine les concepts de la musique africaine-américaine avec les racines de la musique africaine traditionnelle. Pour cette célébration exceptionnelle à Sons d’hiver, le groupe sera entouré du saxophoniste David Murray et du tromboniste Joe Bowie (frère de Lester Bowie), et d’une section à cordes qui habillera cet anniversaire, pour un ensemble drapé dans sa superbe. 

    Quatre projets en grand format menés par des compositrices françaises marqueront d’une empreinte forte l’édition 2024 de Sons d’hiver. 

    La pianiste Eve Risser reprendra son programme “Kogoba Basigui” né d’une rencontre particulièrement fertile entre son Red Desert Orchestra et le Kaladjula Band de la Malienne Naïny Diabaté. La flûtiste Sylvaine Hélary et son Orchestre Incandescent mêleront instrumentarium ancien et électronique pour une plongée au cœur des textes de la poétesse Emily Dickinson et de l’icône rock PJ Harvey. 

    La contrebassiste Joëlle Léandre présentera pour la première fois en Europe son nouveau septet dont la création eut lieu à New-York en juin dernier dans le cadre des célébrations autour de son Lifetime Achievement Award décerné par le Vision Festival. Prix remis pour la première fois à un artiste français. Consécration méritée pour cette artiste d’exception. 

    Enfin, une autre contrebassiste française, Sélène Saint-Aimé, présentera une nouvelle création intitulée “New Orleans Creole Songs”, fruit d’une résidence de plusieurs mois à la Villa Albertine à La Nouvelle-Orléans, où elle s’est efforcée d’explorer les lieux et l’histoire musicale de la ville, de tracer des cartes mentales de l’héritage issu des cultures africaines, afro-indiennes et caribéennes. 

    Berceau du Jazz et capitale américaine de la tradition du Mardi-Gras, magnifique écrin à une langue créole vivace et vivifiante, La Nouvelle-Orléans a marqué de son fer depuis longtemps l’imaginaire et la mémoire collectifs. Cette ville, et plus largement les cultures populaires du Sud des Etats-Unis feront l’objet d’un focus particulier pendant l’édition 2024 de Sons d’hiver. Avec au menu, outre la création de Sélène Saint-Aimé, une commande faite à Leyla McCalla d’un programme autour des liens puissants et historiques existant entre la culture haïtienne et La Nouvelle-Orléans ; la présentation du programme « All Indians ? » de L’Impérial Quartet ; la voix unique du bluesman Jontavious Willis ; et la présence exceptionnelle du joueur de banjo Béla Fleck et de la chanteuse folk Rhiannon Giddens, tous deux véritables stars américaines récompensées par plusieurs Grammy Awards. 

    Si le jazz et les musiques improvisées sont depuis toujours au cœur du projet artistique de Sons d’hiver, avec la présence des maîtres du genre toutes générations confondues (cette année : Ambrose Akinmusire, Benoît Delbecq, Mark Turner, Marilyn Mazur, David Virelles, William Parker, Hamid Drake, Sylvain Darrifourcq…), le festival propose depuis quelques temps une ouverture sur les cultures du monde. Notons ainsi la présence de l’inventeur de l’éthio-jazz Mulatu Astatke, du balafoniste virtuose ivoirien Aly Keïta, du pianiste d’origine chilienne Newen Tahiel pour une création exceptionnelle autour des commémorations du 50ème anniversaire du coup d’État qui a amené des milliers de Chiliens à s’exiler (et dont plusieurs centaines se sont installés à Fontenay-sous-Bois), du joueur de guembri marocain Majid Bekkas, du percussionniste indien Trilok Gurtu, du guitariste japonais Otomo Yoshihide, ou de la percussionniste iranienne Saghar Khadem. 

    La danse – avec le Grand bal d’hiver festif et populaire organisé par le groupe Papanosh de la compagnie des vibrants Défricheurs, avec de nombreux invités venant de multiples horizons : Bernard Lubat, Napoleon Maddox, la chanteuse colombienne Alejandra Charry (du groupe Pixvae), la chanteuse syrienne Climène Zarkan (du groupe Sarab), Fidel Fourneyron, André Minvielle… ; la transe – avec le nouveau quartet du percussionniste australien Will Guthrie ; et l’incandescence – avec le rap acéré de la franco-péruvienne Billie Brelok et de l’américain Billy Woods, seront également au rendez-vous de cette 33ème édition de Sons d’hiver. 

     

    Fabien Simon, directeur du festival

     

    Programmation et billetterie