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  • Ecotour : cartographier les lieux de diffusion pour construire des tournées éco-responsables

    Ecotour : cartographier les lieux de diffusion pour construire des tournées éco-responsables

    Une cartographie collaborative des lieux de diffusion en France

    • Ecotour est un outil en ligne qui propose une cartographie interactive et collaborative des lieux de diffusion artistique en France, toutes disciplines confondues. Pensée comme une base de données évolutive, la plateforme rassemble théâtres, scènes de musiques actuelles, lieux pluridisciplinaires ou encore espaces indépendants, poursuivant 4 objectifs :
    •  
    • – L’optimisation économique des tournées
    • – L’amélioration des conditions de travail des équipes artistiques et techniques
    • – La réduction de l’impact environnemental du spectacle vivant
    • – L’augmentation du nombre de dates

    Construire des tournées cohérentes et moins carbonées

    En entrant un trajet entre deux lieux de diffusion (par exemple entre un concert en Bretagne et un autre en région parisienne), Ecotour permet de visualiser tous les lieux situés sur le parcours, et d’identifier des opportunités de programmation supplémentaires. Cela offre aux artistes et aux équipes la possibilité de densifier les tournées, en sollicitant des salles situées sur la route, et ainsi celle de réduire l’impact carbone lié aux déplacements peu optimisés.

    Un outil adapté aux réalités du spectacle vivant

    Pour les projets jazz comme pour d’autres disciplines du spectacle vivant, Ecotour se révèle particulièrement pertinent : il accompagne les professionnel·les (tourneurs, chargé·es de diffusion, artistes indépendant·es) dans la recherche de dates complémentaires, tout en tenant compte des enjeux environnementaux. Il constitue aussi un levier de dialogue avec les programmateur·rices et les réseaux territoriaux, en favorisant des logiques de mutualisation et de coordination.

    Une démarche collective et évolutive

    Ecotour repose sur une logique collaborative : chacun·e peut enrichir ou corriger la base de données participant ainsi à son développement. Accessible gratuitement, la plateforme a été pensée comme un bien commun au service de la transition écologique du spectacle vivant. Pour chaque date obtenue via la plateforme, une contribution volontaire de 30 euros est attendue.

    🟢 En accès libre sur : www.ecotourspectacle.fr

  • Communiqué – Le réseau AJC a élu son nouveau Conseil d’Administration

    Paris, le 4 décembre 2024

     

    À l’occasion d’une nouvelle édition des Rencontres AJC, qui a rassemblé plus de 400 professionnel·les de France et d’Europe autour de concerts, et de nombreux moments d’échange et de débat, le réseau AJC, regroupant 95 festivals et lieux de jazz, s’est réuni en Assemblée Générale. Au cours de cette réunion, les 95 festivals et lieux du réseau ont élu un nouveau Conseil d’Administration composé de 10 membres. Ses membres reflètent la diversité d’AJC : festivals, scènes labellisées, lieux de jazz ; situés en milieu rural ou urbain ; et tous ouverts à l’ensemble des courants du jazz et des musiques improvisées. Ils partagent cette même conscience de l’importance de représenter le réseau et de défendre ces esthétiques.

    AJC poursuivra évidemment son engagement au travers de ses nombreuses actions de production, de diffusion et de sensibilisation, tant en France qu’à l’international, tels Jazz Migration, Jazz With. Le réseau cherchera à maintenir son soutien à des projets ambitieux (The Bridge, French Nordic Jazz Transit, …), poursuivra son travail d’observation et de publication, tout en consolidant ses relations avec l’État, le Centre National de la Musique, les collectivités, les institutions européennes et l’ensemble des partenaires de la filière musicale et culturelle.

    Nous avons également tenu à exprimer notre gratitude envers Philippe Ochem, qui a consacré près de 30 années à AJC, d’abord en tant que membre, puis en tant que président depuis 2015. À cette occasion, un nouveau bureau a été élu, ainsi qu’une nouvelle présidence. Pour la première fois, AJC se dote d’une co-présidence, incarnée par Ségolène Alex, directrice de Jazzèbre (Perpignan), et Pierre Dugelay, directeur du Périscope (Lyon) au sein d’un bureau paritaire. Cette co-présidence accompagnera le réseau et ses adhérents dans les prochaines années, cruciales pour le monde musical et culturel.

    Le nouveau Conseil d’Administration

    Présidente : Ségolène Alex – directrice de Jazzébre

    Président : Pierre Dugelay – directeur du Périscope

    Trésorière : Anouchka Charbey – Directrice du Théâtre de Vanves

    Secrétaire : Gilles Gautier – Gérant de JazzUs

    Sylvain Elie – Directeur du Petit Faucheux

    Tiphanie Moreau – Chargée de développement jazz du festival Jazz sous les pommiers

    Karine Peignaud – Directrice de Jazz à Luz

    Aurélien Pitavy – Directeur de Charlie Free

    Fréderic Roy – Directeur du Pannonica

    Boris Sommet – Secrétaire général à la Scène Nationale d’ALBI-Tarn

  • Étude sur les inégalités Femmes/Hommes (F/H) et sur les violences sexistes et sexuelles (VSS) dans le jazz et les musiques improvisées

    Étude sur les inégalités Femmes/Hommes (F/H) et sur les violences sexistes et sexuelles (VSS) dans le jazz et les musiques improvisées

    Etude réalisée par
    Marie Buscatto et Ionela Roharik,

    coordonnée par
    AJC, la FNEIJMA et Grands Formats

    données 2022

    INTRODUCTION ET MÉTHODOLOGIE

    Après une première étude menée en 2018, les réseaux AJC, Grands Formats et la FNEIJMA ont désiré réaliser un nouvel état des lieux sur les inégalités entre femmes et hommes dans le jazz et les musiques improvisées ainsi qu’un premier constat sur les violences sexistes et sexuelles (VSS). Cette étude a été confiée à Marie Buscatto et Ionela Roharik, deux universitaires expérimentées, sociologues du genre, du travail et des arts.

    Les résultats révèlent le maintien fort des inégalités entre femmes et hommes et la présence d’agissements sexistes encore peu nommés et peu combattus au quotidien.

    Néanmoins, ils font état d’une volonté affirmée de la part des personnes et des institutions actives dans le milieu du jazz et des musiques improvisées en France de transformer ce secteur pour qu’il devienne plus favorable aux femmes musiciennes.

    La solidité de l’analyse repose sur une articulation fine entre les réponses aux questionnaires et les discours recueillis lors des entretiens qualitatifs. Au regard des conditions de passation et des taux de réponse, nous ne saurons mettre en avant la «représentativité statistique» de l’enquête, mais bien sa «significativité sociologique».

     
    graphique intro

    DES INÉGALITÉS PERSISTANTES

    …ENTRE LES MUSICIENS ET LES MUSICIENNES

    …DANS L’ADMINISTRATION ET LA TECHNIQUE AUSSI

    Les femmes semblent avoir quelques difficultés à se voir reconnaître des compétences techniques ou musicales ou des aptitudes physiques

    + des hommes qui n’écoutent pas leurs avis

    • + des hommes et des femmes qui ne leur donnent pas l’occasion d’exercer dans ces domaines

      • + des hommes qui leur expliquent comment s’y prendre

    « Les femmes doivent rester à leur place, on me l’a dit, faut savoir rester à ta place, on me l’a dit quand j’ai parlé lors d’une intervention sur la programmation…»
                                                       MORGANE, 40-50 ANS, gestionnaire administrative

    DES RÉPERTOIRES MAJORITAIREMENT PORTÉS PAR DES HOMMES

    En moyenne, 20% des morceaux joués par les équipes artistiques sont composés par des femmes, contre 63% par des hommes.

    L’étude établit un lien de corrélation entre le taux de répertoire composé par des hommes et la part nettement majoritaire d’équipes artistiques dirigées par un homme.

    DES INÉGALITÉS DE REVENUS

    DES FEMMES ENSEIGNANTES EN SITUATION MOINS FAVORABLE

    Les femmes travaillent plus que les hommes mais sont plus précaires et moins stables dans l’emploi enseignant.
    L’enseignement est la source principale de revenus déclarée par 60% des femmes contre 40% des hommes.

    Lorsque l’enseignement est leur activité principale, elles sont les seules à travailler plus de 29 heures par semaine (17,7%).

    53%

    des femmes donnent entre 1 et 10 heures de cours par semaine.

    59%

    des femmes doivent travailler dans plusieurs écoles contre 29% d’hommes

    45%

    de femmes travaillent en CDD à temps partiel contre 25% pour les hommes.

    en CDI, soit-il à temps partiel, les proportions s’inversent :

    20% de femmes, 32% d’hommes

    31%

    de femmes enseignantes sont titulaires de leur poste contre 69% d’hommes.

    UN CHOIX TOUJOURS TRÈS GENRÉ DANS L’INSTRUMENT JOUÉ

    UNE POTENTIELLE ÉVOLUTION À
    L’OEUVRE QUANT AU CHANT ?

    Si le chant reste l’apanage des femmes, l’échantillon observé démontre une évolution de la part des hommes chanteurs.

    DES PROCESSUS SOCIAUX PRODUISANT LES INÉGALITÉS…ET CONTRAIRES À L’ENTRÉE, AU MAINTIEN ET À LA RÉUSSITE DES FEMMES MUSICIENNES

    • + Une moindre place laissée à l’apprentissage et à l’expression des femmes sur scène

    • + Une cooptation privilégiant le recrutement entre hommes musiciens

    • + Les stéréotypes féminins péjoratifs

    • + Une dévalorisation à priori des compétences professionnelles

    • + Les femmes musiciennes tendent à être sexualisées

    LA FAIBLE PRÉSENCE DES FEMMES EN FORMATION PROFESSIONNELLE, UNE RÉALITÉ CERTES AVÉRÉE, MAIS MOBILISÉE COMME UNE EXCUSE

    • Ratio hommes/femmes en formation loisirs :

      Moyenne : 1,38 hommes pour 1 femme
      Minimum : 0,7
      Médiane : 1,35
      Maximum : 2,5

      Ratio hommes/femmes en formation professionnelle :

      Moyenne : 3,62 hommes pour 1 femme
      Minimum : 1,5
      Médiane : 2,1
      Maximum : 16

    UNE MAJORITÉ D’HOMMES DANS LES CURSUS LOISIRS, CONFORTÉE ET RENFORCÉE DANS LES FORMATIONS PROFESSIONNELLES

    • Les personnes rencontrées invoquent des schémas sociaux indépendants des pratiques des acteurs et des actrices du jazz et des musiques improvisées :

      + l’absence de modèles

      • + l’absence de confiance des femmes en elles

      • + l’intérêt des femmes pour des activités « féminines » autres que le jazz

    « à formation égale, les femmes jouissent d’un tremplin de visibilité par rapport aux mecs car on est beaucoup plus nombreux. […] elles ont un relais médiatique que n’ont pas les mecs, elles sont plus visibles. »

    « J’aurais adoré qu’on m’appelle pour faire des groupes, des sessions. Mais je ne pouvais pas partager la camaraderie des musiciens qui m’entouraient, même si je faisais tout pour gommer ma féminité, je restais malgré tout une présence qui empêchait la décontraction, qui dérangeait l’entre-soi masculin, qui intimidait et qui obligeait à éviter les blagues ou allusions sexistes. »

    J’ai réussi le concours du conservatoire, et quand je suis rentrée, là c’est devenu dur d’être une femme. On était trois femmes, et pendant quatre ans, je me suis sentie exclue. On me disait que j’étais là parce que j’étais une femme, les autres ne m’invitaient pas. »

    PIERRE, musicien de 50-60 ans

    CLAIRE, musicienne de 40-50 ans

    ANOUK, musicienne de 30-40 ans

    LES VIOLENCES SEXISTES ET SEXUELLES DANS LE JAZZ ET LES
    MUSIQUES IMPROVISÉES

    LES INSTITUTIONS ADOPTENT DES MESURES, UN ENGAGEMENT JUGÉ NÉCESSAIRE

    Les mesures indiquées comme les plus importantes selon les répondant·e·s sont :

    + l’existence d’un protocole de signalement

    + la formation des personnels sur les différents types de VSS

    + des actions de sensibilisation auprès de tous les personnels

    87%

    des institutions sondées ont pris au moins une mesure de protections contres les VSS.

    LOI DU SILENCE AUTOUR DES VSS, UN SENTIMENT PARTAGÉ ?

    31% à 58%* des femmes contre 14 % à 28 %* des hommes partagent ce sentiment.

    DES COMPORTEMENTS ENTRANT DANS LE CHAMPS DES VSS, PASSÉS SOUS SILENCE OU PAS IDENTIFIÉS COMME TELS ?

    Les réponses des individus face à celles des responsables traduisent là encore le constat d’une sous-déclaration des VSS.

    L’hypothèse envisagée est celle d’une considération relative de la gravité de certains agissements, comme les blagues, les remarques sur la tenue vestimentaire ou les propos à connotation sexuelle.

    « Il y a beaucoup de choses qui me passent à côté, je ne voispas les choses se passer en fait. (…) Il y a des profs qui font des réflexions à connotation sexiste, mais seulement entre hommes. »

    PAUL, musicien-stagiaire en formation professionnelle d’une vingtaine d’années

    DES ENTRETIENS QUI CONFIRMENT CETTE ANALYSE

    Tout se passe comme si les violences sexistes du quotidien tendent à être invisibles pour l’essentiel ou lorsque observées, très rapidement oubliées, car quasiment impossibles à dénoncer dans un cadre de travail serein et cela, malgré le souhait de nombreuses personnes de vouloir que la situation change.

    « Elles sont traitées plus comme des objets sexuels que comme des artistes. Même si c’est un peu moins, ça change un peu quand même. Moi, ce n’est pas mon truc, je ne suis pas un queutard, du coup on m’a fait des blagues sur le fait que je pouvais être homosexuel, du genre « t’es un peu PD quand même, un peu lopette…Je n’étais pas complètement un vrai homme pour eux. Je ne l’ai pas bien vécu, et en même temps j’y ai participé, j’ai fait des blagues sexistes pour que ça passe. Mais je l’ai fait par autodéfense, pas par conviction. »

    CLÉMENT, musicien de 40-50 ans

    DES PERSONNES INVESTIES, UNE VOLONTÉ D’ACTION AFFIRMÉE
    MAIS DES MOYENS D’ACTION ENCORE EN DISCUSSION

      • Cette nouvelle enquête permet d’observer des inégalités toujours aussi criantes issues de processus sociaux largement ancrés et de violences sexistes et sexuelles banalisées. Mais certaines données comme certains discours laissent espérer une prise de conscience du monde du jazz et une évolution future positive.

        Parmi nos trois réseaux, ce sont ainsi entre 85% et 88% de nos adhérents qui ont adopté des mesures en faveur de l’égalité femmes/hommes ou en faveur d’une protection contre les violences sexistes et sexuelles. Est-ce le signe d’une prise de conscience ou le résultat d’un impératif posé par les institutions finançant le secteur ?

        Les causes diffèrent mais les résultats sont présents, les répondant·e·s sont clairement favorables à la lutte contre les inégalités femmes/hommes et les violences sexistes et sexuelles.

         
      • Difficile de savoir si l’enquête a recruté parmi une population concernée très minoritaire ou parmi une population investie représentative des manières dont une majorité des membres du monde du jazz envisage l’avenir – plus égalitaire et moins sexiste.

        Mais cette population «de bonne volonté» est bien présente et peut servir de point d’ancrage à des actions ciblées, que l’on pense lutte contre les VSS ou féminisation du monde du jazz et des musiques improvisées. Cette « bonne volonté » est encore ce pendant soumise à la difficulté de se mettre d’accord sur les actions à mettre en place, les initiatives étant nombreuses et discutées – formation des acteur·rice·s, sensibilisation, mise en place de quotas, espaces de discussions, échanges de bonnes pratiques, etc.

        Les initiatives engagées par de nombreux·ses acteur·rice·s doivent cependant se poursuivre et de façon concertée et collective, en cherchant à impliquer tout le champ du jazz et des musiques improvisées – de la diffusion, à la formation comme à la production.

    NOS STRUCTURES

    AJC

    Né en 1993, AJC est un collectif de 92 festivals, clubs, scènes labellisées défendant une programmation réfléchie, construite sur une idée militante et progressiste du jazz : contemporain, créatif, généreux et dont le propos s’inscrit dans le cadre de projets culturels citoyens.

    FNEIJMA

    Fondée en 1990, la FNEIJMA rassemble plus d’une trentaine d’écoles de musique privées et indépendantes formant des musiciens et des musiciennes au jazz et aux musiques actuelles, qu’iels soient professionnel·le·s, en voie de professionnalisation et/ou amateurs.

    GRANDS FORMATS

    est une fédération qui réunit aujourd’hui 116 grandes formations et collectifs d’artistes français·es et européen·nes du jazz et des musiques improvisées, outils de création uniques, porteurs d’une histoire et d’un héritage artistique précieux.

  • [Actualités des adhérents] Un dispositif à destination des jeunes musiciennes

    [Actualités des adhérents] Un dispositif à destination des jeunes musiciennes

    Le souhait de la percussionniste et compositrice Anne Paceo de créer un espace d’échange et de pratique dédié aux femmes musiciennes de jazz, se concrétise grâce à l’appui du Festival Jazz sous les Pommiers et Les Gémeaux qui lancent le dispositif « Women in Jazz ».

    Le programme vise à accompagner les jeunes musiciennes sur différents aspects : pratique artistique, le cadre professionnel ou bien en offrant un espace de rencontre et de parole avec de grandes figures féminines du jazz.

    Il est d’ores et déjà possible pour les musiciennes intéressées de prendre part à l’appel à candidatures qui se termine le 20 mai 2023. À l’issue de la sélection, les candidates auront l’occasion de participer à un winter camp à Coutances en décembre, puis un summer camp lors du Sceaux Jazz Festival du 19 au 21 juin 2024. Cette première édition du dispositif s’achèvera avec un concert de restitution intégré à la programmation du festival.

  • 20 ans de Jazz Migration

    74 groupes, plus de 230 artistes, plus de 1000 concerts organisés par AJC, des centaines de journées de formations et de résidences, et chaque année, près de 80 candidatures et plus de 100 festivals, lieux et scènes généralistes impliquées.
    Voici en quelques chiffres la portée de Jazz Migration, dispositif qui aura accompagné une large partie de ce qui fait le jazz français aujourd’hui.

    Jazz Migration n’est plus ce qu’il était en 2002, mais ses évolutions suivent les besoins d’un champ professionnel en profonde et régulière mutation. En 2015, lorsque nous refondons le dispositif, aux missions toujours aussi urgentes que sont le repérage et la circulation des artistes, nous ajoutons un parcours de professionnalisation ainsi qu’un accompagnement artistique, faisant de Jazz Migration un dispositif aussi complet qu’unique et répondant aux besoins de nombreux jeunes musicien·ne·s de jazz et de musiques improvisées.

    20 ans après la naissance de ce projet, nous avons souhaité convoquer le passé pour mieux préparer le futur ! Nous avons ainsi travaillé nos archives afin d’étudier les évolutions prises par le dispositif au cours de ces 20 dernières années et avons mis en place une enquête auprès des lauréat·e·s Jazz Migration pour juger l’évolution du dispositif comme encore mieux cerner leurs réalités.

    Jazz Migration «sera toujours d’actualité [car] il y aura toujours ces premières marches difficiles à franchir quand on s’oriente vers la création» pour reprendre les termes de Yann Causse. Et afin qu’il le reste, nous devons aussi penser son futur, ses orientations, ses développements, au plus proche des besoins des artistes et des évolutions du secteur. C’est le pari pris il y a 20 ans et il mérite encore toute notre attention en 2022 !

    Les lauréat·e·s

    > 74 formations dont près de la moitié encore en activité

    > 230 musicien·ne·s

    > 95 % sont intermittent·e·s du spectacle

    > 99 % se définissent comme profesionnel·le·s

    La sélection

    > de 24 votants en 2013 à 108 en 2021

     

    > de 10 % de votants non-membres d’AJC en 2015 à près de la moitié
    en 2022

    Pour une meilleure représentation femme/homme

    Année après année, les jurys comme les votants influent sur la part des musiciennes au sein du dispositif, oeuvrant pour une meilleure représentation des musiciennes.

    La diffusion

    Depuis 2002, l’ensemble des tournées Jazz Migration totalise 1056 concerts, dont 16 % à l’international.

    > plus de 207 festivals et lieux impliqués, dont 54 diffuseurs en Europe

     

    Aujourd’hui, entre 30 et 40 % de la programmation se passe hors du réseau AJC, entre 50 et 60 % sur des festivals, et plus de 20 % sur des scènes dîtes labellisées.

     

    Une diffusion à l’étranger en concordance avec l’histoire et les actions internationales portées par le réseau et qui n’a de cesse de se développer depuis plusieurs années.

    La visibilité des artistes

    Ces dernières années, ce ne sont pas moins de :

    57 articles ou chroniques dans la presse nationale et spécialisée

    36 reportages photo

    26 captations de concerts et livestreams

    30 émissions de radio (France Musique, Radio Campus…)

    L’accompagnement

    «

    Jazz Migration a été un vrai tremplin. — lauréat·e JM#5

    Ce dispositif a ouvert un grand champ de possibles. — lauréat·e JM 2013

    Début 2022, nous avons lancé une enquête auprès des ancien·ne·s lauréat·e·s questionnant leur ressenti et leur perception de Jazz Migration et de ce qu’il a pu apporter à chacun·e. Plus de 100 artistes y ont répondu, traçant autant de lignes de satisfaction que de pistes de travail et de réflexion à envisager pour faire évoluer celui-ci.

    Autour de la structuration

    79 % des musicien·ne·s expriment une réelle satisfaction quant à l’accompagnement et la réflexion sur la structuration de leur activité.

    «

    J’ai acquis des connaissances dans la compréhension globale du milieu et des interactions entre les différents acteurs, problématiques rencontrées par les programmateurs, enjeux des sociétés civiles, etc. — lauréat·e JM#2

    Le dispositif a été décisif dans le lancement de ma propre structure de production. — lauréat·e JM#4

    Autour des notions d’écosystème et de réseau

    63 % des répondant·e·s estiment que l’accompagnement a été un facilitateur dans sa capacité à créer du réseau et
    84 % des répondant·e·s estiment que Jazz Migration leur a permis de se constituer un réseau de profesionnel·le·s nationaux·ales.

    «

    Jazz Migration permet une mise en relation « accélérée » avec beaucoup d’acteurs du jazz français surtout mais aussi européen. — lauréat·e JM#2

    Jazz Migration est un repère pour beaucoup de programmateurs, même à l’étranger. Le dispositif nous a permis de faire pleinement partie du réseau jazz européen dans lequel on évolue depuis 15 ans. — lauréat·e JM 2007

    Autour des projets artistiques

    79 % des répondant·e·s estiment que Jazz Migration a eu une influence bénéfique sur la démarche artistique de leur projet et 71 % estiment que Jazz Migration leur a permis de développer leur jeu.

    «

    Pouvoir jouer de manière régulière sur une saison entière a renforcé notre cohésion musicale et consolider notre identité artistique. — lauréat·e JM#3

    Effets positifs indéniables, de jouer un aussi grand nombre de concerts en une année, en plus d’une résidence qui permet d’approfondir le propos artistique. — lauréat·e JM#2

    Autour de l’accompagnement des artistes

    76 % des musicien·ne·s expriment une réelle satisfaction quant aux apports de l’accompagnement sur la connaissance de l’écosystème, 74 % et 78 % sur les thèmes « droit du travail » et « financements de la création ».

    «

    Nous avons eu de l’aide pour nous structurer, comprendre le fonctionnement des institutions et lieux de spectacles mais aussi nous faire connaître d’une bonne partie d’entre eux. — lauréat·e JM#5

    Jazz Migration m’a permis de mieux cerner l’ensemble des tâches professionnelles périphériques à la musique. Aujourd’hui je suis bien mieux préparé et organisé face à ces enjeux. — lauréat·e JM#6

    La sélection

    Typologie des votants JM#8 (2022)

    62 formations parrainées

    29 ans : l’âge moyen des candidat·e·s

    56 % des votants ne sont pas membres d’AJC

    108 structures impliquées dans la sélection finale

    1 groupe sur 2 provient d’Île-de-France

    Plus de 70 % du budget dédié à l’artistique (concerts & résidences)

    La tournée

    96 concerts dont 25 à l’étranger

    9 projets d’action culturelle (rencontres, ateliers, masterclasses…)

    + de 15 000 spectateur·rice·s rencontré·e·s

    Les lieux de diffusion de la tournée JM#7 (2022)

    L’accompagnement

    Plus de 100 heures de formation et de rendez-vous thématiques

    18 journées de résidences artistiques

    Près de 100 rendez-vous professionnels et speed-meetings

    Des kits communication complets à destination des artistes (EPK, vidéos live, photos, textes…)

    1 compilation envoyée à plus de 1000 professionnel·le·s français·e·s et européen·ne·s

    Les ramifications de Jazz Migration

    L’accompagnement professionnel et artistique des 9 groupes finalistes, un accompagnement de 4 jeunes artistes, une résidence professionnelle à l’étranger grâce à un dispositif européen et avec Transversales, une résidence d’expérimentation artistique entre artistes du Fair, des Inouïs, etc.

    Jazz Migration est une aventure collective d’un réseau fidèle aux préceptes qu’il a défini en 1993 : accompagner et faire vivre l’émergence, qui s’est mis au service des artistes, et dont les orientations prises — participation du secteur, rayonnement sur tout le territoire, large diffusion, volet d’accompagnement étoffé et parmi les plus complets, etc. — en ont fait une référence.

    «

    Jazz Migration sera toujours d’actualité, (…) il est nécessaire à l’écosystème, comme une irrigation naturelle et essentielle. — Yann Causse

    L’accompagnement de nos artistes est un investissement nécessaire qui ne peut se concrétiser sans la présence de nos partenaires et de nouveaux financements pour offrir Jazz Migration la stabilité comme l’occasion de travailler à de futurs développements, pour certains déjà entamés, d’autres encore à construire :

    • En 2022, nous avons été en appui à plus de 65 artistes, constatant la portée que pouvait avoir Jazz Migration à son plein potentiel. Maintenir un tel spectre en même temps qu’une expertise et un accompagnement de qualité est un chantier essentiel.
    • – Les retours des artistes passé·e·s par Jazz Migration nous confortent dans la justesse de notre accompagnement, mais celui-ci doit encore et toujours s’affiner pour être au contact des réalités du secteur et des besoins des artistes.
    • – Notre accompagnement artistique a su évoluer intégrant aujourd’hui d’ancien·ne·s lauréat·e·s en son sein. Cet échange intergénérationnel est d’une rare pertinence artistique et professionnelle et mérite d’être installé durablement.
    • – La place du jazz dans l’industrie discographique est un enjeu majeur, encore plus pour les jeunes artistes. La question de la création d’un label « Jazz Migration » permettrait d’encadrer comme de stabiliser cette question.
    • – En lien direct avec nos actions internationales, il existe de nombreuses perspectives de développement pour nos artistes en Europe, hors de simples logiques d’export. « Constellations » est une ébauche qui ne demande qu’à être poursuivie.
    • – La possibilité offerte par « Transversales » à des artistes de se confronter, de découvrir d’autres espaces de travail, par la mise en place de passerelles avec le FAIR, les Inouis, etc. est une chance inouïe qui mérite notre attention.

    Accompagner la jeune création jazzistique,
    c’était notre engagement en 2002, il n’a pas changé !

  • Jazzdor Series publie SEUILS

    Jazzdor Series publie SEUILS

    Jazzdor Series se consacre en 2022 aussi à l’édition, et publie SEUILS. Ce recueil de photographies se parcourt comme un album de famille qui met en lumière les connivences musicales du musicien-photographe François Corneloup à travers une galerie de portraits ponctuée par la prose vivace du producteur-artisan Jean Rochard.

    « Du temps arrêté où se forment nos regards, ces images approchent ces personnages entre ce qui est vécu et ce qui est à vivre, ce moment où l’œil est au seuil. » François Corneloup est musicien. Un de ces musiciens de la vitalité transformatrice, de ce que le jazz a pu offrir d’alchimies exigeantes, de travail fructueux, d’attention aux origines comme aux métamorphoses de l’inexploré. Un musicien doté d’une forte sensibilité de compagnonnage. Et d’un œil aussi. Sa passion photographique l’a conduit à saisir ses camarades de jeux aux endroits où on ne les voit pas. Dans l’attente, l’avant scène, il cadre leurs secrètes humeurs comme perceptibles emplacements successifs où se dessinent, se rejoignent et s’allient tendrement, autant de seuils de vie.

    François Corneloup sera présent en librairie pour un solo, suivi d’une séance de signatures :

    Avril 2022

    Vendredi 1er avril 2022
    Librairie du Contre-temps — 5, Cours Victor Hugo 33130 Bègles

    Vendredi 08 avril 22
    Salon Escale du Livre-Bordeaux en partenariat avec la Librairie Olympique
    Place Renaudel 33800 Bordeaux

    Samedi 09 avril 2022
    Librairie Texture — 94 avenue Jean Jaurès 75019 Paris

    Mai 2022

    Jeudi 12 mai 2022
    Disquaire Le Souffle continu — 22 Rue Gerbier, 75011 Paris

    Samedi 14 mai 2022
    Librairie musicale La Machine à Musique — 13-15 rue du Parlement Sainte Catherine 33000 Bordeaux

  • Hommage à Françoise Dupas

    Hommage à Françoise Dupas

    Ce mercredi 17 novembre, nous avons appris avec une immense tristesse le décès de Françoise Dupas. Elle se battait depuis bientôt deux ans avec acharnement contre la maladie qui a malheureusement et finalement eu raison d’elle…

    Nous tenons à lui rendre hommage pour tout ce qu’elle nous a apporté, ainsi qu’au secteur des musiques actuelles et du jazz pendant toutes ces années.

    En effet, Françoise a d’abord été la première salariée de la naissante Fédurok. Aux côtés de Didier Veillault, président-fondateur, elle a contribué à installer la fédération, en réunissant les salles de concert et cafés-concerts de l’époque, devenus SMAC pour une bonne partie depuis.

    A 30 ans, Françoise a rejoint le Grand Mix en 2001 pour remettre l’équipement sur pied. Elle a alors quitté Nantes pour Tourcoing et a contribué à faire de la salle de concerts ce qu’elle est devenue aujourd’hui : un lieu de référence pour la métropole lilloise et nationalement.

    Comme Françoise en rigolait, elle a ensuite quitté le « grand » pour le « petit », en l’occurrence le Grand Mix pour le Petit Faucheux à Tours en 2008. Elle a parallèlement pris la présidence de la Fédération des Scènes de Jazz et y a insufflé une dynamique jusqu’à ce que celle-ci se regroupe finalement avec les salles de la Fédurok pour créer la FEDELIMA en 2013.

    Elle s’est également fortement impliquée à l’échelle territoriale en présidant le Raoul, ou encore en tant que membre de la Fraca-Ma, réseaux régionaux de musiques actuelles.

    Françoise était aussi très investie au sein du SMA dont elle assurait la vice-présidence depuis 2018. Elle a beaucoup contribué à développer le syndicat, en élargissant sa composition aux différents types de structures qui le composent désormais. Elle a aussi travaillé à ce que la dotation des SMAC par l’État soit revalorisée et cela avec succès.
    Françoise était en outre très impliquée au sein du CNV, puis du CNM, où elle siégeait d’ailleurs encore.

    Françoise était par ailleurs membre de la Fédération AJC ; sa disparition laissera dans le monde du jazz un grand manque tant son investissement était fort et passionné.

    Au-delà de son implication si précieuse dans nos organisations, pour le développement et la reconnaissance de toutes nos musiques, Françoise était une activiste : elle a créé avec son frère Jean-Michel et les jeunes de Saffré le festival du Champ du Rock, elle a été aussi la première présidente de l’association Songo (à l’époque de L’Olympic, avant Stereolux), avant de travailler quelques temps à Olympic SARL, qui est devenue Auguri. Elle a également créé le label Quark avec Edward.

    Françoise va terriblement nous manquer.

    Elle était extrêmement investie, toujours force de proposition, pertinente, déterminée.
    Sans le vouloir particulièrement, elle a servi de modèle, de source d’inspiration pour d’innombrables professionnel·les. Dans ce secteur particulièrement masculin, elle a été un exemple pour de nombreuses femmes désireuses de suivre son parcours.

    Nous avons eu un immense bonheur à travailler avec elle tant elle était humaine, chaleureuse, lumineuse et soucieuse des autres.
    Son implacable investissement au sein de nos structures faisait d’elle l’une des plus ardentes défenseures d’un service public de la culture fort, ouvert et curieux.

    Nous nous attacherons à poursuivre les combats que nous avons commencés avec elle et à les mener à bien.

    Nous adressons à sa famille et à ses proches toutes nos pensées…

    AJC, la FEDELIMA et le SMA

  • Retour sur les Rencontres AJC #2

    Retour sur les Rencontres AJC #2

    Les Rencontres AJC #2 ont pris fin mercredi dernier avec la diffusion sur CultureBox de la sélection des concerts Jazz Migration #5. On vous offre un replay, si vous avez manqué un épisode de cette version 100% Digitale !

    Si le contenu de ces Rencontres a fortement évolué au fil des semaines, son ambition n’a pas changé : remettre la musique au centre de l’attention, offrir aux musicien.ne.s un espace d’expression dont ils manquent cruellement et interroger un futur plus engageant pour le monde de la musique.

    Grâce au soutien affirmé de nos différents partenaires, à la mobilisation des adhérents AJC et avec la participation de France Télévision – Culturebox et de la Dynamo de Banlieues Bleues, nous avons pu organiser un évènement complet à la croisée des mondes professionnels et artistiques.

    Rares sont les opportunités pour des artistes émergent.e.s gravitant dans le champ du jazz et des musiques improvisées de bénéficier d’une aussi large visibilité que celle offerte aux lauréats Jazz Migration par France Télévision – Culturebox lors de ses 2 soirées de concerts. 2 soirées orchestrées de main de maître par Oléo Films et son réalisateur Josselin Carré qui ont su offrir aux 8 formations des espaces d’expression singuliers pour magnifier leur musique. Vous avez désormais 2 années pour profiter de ces concerts mais on vous conseille de presser le pas car tout le monde en parle !

    Depuis plusieurs années désormais, le réseau AJC a pris l’habitude d’organiser des rencontres professionnelles autour de thèmes d’actualité ou de thèmes chers au réseau. Cette année, nous avons souhaité échanger avec le récent Centre National de la Musique sur les spécificités de nos modèles. Pour prendre connaissance de ce travail préparé par les membres de Grands Formats et d’AJC autour des réalités pratiques (création, diffusion, production, international, etc) de nos musiques et découvrir certaines de nos propositions concrètes, vous pouvez revoir ces 2 heures d’échanges, en compagnie de Jean-Philippe Thiellay, président du CNM et Marc Thonon, directeur des programmes et des aides.

    CONCERTS JAZZ MIGRATION #6

    CONCERTS JAZZ MIGRATION #5

    RENCONTRE – LE CNM, LE JAZZ ET LES MUSIQUES IMPROVISÉES

  • [LETTRE OUVERTE] Les festivals, acteurs incontournables de la culture en France, et pourtant…

    [LETTRE OUVERTE] Les festivals, acteurs incontournables de la culture en France, et pourtant…

    Lettre ouverte 

    Paris, le 12 juin 2020 

     

    Monsieur le Président de la République, 

    Monsieur le Premier Ministre, 

    Monsieur le ministre de la Culture, 

    Mesdames les Députées, Messieurs les Députés, 

    Mesdames les Sénatrices, Messieurs les Sénateurs, 

    Mesdames les Présidentes, Messieurs les Présidents d’associations d’élus, 

    On dit souvent que la France est une terre de festivals. Symboles de la réussite de la décentralisation culturelle, de la collaboration entre l’État et les collectivités territoriales qui fut fructueuse pendant des décennies, les festivals représentent aujourd’hui l’instrument de coopération et d’irrigation culturelles le plus adapté à la diversité des territoires, l’un de ceux qui a façonné le paysage culturel français tel que nous le connaissons. 

    La période que nous traversons met en lumière le rôle incontournable des festivals dans le développement territorial, mais aussi artistique et culturel de notre pays, et en même temps leur grande vulnérabilité. Ce double constat pousse ses acteurs à revendiquer une place à part entière dans les politiques publiques de la culture. 

    Premiers diffuseurs de culture en France, présents au plus près des populations, les festivals contribuent activement à l’objectif d’équité territoriale cher au ministère de la Culture. 

    Leviers puissants de développement territorial, économique et stratégique, ils participent surtout à la création, à la diffusion des oeuvres auprès de nouveaux publics et à la vivacité des territoires toute l’année, à travers des projets d’éducation artistique et culturelle. Dans une approche complémentaire des salles de spectacle, ils jouent un rôle majeur dans la cohésion sociale et l’épanouissement d’une société démocratique ouverte à toutes et tous, raison d’être de notre République. 

    Cependant à l’heure où nous vous écrivons, les festivals ne sont toujours pas considérés et reconnus par l’État à la hauteur des enjeux qu’ils représentent dans le paysage culturel national, dans leurs missions de service public et d’intérêt général. Ils n’ont fait l’objet d’aucune politique spécifique d’accompagnement de la part du ministère de la Culture. Qui plus est, depuis 2003, ils sont même sortis de la DNO – directive nationale d’orientation – du ministère de la Culture et le nombre de festivals soutenus par celui-ci n’a ainsi cessé de diminuer. 

    Pourtant dès 2015, les conclusions du rapport de Pierre Cohen sur les festivals préconisaient la mise en place d’une politique de l’État articulée, dans chaque région, aux politiques des collectivités locales. 

    Ensuite, la « Mission festivals », mise en oeuvre par Françoise Nyssen et confiée en février 2018 à Serge Kancel, a été subitement mise en sommeil sans aucune explication. Ce silence soudain fait pourtant suite à un dialogue fructueux entre nos organisations et les services de l’État qui a permis la rédaction d’une « Charte des festivals » dans la perspective d’une circulaire spécifique à destination des DRAC. 

    Malgré la mise en place d’une cellule d’accompagnement des festivals par la DGCA qui a oeuvré au mieux dans la mesure de ses faibles moyens, la crise sanitaire a renforcé ce sentiment d’abandon de la part de l’État, au moment même où les élus des territoires concernés, concentraient leur attention sur la catastrophe d’une possible disparition de l’offre festivalière. Ce sentiment s’en trouve d’autant plus accentué que le Fonds festivals, annoncé par le Président de la République et par le ministre de la Culture le 6 mai, a tout simplement disparu de l’actuel plan de soutien à la culture du 3e Projet de Loi de Finances Rectificative présenté en Conseil des ministres ce 10 juin. 

    France Festivals et les cosignataires de cette lettre ouverte sont convaincus qu’à la veille des échéances électorales municipales, puis départementales et régionales, l’expression d’un engagement fort au sommet de l’État et des collectivités territoriales envers les festivals, à la croisée des enjeux nationaux et territoriaux, enrichira la politique culturelle de notre pays vers une meilleure prise en compte de la diversité des publics et des personnes sur l’ensemble du territoire. 

    Dans un contexte où les questions sociétales sont bousculées en profondeur, nous avons besoin de reconstruire ensemble une politique culturelle ambitieuse pour tout l’écosystème du spectacle vivant, qui reconnaît l’importance de nos festivals dans le maillage territorial national, aux côtés des autres acteurs. 

    Il est devenu primordial de lancer une large concertation au sujet de l’avenir des festivals. Ce dialogue constructif et nécessaire peut s’engager rapidement par la réactivation de la « Mission festivals » au sein du ministère de la Culture et par sa dotation des moyens nécessaires pour devenir un véritable outil de réflexion, de partage et concertation avec les collectivités territoriales et organisations professionnelles. À l’heure où se dessine un nouvel acte de la décentralisation et de la déconcentration, la mise en commun de nos expertises et la prise en compte de nos spécificités, qui dressent une carte unique de la diversité culturelle de notre pays, sont indispensables dans l’élaboration d’un plan culturel qui participera à la revitalisation de notre société et à son réenchantement. 

    Dans cette perspective, nous sollicitons un rendez-vous dans les meilleurs délais. 

    Dans cette attente, et restant à votre disposition, veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, Monsieur le Premier Ministre, Monsieur le ministre de la Culture, Mesdames les Députées, Messieurs les Députés, Mesdames les Sénatrices, Messieurs les Sénateurs, Mesdames les Présidentes, Messieurs les Présidents d’associations d’élus, l’expression de nos salutations respectueuses. 

    SIGNATAIRES

    • AJC JAZZ – Association Jazzé Croisé 
      Contact : Antoine Bos – antoinebos@ajc-jazz.eu
    •  
    • FEDELIMA – Fédération de lieux de musiques actuelles 
      Contact : Stéphanie Thomas – stephanie.thomas@fedelima.org
    •  
    • FFCF – Fédération des Festivals de Chanson Francophone 
      Contact : Laurence Despeyrières – laurence@chantappart.fr
    •  
    • FRANCE FESTIVALS – Fédération des festivals de musique et du spectacle vivant 
      Contact : Alexandra Bobes – a.bobes@francefestivals.com
    •  
    • FUTURS COMPOSÉS – Réseau national de la création musicale 
      Contact : Martine Duverger – martine.duverger@futurscomposes.com
    •  
    • REMA – Réseau Européen de Musique Ancienne 
      Contact : Helena de Winter – helena.dewinter@rema-eemn.net
    •  
    • SCC – Syndicat des Cirques et Compagnies de Création 
      Contact : Yannis Jean – delegue-general@syndicat-scc.org
    •  
    • SMA – Syndicat des Musiques Actuelles 
      Contact : Aurélie Hannedouche – dg@sma-syndicat.org
    •  
    • THEMAA – Association Nationale des Théâtres de Marionnettes et des Arts associés 
      Contact : Claire Duchez – claire@themaa-marionnettes.com
    •  
    • UFISC – Union Fédérale d’Intervention des Structures Culturelle
      Contact : Patricia Coler – ufisc.coordination@gmail.com
    •  
    • USEP-SV – Union Syndicale des Entreprises du secteur Public du Spectacle Vivant 

    LES FORCES MUSICALES 
    Contact : Sébastien Justine – s.justine@lesforcesmusicales.org

    PROFEDIM – Syndicat professionnel des Producteurs, Festivals, Ensembles, Diffuseurs Indépendants de Musique 
    Contact : Aurélie Foucher – aurelie.foucher@profedim.org

    SNSP – Syndicat National des Scènes Publiques 
    Contact : Marianne Charpy – m.charpy@snsp.fr

    SYNDEAC – Syndicat National des Entreprises Artistiques et Culturelles 
    Contact : Vincent Moisselin – v.moisselin@syndeac.org 

    • ZONE FRANCHE – Réseau des musiques du monde 
      Contact : Pierre-Henri Frapat – direction@zonefranche.com 
  • COMMUNIQUÉ – Les effets de la crise sur le monde du jazz et des musiques improvisées

    COMMUNIQUÉ – Les effets de la crise sur le monde du jazz et des musiques improvisées

    Face à la situation de crise que nous traversons, les fédérations et les réseaux professionnels du jazz et des musiques improvisées ont souhaité mettre en lumière les premiers effets de la crise sur leur secteur, riche de son histoire et de ses nombreux développements actuels mais reposant sur des modèles économiques fragiles et régulièrement remis en question.

    AJC – le réseau des diffuseurs de jazz, Grands Formats – fédération d’artistes et Les Allumés du Jazz – la fédération des labels indépendants ont ainsi mis en commun leurs enquêtes respectives réalisées entre avril et mai et ayant permis le recueil des données de 164 entités soit 63 équipes artistiques, 51 structures de diffusion et 50 labels indépendants.

    Ces données non exhaustives montrent déjà l’ampleur de la crise :

    • Plus de 2 200 représentations (incluant les concerts de présentation de disques), ont été annulées,

    • Plus de 50 festivals annulés ainsi que plus de 30 lieux et de nombreux studios d’enregistrement à l’arrêt et avec eux toute l’activité générée sur les territoires au cœur desquels ils sont implantés,

    • Plus de 70 sorties de disques annulées, soit 78 % des sorties prévues,

    • Plus de 8 Millions de recettes perdues et près de 3 Millions de frais avancés qui impactent gravement les budgets des structures que nous représentons.

    Chacune de nos structures publiera des données détaillées dans les prochains jours soulignant l’impact de cette crise sur les différents métiers qui composent le monde du jazz et des musiques improvisées.

    Ces chiffres témoignent d’une situation préoccupante, voire alarmante pour nombre d’acteur·trice·s qui font donc face à des pertes conséquentes mais aussi au désengagement d’un certain nombre de partenaires, ce qui pourrait accélérer leur disparition. Le fait que de nombreux artistes et que certains diffuseurs soient également producteur·trice·s de disques ne fait qu’aggraver cette situation. Notre inquiétude est amplifiée par les annonces qui s’enchaînent maladroitement et se contredisent[1], et par les nombreuses inconnues qui demeurent encore, qu’il s’agisse du détail des mesures de soutien aux intermittent·e·s ou des conditions de la reprise.

    Il est aujourd’hui acquis que cette crise s’inscrira dans la durée et pour ceux qui auront réussi à passer 2020, l’année prochaine s’annonce en plus parsemée d’embûches : baisses de dotations déjà annoncées, cadre sanitaire contraignant, décalages dans les programmations entraînant l’annulation de dates prévues ou d’options fortes, embouteillage de sorties d’albums, inadéquation de certaines des aides mises en place aux réalités de notre secteur, etc.

    Après plusieurs semaines de confinement, la situation sanitaire semble s’améliorer et une reprise s’amorce peu à peu. Les musicien·ne·s, les lieux et les festivals, les producteur·trice·s phonographiques n’attendent que de reprendre leur activité, nourris par cette envie furieuse de renouer avec la création, l’écriture, la scène, les publics, l’enregistrement… Et si nos musiques portent en elles les chemins de l’expérimentation et de l’innovation que le secteur culturel devra emprunter lors de cette reprise, l’innovation tant attendue ne pourra pas se faire à n’importe quel prix et dans n’importe quelles conditions. Elle ne pourra notamment pas se faire au détriment des artistes et de leurs conditions de travail, de la diversité artistique et des principes qui font la force et la singularité du spectacle vivant et de la production discographique indépendante.

    Aussi, ce travail ne pourra être mené à bien sans le concours de tous, du Ministère de la Culture au Centre National de la Musique, des collectivités territoriales aux sociétés civiles en passant par nos réseaux qui concentrent idées et utopies à partager pour demain. Nos musiques, nos modèles, nos réalités et la multitude d’acteur·trice·s que nous représentons et qui participent au rayonnement culturel et économique français, ne pourront être laissés pour compte et devront donc être entendus et soutenus.

    Nous y veillerons.

    AJC
    Grands Formats
    Les Allumés du Jazz

    CONTACTS

    AJC – réseau des diffuseurs de jazz
    Antoine Bos, délégué général
    / antoinebos@ajc-jazz.eu – 06 76 82 90 03

    Grands Formats – fédération d’artistes pour la musique en grande formation
    Aude Chandoné, déléguée générale
    / aude@grandsformats.com – 06 12 99 47 65

    Les Allumés du Jazz – fédération des labels indépendants
    Anne-Marie Parein, coordination générale 
    / administration@lesallumesdujazz.com – 06 95 14 98 24

    QUI SOMMES-NOUS ?

    AJC
    Né en 1993, AJC est un collectif de 83 diffuseurs français et européens (festivals, clubs, scènes labellisées…) défendant une programmation réfléchie, construite sur une idée militante et progressiste du jazz et des musiques improvisées.

    GRANDS FORMATS
    Grands Formats est une fédération d’artistes qui réunit 90 grands ensembles et collectifs de jazz et de musiques improvisées pour défendre l’existence et la pérennité de la musique en grande formation et permettre aux publics de vivre une expérience musicale hors-norme.

    LES ALLUMÉS DU JAZZ
    Née en 1995, cette fédération regroupe 70 labels portés par des producteurs indépendants, des musiciens, des collectifs de musiciens, des scènes, des studios, proches du jazz et des musiques improvisées.

    Cette diversité est mise à profit pour travailler et agir sur les problématiques liées à la musique enregistrée, notamment par le biais de la publication d’un journal et de revues thématiques et d’événements ponctuels.